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Bibliothèque du CCL

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100 portraits contre l’État policier

8 avril, par Cases Rebelles Catalogue , ,

Éditions Syllepse, 2017, 280 p.

Ce livre est né de la volonté de rendre visible le flux permanent de personnes qui meurent victimes de l'État policier français. Elles ont été étouffées, abattues, percutées, battues à mort, lors de contrôles, d'arrestations, d'expulsions, de mouvements sociaux, ou dans d'autres circonstances encore, par des policiers, des gendarmes.
Cases Rebelles, s'empare ici de la forme du portrait militant, hérité de l'art mural, du graff, d'artistes activistes comme Emory Douglas, et largement réactivé dans les mouvements actuels contre la police raciste aux États-Unis, avec Oree Originol notamment. Le dessin rompt avec la froideur clinique des listes. Facilement diffusable, affichable, il est une tentative de reprendre la rue et ses murs.
Le récit des circonstances et des suites judiciaires permet de saisir comment toutes ces petites histoires, souvent tombées dans l'oubli, forment la grande Histoire de la domination policière en France et son caractère à la fois de classe, raciste et colonial.
Quelques familles ont obtenu une forme de reconnaissance et de justice, mais dans leur grande majorité, elles ont fait face à l'impunité.De 1948 à 2016, chaque portrait est accompagné d'un résumé des circonstances de la mort et des suites judiciaires éventuelles.

Utopie du logiciel libre

8 avril, par Broca, Sébastien Catalogue

Le Passager clandestin, 2013, 288 p.

Né dans les années 1980 de la révolte de hackers contre la privatisation du code informatique, le mouvement du logiciel libre ne semblait pas destiné à renouveler nos imaginaires politiques. Les valeurs et les pratiques du Libre ont pourtant gagné d'autres domaines, dessinant peu à peu une véritable « utopie concrète ». Celle-ci a fait sienne plusieurs exigences : bricoler nos technologies au lieu d'en être les consommateurs sidérés, défendre la circulation de l'information contre l'extension des droits de propriété intellectuelle, lier travail et réalisation de soi en minimisant les hiérarchies. De GNU/Linux à Wikipédia, de la licence GPL aux Creative Commons, des ordinateurs aux imprimantes 3D, ces aspirations se sont concrétisées dans des objets techniques, des outils juridiques et des formes originales de collaboration qui nourrissent aujourd'hui une sphère des communs propre à encourager l'inventivité collective. On peut être tenté de voir là un projet de substitution au modèle néolibéral. Pourtant, dans sa relation à l'économie d'Internet, ses enthousiasmes technophiles ou ses ambiguïtés politiques, le Libre soulève aussi nombre de questions. Sébastien Broca fait ressortir celles-ci, en racontant une histoire dans laquelle les hackers inspirent la pensée critique (d'André Gorz aux animateurs de la revue Multitudes) et les entrepreneurs open source côtoient les défenseurs des biens communs. À travers ce bouillonnement de pratiques, de luttes et de théories, l'esprit du Libre émerge néanmoins comme un déjà là où s'ébauchent les contours d'une réinvention sociale.

Sébastien Broca est sociologue au Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques (Cetcopra) de la Sorbonne. Ses travaux portent sur les projets de transformation sociale en lien avec les mouvements du numérique. Il est membre des réseaux de recherche Anthropological Materialism et Numer-Univ.

Cantines, Précis d’organisation de cuisine collective

18 mars, par Collectif Catalogue ,

Auto-edition, 2016, 160 pages

De la cantine ambulante, aux repas de soutien, repas de quartier ou de gros rassemblements, le livre est un précis d'organisation permettant de se lancer dans la cuisine collective.
On y trouve des infos pratiques, quelques recettes ainsi qu'une série
d'entretiens avec différentes organisations : boulangers ambulants,
cantines “militantes”, restos, assos, maraîchers/cantines,….

Le 18 brumaire de Louis Bonaparte

28 février, par Marx, Karl Catalogue

Éditions des mille et une nuits, 1997, 224 p.

Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.
Karl Marx.
A chaud, Karl Marx publie, immédiatement après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, où il analyse comment des « circonstances étranges » ont permis à un « personnage grotesque » de faire figure de « héros ». Marx se fait ici tout à la fois journaliste, pamphlétaire et surtout théoricien, montrant comment cet événement, résultat de conbats politiques sous-tendus par des luttes économiques, doit aussi être décrypté à la lumière des puissants mécanismes de l'idéologie et des imaginaires sociaux. Ce classique de l'histoire immédiate rend éclatantes, de même que La Guerre civile en France écrite en 1871 à propos de la Commune de Paris, toute l'acuité, la fécondité et l'actualité de la méthode historique dont Marx fut le fondateur.

Règle pour le parc humain

28 février, par Sloterdijk, Peter Catalogue

Éditions Mille et une nuits, 1999, 64 p.

" La domestication de l'être humain constitue le grand impensé face auquel l'humanisme a détourné les yeux depuis l'Antiquité (...) - le simple fait de s'en apercevoir suffit à se retrouver en eau profonde. " Alors que nous sommes aujourd'hui au point charnière entre un retour à la bestialité - passant entre autres par de nouveaux jeux du cirque multimédia - et son refus, le philosophe allemand Peter Sloterdijk, auteur de l'Essai d'intoxication volontaire, s'interroge sur la voie que peut suivre l'humanité vers un apprivoisement d'elle-même, après la fin regrettée de l'humanisme littéraire. Il ouvre des pistes, inquiétantes et périlleuses, sur l'homme de demain.

Testo Junkie : sexe, drogue et biopolitique

28 février, par Préciado, Beatriz Catalogue ,

Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, 409 p.

Ce livre n'est pas une autofiction. Il s'agit d'un protocole d'intoxication volontaire à base de testostérone synthétique. Pendant le temps de cet « essai corporel », deux impondérables : la mort de Guillaume Dustan et le tropisme du corps de Beatriz Preciado vers le corps de V.D. Sont enregistrées ici aussi bien les micro-mutations physiologiques et politiques provoquées par la testostérone dans le corps de Beatriz Preciado que les modifications théoriques et physiques suscitées dans ce corps par la perte, le désir, l'exaltation, l'échec ou le renoncement. Le lecteur ne trouvera pas ici de conclusion définitive sur la vérité de mon sexe, ni d'oracle sur le monde à venir. Je donne à lire ces pages qui dessinent les croisements des théories, des molécules et des affects, pour laisser trace d'une expérience politique dont la durée exacte a été de 236 jours et nuits et qui continue aujourd'hui sous d'autres formes. Si le lecteur trouve ici, assemblés sans solution de continuité, des réflexions philosophiques, des récits de session d'administration d'hormones, et des registres détaillés de pratiques sexuelles, c'est simplement parce que c'est le mode sur lequel se construit et se déconstruit la subjectivité.

Contingent Rebelle

25 février, par Schindler, Patrick Catalogue

Editions l'Echappée, 2017, 192 pages, 13 x 20 cm, ISBN 978-23730902-1-5

Contingent rebelle
Récit d'un réfractaire au service militaire dans les années 1970

« À bas l'armée et toute autorité ! » Le service militaire a une longue histoire. Depuis la Révolution française, il a été l'objet de bien des polémiques. Des bataillons de conscrits soumis s'y sont rendus en traînant des pieds. Les sketches qui lui ont été consacrés ne faisaient rire que ceux qui avaient eu la malchance de le connaître. Les jeunes générations ont souvent du mal à imaginer que ça a pu exister – jusqu'au début des années 2000 ! –, et ce qu'on y faisait vraiment. Perte de temps, apprentissage de l'autorité, de la violence et de la magouille. Seul point positif : savoir faire son lit « au carré ».
Dans la foulée de Mai 68, un petit groupe de militants décide qu'il est temps de changer les choses. En 1974, il diffuse l'Appel des Cent qui remet en cause l'immuable institution. Il exige l'instauration de syndicats de soldats et de la liberté de la presse à l'armée. C'est une traînée de poudre. En quelques mois, l'appel recueille plus de 6 000 signataires. Manifestations en uniforme sur tout le territoire, grèves de la faim, résistances quotidiennes... Face à la révolte généralisée, le gouvernement prend enfin conscience du refus de la jeunesse de se laisser embrigader.
Ce livre raconte cette histoire, quasiment oubliée aujourd'hui, et nous plonge au cœur de ce qu'était le service militaire à travers l'aventure singulière et haute en couleur d'un des signataires qui y a fait les 400 coups avec la ferme intention de « mettre les casernes à feu et à sang » !

Amour à trois

18 février, par Bonanni, Nicolas Catalogue ,

Le Monde à l'Envers, 2016, 72 p.

Dans le combat politique, la bataille des idées joue un rôle déterminant. Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist l'ont bien compris. Ils dispensent dans les médias leurs thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes. Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national.
Ce petit ouvrage propose une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l'autre droite qui ont fait de la « guerre culturelle » leur stratégie principale.

Zapping

7 février, par Daeninckx, Didier Catalogue

Gallimard (coll. Folio) , 2009, 11x18cm, ISBN : 978-2070388455)

Avec Zapping, Daeninckx propose une série de destins sur lesquels la télévision a exercé son influence, avant, pendant, après et parfois parallèlement à ses émissions. Ces destins stigmatisent les usages et les abus de la télévision, sa démagogie et son conformisme, et, à travers le petit écran, c'est sur les tares et les vices fondamentaux de la société contemporaine que Daeninckx tire à bout portant.

Rage de camp, pistes et outils pour descampements autogérés

24 janvier, par Collectif Catalogue , ,

2016, 322 pages

Rage de camp, c'est un essai, un outil, un petit pavé à balancer à la face de ce monde pourri !
À l'intérieur on a tenté de répondre à quelques questions épineuses quand on veut se retrouver à nombreux-ses.
Par exemple : comment assurer la bouffe pour plusieurs centaines de personnes ? De quels espaces et de quels rôles a-t-on besoin pour se sentir toutes et tous bien ? Est-ce que tout est à prix libre ? Et pour l'élec', c'est quoi le mieux : groupe électro ou piratage du réseau ?
Mais c'est pas tout, parce que mettre sur pied un campement avec une autogestion qui roule, c'est galère. On n'a pas toutes les solutions, on n'a pas tout essayé et on s'est parfois planté.e.s en beauté. C'est pour ça que ce bouquin est là : pour raconter tout ça, à plusieurs voix.
À l'intérieur y a aussi des trucs pour discuter à 200 en trois langues différentes ; des tuyaux pour assembler des tuyaux d'eau ; des réflexions sur le pouvoir, l'organisation et sa litanie de commissions ; des ficelles pour monter des actions avec legal et medic team sur le qui-vive ; des douces injonctions à la communication (sécurisée !) ; des pistes pour composer sans se décomposer... Un tour d'horizon, quoi.
Ouvrir et partager nos perspectives révolutionnaires, ce n'est pas une mince affaire. On espère que ce petit guide aidera à monter un camp mieux que nous !

Ramène ta pioche, tes potes, et ton chap' !

Libérons-nous du travail

24 janvier, par Comité érotique révolutionnaire Catalogue , ,

Editions Divergences, 2016

Le mouvement d'opposition au projet de loi-travail du Printemps 2016, s'il n'a pas vaincu, a donné lieu à une série de décalages vis-à-vis des formes habituelles de contestation. S'il s'agissait évidemment de se battre contre une loi rétrograde, ce que l'on a pu sentir au sein des cortèges, des occupations ou des blocages, c'est surtout une colère grandissante vis-à-vis de ce monde et son travail. Le "travail", pourtant affirmé comme l'horizon indépassable de notre temps, n'y a pas moins été critiqué comme une souffrance intolérable, comme toujours plus précaire, et en aucun cas désirable. Il s'agit précisément d'un approfondissement théorique de cette critique dans ce texte du Comité érotique révolutionnaire.

Grain de sable sous le capot

3 janvier, par Durand, Marcel Catalogue

Agone, 2006, 432 p.

Résistance & contre-culture ouvrière : les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003)

D'autres ouvriers auraient pu écrire cette chronique de la chaîne à Peugeot-Sochaux, que j'ai signée du pseudonyme de Marcel Durand pour ne pas m'approprier cette mémoire collective. Je prenais des notes à l'occasion d'événements marquants : prises de gueule avec le chef, rigolades entre collègues, débrayages, grèves. Je voulais garder une trace de cette vie à la chaîne, décrire l'ambiance du travail. Pour moi. Pour les copains de galère aussi. Pour faire une sorte d'album de famille de la dizaine de vrais copains de la Carrosserie.

Huit heures par jour au boulot, ce n'est pas rien. Même si on résiste, la chaîne déteint sur nous. En ville, on continue de courir comme si on était toujours à s'agiter autour des carcasses de bagnoles. On parle fort parce que les machines ne s'arrêtent jamais de nous vriller les oreilles. On laisse des plumes au boulot. Plusieurs copains y ont laissé leur peau.

Domestication de l’Être

Décembre 2016, par Sloterdijk, Peter Catalogue ,

Mille et une nuits, 2000, 112 p.

Notre époque, qui présente l'apparence de la pacification, est en vérité en proie à un bouleversement radical, notamment sous l'influence de la technologie génétique. Peter Sloterdijk se propose de penser cette situation qui, " dans la mesure où elle déraillerait, pourrait dégénérer en une prise d'otage des sociétés par leurs propres technologies avancées ". Mais pour la comprendre, il tente de remonter les fils de l'onto-anthropologie, jusqu'à l'origine même de l'homme, son apparition dans la " clairière " de la technicité.
Avec cet essai, Peter Sloterdijk, l'un des plus brillants philosophes allemands, contribue à éclairer la crise actuelle de la définition biologique de l'homme. Après Règles pour le parc humain (Mille et une nuits, 1999), il poursuit sa réflexion sur les conditions et le mystère de l'irruption de l'humanité.

Futur primitif

Décembre 2016, par Zerzan, John Catalogue

L'Insomniaque, 1998, 96 p.

" Vide, et de plus en plus vide, la logique de la domestication, avec ses exigences de totale domination, nous montre aujourd'hui la ruine d'une civilisation qui ruine tout le reste..."

Petit traité d'anthropologie radicale précédé d'une notice sur l'affaire Unabomber.

Textes choisis

Décembre 2016, par Wichmann, Clara Catalogue

Éditions libertaires, 2016, 45 p.

Textes choisis : Antimilitarisme et violence ; La fin et les moyens ; La cruauté escorte la crime et la punition ; Les fondements philosophiques du socialisme

Clara Wichmann (1885-1922), hollandaise d'origine allemande, précéda de quelques années l'Allemand Fritz Oerter (1869-1935) dans l'élaboration d'une pensée non-violente et libertaire. Bien que ne connaissant pas Gandhi, Clara Wichmann, dépassant l'alternative « ne rien faire ou lutter par les armes », fut une des premières à utiliser le mot de « non-violence » et à concevoir la notion d'action directe non-violente.

Rejetant les termes de « non-résistance » ou de « résistance passive », elle s'ouvrit à une compréhension active de l'action en s'appuyant sur les luttes ouvrières se déroulant en Europe, notamment les grèves de masse de l'époque. Dans Antimilitarisme et violence, elle clarifie sa pensée et s'oppose à un militant anonyme qui se veut tout à la fois antimilitariste et partisan de la violence dans les luttes sociales. Dans La Fin et les moyens, elle s'adresse ensuite aux militants qui veulent ignorer que la fin est contenue dans les moyens. Dans La cruauté escorte le crime et la punition, cette théoricienne de la criminalité développe l'idée qu'il « existe un lien non seulement entre le crime et la société, mais aussi entre la société et la punition : la société se venge par la sanction ». Dans Les Fondements philosophiques du socialisme, est abordée la coexistence du courant libertaire athée et du courant libertaire religieux d'alors. La vie de Clara fut courte. Pour autant, ses écrits sur des sujets aussi variés que l'anarchisme — notamment le syndicalisme révolutionnaire —, le féminisme, la non-violence, la critique du droit de punir, le droit des enfants, le droit des animaux domestiques et la philosophie de l'histoire mériteraient d'être intégralement traduits dans notre langue. Féministe, juriste, pédagogue, elle met en avant une société non capitaliste, non autoritaire et non-violente.

Jean Genet. Traces d’ombres et de lumières

Décembre 2016, par Schindler, Patrick Catalogue

Éditions libertaires, 2016, 207 p.

Enfant de l'Assistance publique tenté par l'éloge de la fuite, fugueur, prostitué, traître, voleur, Jean Genêt vagabonde à travers l'Europe dans les années 1930. En prison, il écrit ses premiers romans, réalistes, sulfureux, provocateurs.

Découvert par Cocteau, ce dernier le sauve in extremis des griffes de la Ges­tapo. Sartre l'encourage, mais la biographie trop intimiste qu'il fait de Genêt, Saint Genêt comédien et martyr, pétrifie ce dernier, qui mettra dix ans à s'en remettre, avant de se prendre de passion pour le théâtre.

Sa griffe décapante et crue lui vaut les foudres de l'extrême droite.

Dans les années 1970, on le retrouve engagé auprès des Black Panthers, du GIP (Groupe information prison) et pour la cause palestinienne. Avec excès, comme toujours. On le traite d'antisémite, d'apologue des beaux soldats de la Wehrmacht, des jeunes collabos et des beaux assassins. Rien que ça !

Ennemi du politiquement correct, Genêt qui vit de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel, laisse dire et s'éteint, en marge…

Le but de cet ouvrage est de mieux comprendre qui se cache sous cet immense provocateur. Patrick Schindler s'arrête longuement sur son histoire atypique, revisite quelques-unes de ses œuvres clés, avant de s'intéresser aux motivations du Genêt militant engagé.

Je ne suis pas un homme d'adhésion, je suis un homme de révolte.

C'est ce Genêt que P. Schlindler découvre à l'âge de dix-sept ans. Genêt : une odeur de soufre et de poudre ! Dans les années 1970, l'homosexualité devait encore se cacher pour exister, et Genêt, comme Rimbaud, osait appeler un chat un chat. Un chanteur dandy, nommé Bowie, en fit une icône…

On le prétend aujourd'hui un auteur daté. Le dirait-on de Proust ou de Villon ? Que les jeunes générations découvrent la saveur, le parfum, les images Genet autant de cadeaux cachés et offerts…

Patrick Schindler est né au Perreux-sur-Mame [Seine] en 1956. Dès 1972, il adhère à la Federation anarchiste, puis participe aux réunions du FHAR [Front homosexuel d'action révolutionnaire). En 1974, il signe l'Appel des Cent, un manifeste réclamant le respect des droits fondamentaux pour les appelés incorporés à l'armée, avant de passer une année à lutter pour son application durant son service militaire.

De 1975 aux années quatre-vingt, il accompagne le lancement du quotidien Libération, puis celui du mensuel Gai Pied. Après des séjours dans divers pays européens, asiatiques et américains, Patrick Schindler traverse les « années sida » durant les­quelles il « perd plus de la moitié de ses amis figurant dans son carnet d'adresse ». Les décennies suivantes, dans le cadre de la Fédération anarchiste, il assume plusieurs mandats et milite dans diverses associations humanitaires. Depuis, il écrit régulière­ment dans Le Monde libertaire et des revues proches, et se consacre enfin à ses passions l'écriture et la mémoire.

Affaire Quinot. Un forfait judiciaire

Décembre 2016, par Danoën, Émile Catalogue

Éditions CNT-RP, 2010, 304 p.

Pour écrire ce grand roman populaire qu'est l'Affaire Quinot, Émile Danoën s'est inspiré de la vie de Jules Durand, anarchiste et secrétaire du syndicat des charbonniers au Havre en juillet 1910. Danoën retrace dans ce roman les principales étapes d'une odieuse machination qui s'inscrit dans le contexte d'une farouche répression du mouvement syndical. Une simple rixe entre ivrognes se soldant par la mort d'un chef de bor- dée « jaune » se transforme en un « crime syndical » avec préméditation... L'auteur nous délivre le meilleur roman historique jamais écrit sur l'affaire Durand. Mais ce qui fait la grandeur de ce livre, outre la véracité des faits relatés, c'est le style de l'écrivain tout empreint de cette sève ouvrière aux accents des travailleurs portuaires. Il y a dans ce récit émouvant et authentique la faconde des dockers, la pugnacité des militants contre l'injustice mais aussi de la désillusion et de la révolte.

Émile Danoën (1920-1999), bien que né en Bretagne, est un enfant du Havre, et plus exactement un enfant du port, un « enfant des bassins » comme il intitulera l'un de ses derniers romans, encore inédit. Il a joué avec ses copains aux alentours des ateliers de la Compagnie générale transatlantique où son père – après un grave accident de bateau qui le rendit infirme durant la guerre de 14-18 – avait trouvé un emploi de gardien. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugia à Marseille et devint l'un des collaborateurs des Cahiers du Sud. L'éditeur Jean Vignaud publia ses premiers récits (Cerfs-volants en 1942, Rue des enfants abandonnés en 1945 puis L'Aventure de Noël en 1946). Après l'Occupation, il s'installa à Paris où il devint critique littéraire à Ce soir tout en continuant à écrire et à publier chez Julliard, Flammarion puis Gallimard. Loin de sa ville (presque) natale, il ne l'oubliait pas. Il obtint en 1951 le Prix du roman populiste pour Une maison soufflée aux vents qu'il fit suivre en 1952 de Idylle dans un quartier muré, deux ouvrages qui mettent en scène le quartier Saint-François de sa jeunesse, à l'heure des bombes. Avec L'Affaire Quinot, il a remonté le temps au-delà de ses souvenirs, pour raconter l'histoire d'un autre enfant du peuple havrais.

Garot pour deux innocents

Décembre 2016, par Fonseca, Carlos Catalogue ,

Éditions CNT-RP, 2003, 228 p.

C'est à l'aube du 17 août 1963, à la prison de Carabanchel de Madrid, que Joaquin Delgado Martinez et Francisco Granado Gata, deux jeunes militants anarchistes, furent assassinés. Selon le médecin légiste, ils sont morts d'un « traumatisme bulbaire », consécutif à leur exécution à l'aide du sinistre garrot. En la 24e année de la victoire du fascisme en Espagne, la dictature militaire du général Franco s'offrait deux nouvelles victimes.

Joaquin Delgado était le fils d'un cénétiste, exilé en France après la guerre d'Espagne. Francisco Granado était un émigrant économique. Tous deux appartenaient au mouvement anarchiste espagnol. Au début des années 60, la CNT décida de relancer l'action directe en Espagne. Delgado et Granado travaillaient pour le groupe « Defensa interior », qui avait la responsabilité d'organiser les actions menées.

Francisco Granado était arrivé de France pour réceptionner des explosifs devant être utilisées à Madrid, dans un attentat contre Franco. Joaquin Delgado était arrivé quelques semaines plus tard pour organiser le retour de son camarade après l'échec des préparatifs de l'attentat. Mais, avant qu'ils puissent retourner en France, deux charges d'explosifs - déposées par deux autres anarchistes - explosèrent dans la capitale espagnole. Le régime ne pouvait laisser un tel affront impuni et la répression se déchaîna, s'acharnant sur deux innocents. Delgado et Granado sont devenus les Sacco et Vanzetti espagnols. « Ils n'ont pas commis le vol, ni l'assassinat, mais ils étaient anarchistes et de ce fait coupables ». La phrase extraite du réquisitoire contre Sacco et Vanzetti, définit à la perfection, les raisons pour lesquelles Delgado et Granado furent exécutés.

La transition démocratique a imposé un pacte du silence sur la période de la dictature franquiste. À la fin des années 70, les partis politiques de droite et de gauche pensaient qu'il ne fallait pas « réouvrir les vieilles blessures ». Pendant plus de vingt ans le révisionnisme historique a été de mise. Durant la période où le Parti socialiste exerca le pouvoir, puis lorsque le Parti populaire lui succéda, les résistances à toute tentative de réparation morale et économique aux victimes et familles furent permanentes. La réhabilitation de Granado et Delgado est pour leurs compagnons et leur famille un devoir de justice. Pour cela, ils ont créé un Comité pour la révision du procès Granado-Delgado.

À l'heure où sous la pression de la jeune génération l'Espagne ouvre les yeux sur les crimes du franquisme, où les expositions sur l'exil républicain et le franquisme battent des records d'affluence, où les livres sur l'époque font partie des best-sellers, où les fosses communes où furent enterrés à la va-vite les résistants anti-fascistes sont mises au jour, il convient de comprendre les raisons pour lesquelles de jeunes libertaires décidèrent, à l'aube des années 60, de relancer l'action directe en Espagne.

Le livre de Carlos Fonseca n'est pas seulement une enquête à laquelle il a consacré beaucoup d'heures de recherche dans de nombreuses archives et bibliothèques, dans lesquelles il n'a pas toujours été bien reçu. Mais il a aussi recueilli les témoignages de compagnons et de parents des victimes de ce crime légal, avec la volonté de mettre à la lumière tous les faits, dans leurs plus petits détails.

Fonseca nous fait découvrir la triste réalité du peuple durant la « noche negra », la nuit noire de l'Espagne, à une époque où les prisons étaient pleines d'opposants au franquisme, mais aussi à une époque les citoyens espagnols n'avaient aucune possibilité d'intervenir dans la vie politique, toutes les libertés ayant été supprimé au lendemain de la victoire fasciste de 1939.

Cent ans de capitalisme en Algérie 1830-1930

Décembre 2016, par Louzon, Robert Catalogue

Acratie, 1998 ,80 p.

Né en 1882, Robert Louzon a été l'un des premiers militants anticolonialistes dans le mouvement ouvrier révolutionnaire. Ingénieur, il quitte la France pour la Tunisie en 1913 afin de s'occuper d'une exploitation agricole. En 1919, il adhère à la section de Tunis du Parti socialiste qui vote son adhésion à l'Internationale comuniste. Comme directeur de L'Avenir social, il est poursuivi en conseil de guerre pour « diffamation envers les officiers de l'armée française ». En 1922 il est condamné à huit mois de prison pour « attaquecontre les droits et les pouvoirs de la République française en Tunisie » et « exortation à la haine des races » pour avoir publié divers textes en langue arabe.

Expulsé ensuite de Tunisie, il rejoint la France et participe avec Monatte à La Vie ouvrière puis à L'Humanité. Il démissionne du Parti communiste en décembre 1924 après l'exclusion de Monatte et de Rosmer, puis, en 1925, est du noyau fondateur de La Révolution prolétarienne à laquelle il collabore jusqu'à sa mort en 1976.

« Cent ans de capitalisme en Algérie » fut publié dans les numéros 99 et 104, du 1er mars et du 15 mai 1930, de La révolution prolétarienne.

Dissidence de la broussaille

Décembre 2016, par Christin, Rodolphe Catalogue

Atelier de Création Libertaire, 2007, 157 p.

Voici un livre-itinéraire qui entend dépasser le clivage entre nature et culture. Ces murs dressés parmi les vivants autorisent tout jusqu'au pire, érigeant l'être humain contre ce qui l'entoure et finalement contre lui-même. Il est temps d'explorer broussailles et sauvagerie, lieux-ressources où de nouveaux départs se fomentent, dans les forêts de notre créativité. Nous avons besoin de nouveaux espaces pour la conscience et l'action ; nous avons besoin d'ouvrir une culture qui ne dissocierait pas l'humain du non-humain mais qui activerait leurs liens pour agrandir le monde.

Ce livre est un livre de refus et de quête. C'est un objet de résistance et d'imagination, il raconte une histoire et trace une réflexion. Nomade, il déroule un cheminement. L'imaginaire sensible et les pensées abruptes de l'auteur entrainent le lecteur à la découverte de mondes imprévus. Le voyage se fait moyen de renouer avec la vie, au point de convergence où dedans et dehors éprouvent leur solidarité. Pour cela tout éteindre et sortir devient un sursaut nécessaire, afin de prendre le large à bras le corps, avec la tête, les mains, l'esprit et le cœur.

Agrandir le monde, rien que cela. Et sortir de la programmation généralisée qu'on nous promet au prétexte de rendre la vie performante en tout, de mieux la diriger surtout. De main de maître, contre cette liberté nue qui pourrait nous habiter si nous savions l'écouter.

Ce livre est un livre de plein air. Ce livre est un livre contre l'étouffement. Ce livre est un livre de critiques et d'invitations. Contrairement à ce que l'époque voudrait, il ne contient ni ne suit aucun programme.

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