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SARKAFRIQUE, LE CRIME CONTINUE ?

mardi 5 juin 2007


Le nou­veau pré­si­dent, afin d’ huma­ni­ser sa poli­ti­que xéno­phobe d’expul­sion des sans papie­rEs, pré­tend cou­pler fer­me­ture des fron­tiè­res et véri­ta­ble aide au déve­lop­pe­ment des pays pau­vres, notam­ment afri­cains. Alors va-t-il rom­pre avec la poli­ti­que fran­ça­fri­caine de détour­ne­ment de l’aide publi­que au déve­lop­pe­ment(1) (APD) ? Va-t-il ces­ser de sou­te­nir les pires dic­ta­teurs du conti­nent afri­cain ? Arrêter d’aggra­ver la misère des popu­la­tions, de rem­plir les poches des par­tis métro­po­li­tains, de patron­NEs véreux au nom d’une défense du pré carré fran­çais en Afrique contre les méchants anglo-saxons ?

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affiche survie

D’inquiétants signes précurseurs (2)

Nous pou­vons dou­ter d’un assai­nis­se­ment des rela­tions franco-afri­cai­nes. Avant même le pre­mier tour, Sarkozy can­di­dat, tout comme Bayrou, ren­contrait Omar Bongo(3), le doyen des dic­ta­teurs fran­ça­fri­cains, sou­tenu par la France depuis 1967. C’était là l’occa­sion de ras­su­rer ce beau monde avec lequel le nou­veau pré­si­dent a quel­ques accoin­tan­ces (des ami­tiés avec Bongo, mais aussi Sassou Nguesso, Mohammed VI du Maroc, des caci­ques algé­riens, etc.). Depuis l’élection, le pre­mier chef d’état accueilli ne fut autre d’ailleurs que le bon Omar. Le cap du sou­tien aux dic­ta­teurs afri­cains sem­ble donc main­tenu. Sarkozy était, jusqu’aux der­niè­res élections, maire de Neuilly et pré­si­dent du conseil Général des Hauts de Seine, l’ancien fief de Pasqua. Ce der­nier en a fait un haut lieu des magouilles RPR et du ré-inves­tis­se­ment en France du détour­ne­ment de l’APD. ?levé au bibe­ron pas­quaien, le nou­veau loca­taire de l’élysée n’a jamais condamné les bas­ses oeu­vres de son men­tor, les quel­ques audit enta­més dans le fief des Hauts de Seine n’ont jamais abouti et cer­tai­nes offi­ci­nes fran­ça­fri­cai­nes du dépar­te­ment comme Coopération 92 ont pu pour­sui­vre leurs sinis­tres actions.

Bien sûr, on trouve ça et là quel­ques remi­ses en cau­ses des rela­tions pas­sées entre la France et ses ancien­nes colo­nies et même la volonté de “se débar­ras­ser des réseaux d’un autre temps, des émissaires offi­cieux”. Cependant le poids de l’Afrique dans l’économie afri­caine est sys­té­ma­ti­que­ment minoré, l’action du patro­nat fran­çais en Afrique louée . Au total, c’est un bilan plu­tôt posi­tif des rela­tions franco-afri­cai­nes qui est dres­sée et on note même une cer­taine mys­ti­que colo­niale. Bref, aucun véri­ta­ble chan­ge­ment de cap n’est annoncé de la part de l’ancien minis­tre de l’inté­rieur. Au contraire ! Après son élection, dans une ten­ta­tive d’ouver­ture à gau­che, il ren­contre Hubert Védrine, pres­senti un temps comme minis­tre des affai­res étrangères. à ce poste sous Jospin et sur­tout du temps où il offi­ciait comme secré­taire géné­ral de l’élysée de Mittérand, il a oeu­vré (ou sou­tenu tout au moins) à la créa­tion des réseaux socia­lis­tes fran­ça­fri­cains qui ne valent pas mieux que ceux de Foccart, Pasqua ou Chirac. Les ami­tiés avec le béton­nier Bouygues (enri­chi notam­ment avec la cons­truc­tion “d’éléphants blancs” en Afrique, ces pro­jets inu­ti­les et ina­che­vés, finan­cés par l’APD) ou le mar­chand d’armes Lagardère n’augu­rent pas de bon­nes cho­ses pour les AfricainEs. Enfin, toute la presse s’est plus ou moins scan­da­li­sée des vacan­ces post-électorales de Sarko sur le yacht après voyage en jet privé de Vincent Bolloré. De tel­les ami­tiés et les affir­ma­tions de classe ne méri­taient sans doute pas de tels cris d’orfraie. En revan­che, les liens plus inquié­tants de Bolloré avec la Françafrique ont pres­que una­ni­me­ment été pas­sés sous silence. C’est là-des­sus, que nous vou­lons reve­nir(4).

Bolloré, un groupe branché en Afrique(5)

Le groupe du Breton Vincent Bolloré, avec un chif­fre d’affai­res en 2006 de 6 mil­liards d’euros, est l’une des plus impor­tan­tes socié­tés fran­çai­ses et euro­péen­nes. L’aven­ture du groupe com­mence à la fin du XIXème siè­cle dans le papier, dont le fameux papier à ciga­rette OCB. C’est de là que vient son pen­chant pour les plan­ta­tions et la surex­ploi­ta­tion fores­tière en Afrique. Depuis, le bon Vincent a su faire fruc­ti­fier le capi­tal fami­lial pour deve­nir la 451ème for­tune mon­diale avec 1,7 mil­liards de dol­lars selon le maga­zine Forbes. Il arrive à la célé­brité média­ti­que par des coups bour­siers reten­tis­sants comme la ten­ta­tive d’OPA hos­tile sur Bouygues en 1997. Formé dans le milieu obs­cur de la ban­que chez Rotschild, il pour­suit un temps dans cette voie en récu­pé­rant notam­ment Rivaud, la ban­que du RPR. Il s’inté­resse rapi­de­ment aux trans­ports mari­ti­mes en rache­tant en 1991 la SDV (Scac Delmas Vieljeux) puis l’entre­prise Saga de Pierre Aïm en 1996. Il aug­mente alors sa for­tune en essayant de contrô­ler toute la chaîne du trans­port mari­time en Afrique. Il se recen­tre fina­le­ment sur les ins­tal­la­tions por­tuai­res avant de lor­gner sur le fer­ro­viaire. Pour tou­tes ces opé­ra­tions, il pro­fite des pri­va­ti­sa­tions impo­sées par les ins­tan­ces finan­ciè­res inter­na­tio­na­les. Afin d’assu­rer ses arriè­res, déjà lar­ge­ment sécu­ri­sés par l’APD, il est lié d’ami­tié avec François David, pré­si­dent de la COFACE, cette entre­prise qui garan­tit, essen­tiel­le­ment à par­tir de fonds publics, les inves­tis­se­ments à l’étranger. Avec tout le cash gagné en Afrique, Bolloré a su diver­si­fier son groupe dans l’indus­trie électrique et dans les médias (Havas, CSA, SFP, la chaîne de la TNT Direct 8, des jour­naux gra­tuits, etc.) fai­sant pas­ser la part afri­caine de son chif­fre d’affai­res à seu­le­ment 17% en 2007. Cependant, comme l’ont fait Bouygues ou Lagardère, il ren­force de la sorte sa posi­tion en France pour mener à bien ses bas­ses oeu­vres enri­chis­san­tes tout en se cou­vrant d’un éventuel retour­ne­ment de situa­tion en Afrique, la mul­ti­tude des réseaux n’étant pas un gage de sta­bi­lité (et la sta­bi­lité n’étant pas non plus à recher­cher pour accu­mu­ler les pro­fits).

Un Roussin et un affai­riste, deux pois­sons pilo­tes pour l’Afrique.

Pour ses magouilles afri­cai­nes, le patron bre­ton est bien entouré. Le vice pré­si­dent de Bolloré Afrique n’est autre que Michel Roussin, gen­darme, ancien haut res­pon­sa­ble des ser­vi­ces secrets et du RPR (direc­teur de cabi­net de Chirac à la mai­rie de Paris, tombé pour finan­ce­ment occulte), ancien minis­tre de la coo­pé­ra­tion (c’est-à-dire coor­don­na­teur de la Françafrique), pré­si­dent d’une filiale afri­caine du béton­nier Eiffage... N’en jetez plus la coupe est pleine, c’est une véri­ta­ble syn­thèse : bar­bouze, poli­ti­card, affai­riste.

L’autre ancienne (ils sont fâchés depuis) éminence grise de Bolloré est Pierre Aïm. Magouilleur tombé pour détour­ne­ment de fonds à Paris, réfu­gié au Sénégal auprès des pré­si­dents Diouf puis Wade, il est le grand ami des dic­ta­teurs afri­cains : le Ttchadien Idriss Déby, le Congolais Sassou-Nguesso, qui ont été “top” avec lui comme il le déclare dans un entre­tien hal­lu­ci­nant au Quotidien séné­ga­lais du 7 juillet 2006, le Marocain Hassan II, Bédié l’ex pré­si­dent ivoi­rien qui a lancé le pre­mier le concept raciste “d’ivoi­rité”... En dehors de ses affai­res fran­çai­ses, Aïm oeu­vre en Afrique dans les télé­com­mu­ni­ca­tions et le trans­port via sa société Saga reven­due à Bolloré en 1996. Il entre alors dans le groupe de ce der­nier. On repar­lera du sou­tien indé­fec­ti­ble au bou­cher Sassou-Nguesso, mais pré­ci­sons qu’Aïm aurait uti­lisé sa société pour four­nir du maté­riel mili­taire aux géno­ci­dai­res rwan­dais.

Bolloré et les dic­ta­tu­res.

Aux côtés de dif­fé­ren­tes offi­ci­nes fran­çai­ses, Bolloré, aidé par ses deux sinis­tres adjoints, a donné un sérieux coup de main à Sassou-Nguesso, beau père de Bongo, pour repren­dre le pou­voir au Congo Brazzaville. L’ancien chef d’état (1979-1991), écarté du pou­voir, rumi­nait dans son coin. Devenu sei­gneur de la guerre à la tête de ses Cobras, aidé par les réseaux fran­ça­fri­cains(6), il s’empare de nou­veau du Congo par un coup d’état en octo­bre 1997. La guerre civile débu­tée en juin 1997 qui pré­cède le retour de Sassou à la tête du pays a fait 10 000 morts. Une fois au pou­voir, Sassou, tou­jours sou­tenu par l’état fran­çais, se lance dans une poli­ti­que de dila­pi­da­tion des fonds publics pour mener un fas­tueux train de vie. Plus grave, il se lance dans une poli­ti­que d’épuration eth­ni­que res­pon­sa­ble de pro­ba­ble­ment plus de morts que les conflits du Kossovo, du Timor orien­tal et de la Tchetchénie réu­nis. Une mis­sion de l’ONU établit en 1999 que cette sinis­tre poli­ti­que a fait pas­ser la popu­la­tion des vil­les de Nkayi et Dolisie de 120 000 à 3 500 habi­tan­tEs compte tenu des mas­sa­cres et de l’exode.

Cependant, il n’y a pas là de quoi empê­cher les affai­res de Bolloré. Celui-ci se trouve bien payé de son aide. Profitant de l’iso­le­ment inter­na­tio­nal du Congo-B, il obtient un quasi mono­pole sur la logis­ti­que pétro­lière et les trans­ports. Ainsi, il pro­fite de la pri­va­ti­sa­tion pour deve­nir, à la fin 1998, l’action­naire majo­ri­taire de la SCTM (Société Congolaise des Transports Maritimes), une société de droit (opa­que) luxem­bour­geois (comme Clearstream). Cette société récu­père 40% des droits du tran­sit (qui peu­vent s’élever jusqu’à 100 000$ par jour grâce au pétrole). A la tête de cette société, il place le neveu de Sassou : Willy. Avec l’aide De Pierre Aïm, il fonde encore la société Rail, qui gère les che­mins de fer et les infra­struc­tu­res de sto­ckage. Enfin, il récu­père une bonne part de la super­fi­cie fores­tière qu’il peut alors joyeu­se­ment exploi­ter.

Bolloré et ses aco­ly­tes ne limi­tent pas leurs bas­ses oeu­vres au seul Congo. Ils ont été très pré­sents en Côte d’Ivoire du temps d’Houphouët (co-pater­nel de la Françafrique avec Foccart). Soutiens indé­fec­ti­bles du Tchadien Idriss Déby, ils ont man­qué de peu le contrat de four­ni­ture du maté­riel d’exploi­ta­tion pétro­lière et la cons­truc­tion des pipe­li­nes dans un accord de par­te­na­riat avec Elf notam­ment. Pour son sou­tien au sinis­tre Charles Taylor(7) au Liberia, Bolloré récu­père, entre autre, 150 000 ha d’hévéa pré­ci­ser date pou­voir Taylor). Les dizai­nes de mil­liers de vic­ti­mes libé­rien­nes et sierra-leo­nai­ses des sei­gneurs de la guerre appré­cie­ront. évidemment, ce ne sont là que quel­ques-unes des “rela­tions d’affai­res” du patron bre­ton puisqu’elles embras­sent pres­que tout l’ancien empire colo­nial fran­çais et même au-delà. Au total, Bolloré, sur­nommé “le der­nier Empereur d’Afrique”, en récu­pé­rant des spé­cia­lis­tes comme Roussin ou Aïm, a mis en place l’un des réseaux fran­ça­fri­cains, aux côtés de ceux de Pasqua, Chirac-Foccart, Mitterrand, Bouygues,etc. qui pillent l’Afrique fran­co­phone. “Passant d’une exploi­ta­tion rela­ti­ve­ment dis­crète à une cap­ta­tion bou­li­mi­que, gref­fée sur les guer­res civi­les [...], son groupe [ne serait-il pas ] devenu le nou­veau faux-nez des ser­vi­ces secrets en Afrique, à côté ou à la place d’une Elf surex­po­sée“(8)

Sarkafrique, mafiafrique ?

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manif survie

Les ami­tiés affai­ris­tes franco-afri­cai­nes de Sarkozy (Bouygues et Bolloré), la fai­ble condam­na­tion des erran­ces pas­sées de la Françafrique, la pour­suite de rela­tions dou­teu­ses avec Bongo et consorts, la ten­ta­tive de retour­ne­ment de Hubert Védrine, n’inci­tent pas à pen­ser que le nou­veau pré­si­dent mette un terme à la cri­mi­nelle poli­ti­que néo-colo­niale de l’état fran­çais. Une seule dif­fé­rence peut-être, ses pro­pos atlan­tis­tes peu­vent augu­rer de la fin du “syn­drome de Fachoda(9)”, cette défense para­noïa­que du “pré carré” fran­çais en Afrique contre l’influence anglo-saxonne. L’ère sar­ko­zienne pour­rait alors être celle du bas­cu­le­ment défi­ni­tif de la Françafrique à la seule Mafiafrique, c’est-à-dire l’enri­chis­se­ment d’une cli­que réduite, sans patrio­tisme hal­lu­ci­nant et par­fois hal­lu­ciné(10), même s’il reste encore du bou­lot de conver­sion à faire compte tenu de la men­ta­lité d’extrême droite des mer­ce­nai­res et de nom­bre de gra­dés de l’armée fran­çaise posi­tion­née en Afrique. La nomi­na­tion de Bernard Kouchner aux affai­res étrangères pour­raient aussi aller dans ce sens. Le french doc­tor est connu de lon­gue date pour son atlan­tisme. Quant à l’action huma­ni­taire dont il est le héraut, elle s’accom­mode trop sou­vent des dic­ta­tu­res en place au nom de l’urgence. Les popu­la­tions res­te­raient les din­dons de la farce et les dic­ta­tu­res, parées des ori­peaux de faus­ses démo­cra­ties, pour­raient encore cou­ler des jours heu­reux sur la misère de pres­que tou­TEs.

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afrique poing

Loin de ces assas­sins en col blanc (de luxe) et de leurs mer­ce­nai­res, bar­bouze ou bidas­ses, sou­te­nons les popu­la­tions qui se révol­tent contre l’oppres­sion dic­ta­to­riale et l’exploi­ta­tion impé­ria­liste, aidons à la connexion de ces lut­tes afin d’empê­cher les pou­voirs fran­çais et afri­cains de tirer sur les ficel­les du racisme pour conser­ver leur hégé­mo­nie comme il l’ont fait au Rwanda, au Kivu, au Biaffra, etc. Sur le ter­rain, des alter­na­ti­ves sérieu­ses com­men­cent à exis­ter, à la base, comme à Tivaouane près de Thiès au Sénégal(11), le mou­ve­ment de lutte en Guinée Conakry était lui aussi por­teur d’ave­nir tout comme le déve­lop­pe­ment d’un syn­di­ca­lisme alter­na­tif au Burkina-Faso ou au Maghreb, etc. Il n’y a pas de fata­lité afri­caine !

PAS D’AIDE HUMANITAIRE, SOLIDARITé INTERNATIONALE, RIPOSTE SOCIALE.

(1) : Pour commencer sur la question, lire la petite brochure de synthèse réalisée par les Renseignement Généreux : A qui profite l’aide publique au développement ? , 2006, disponible sur leur site : http://www.les-renseignements-genereux.org/

(2) : Lire Survie Isère : Françafrique : le réseau Chirac, la relève Sarkozy ?, 2007.

(3) : Voir La Lettre ouverte de Survie à Nicolas Sarkozy, François Bayrou et aux candidats attirés par les tentations françafricaines... du 9 avril 2007, consultable sur le site de Survie France : www.survie-france.org

(4) Au passage selon le Monde du 11 mai 2007, les amitiés Sarko-Bolloré sont récentes. En effet, Bolloré est en froid avec les patrons amis de Sarko : Lagardère et Bouygues depuis sa tentative d’OPA hostile sur le groupe de ce dernier. Ce rabibochage serait dû à Gérard Longuet, son ex ancien beau-frère, cacique du RPR tombé pour détournement de fonds publics, sénateur UMP et ancien dirigeant du groupuscule d’extrême droite Occident.

(5) Sur cette question lire tout particulièrement le dossier noir n°15 : Bolloré : monopoles, services compris. Tentacules africaines , 2000, L’Harmattan et FX Verschave : “la résistible ascension du tandem Bolloré-Roussin” in Noir Silence, pp.396-403, 2000, les Arènes.

(6) En 1995, il s’installe au Vésinet, près de Paris, pour prendre contact avec ses futurs mentors, qui vont le ramener au pouvoir dans les bagages de l’armée angolaise, une multinationale de mercenaires, des résidus du Hutu Power rwandais et de troupes spéciales zaïroises fidèles à Mobutu.

(7) Après une guerre civile sanglante, Charles Taylor accède au pouvoir en 1997 et doit l’abandonner en 2003 pour se réfugier au Nigeria. Finalement arrêté en 2006, il est poursuivi pour crime contre l’humanité. La seule répression sous son règne a fait plus de 150 000 victimes au Liberia et il a initié les R.U.F. (Front Révolutionnaire Uni), une milice coupable d’une violence extrême au Sierra Leone voisin.

(8) FX Verschave, op cit p.403.

(9) La crise de Fachoda est un incident diplomatique sérieux qui opposa les deux grandes puissances colonialistes, la France et le Royaume-Uni en 1898. Elle a eu pour cadre le poste militaire avancé de Fachoda, au sud de l’ ?gypte. Fachoda est donc le symbole de la concurrence coloniale et, dans un certain imaginaire collectif français, cette crise reste comme une profonde humiliation infligée par l’archétype d’un Royaume-Uni triomphant et hautain, forcément de mauvaise foi.

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