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	<title>&lt;b&gt;Lille&lt;/b&gt;:alternataire, le site du CCL</title>
	<link>https://lille.cybertaria.org/</link>
	<description>&lt;p&gt;Lille bouge, fr&#233;mit m&#234;me r&#233;guli&#232;rement. Vous pouvez suivre, sur ce portail, la vie libertaire r&#233;gionale et lilloise par l'&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique12' class=&#034;spip_in&#034;&gt;agenda&lt;/a&gt; et le &lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique11' class=&#034;spip_in&#034;&gt;CCL ou Centre culturel libertaire&lt;/a&gt;, par exemple. D'autres rubriques sont h&#233;berg&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'autres pages ont &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;es ici : ainsi &lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'&#201;cho des sans-voix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du Collectif des sans (attention &#224; son r&#233;veil toujours possible !-, &lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique63' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Basta&lt;/i&gt; (fanzine f&#233;ministe non-mixte)&lt;/a&gt;, etc.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Vous pouvez vous abonner &#224; la &lt;a href=&#034;https://listes.lautre.net/cgi-bin/mailman/listinfo/com.ccl59&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre d'information&lt;/a&gt; du CCL (hebdomadaire).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;</description>
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	<item>
		<title>Le Travail domestique : le priv&#233; est politique... et &#233;conomique</title>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Bertrand Dekoninck&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/IMG/logo/arton24.jpg?1132956332' class=&#034;spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol&#034; width=&#034;300&#034; height=&#034;396&#034; alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff24.jpg?1132956310&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La probl&#233;matique du travail domestique est fondamentale. En, effet, si la double journ&#233;e des femmes salari&#233;es est, on le verra, une r&#233;alit&#233;, c'est aussi un des facteurs-cl&#233;s qui motive le retour au foyer de certaines femmes et l'abandon de leur vie professionnelle, notamment avec l'arriv&#233;e d'enfants. Il est symptomatique que cette question ne se pose quasiment jamais pour les hommes, dont la t&#226;che prioritaire reste le travail professionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La responsabilit&#233; ainsi impos&#233;e aux femmes en mati&#232;re de gestion du m&#233;nage sert en retour aux patrons &#224; justifier d'un salaire moindre et le temps partiel pour les femmes en raison de leur moins grande disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;s&#233;quilibre reste tout autant important dans la r&#233;partition des t&#226;ches domestiques. Selon l'INSEE, en 1986, un homme actif consacre en moyenne 45 h par semaine (transports compris) pour le travail professionnel et seulement 20 h par semaine au travail domestique (m&#233;nage, courses, enfants, factures). Soit un total de 65 h par semaine. Pour une femme active, la r&#233;partition est de 36 h par semaine en moyenne pour chaque, soit un total de 72 h. Le plus significatif concerne les inactifs : un homme sans emploi consacre 27 h 40 par semaine &#224; la maison. Un femme sans emploi y consacre 44 h par semaine ! Le ch&#244;mage et les vacances n'existent donc pas pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Gratuit&#233; du travail domestique&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le caract&#232;re fondamental du travail domestique, ce n'est pas qu'il est fait &#224; la maison, c'est qu'il est gratuit ! Et c'est au mouvement f&#233;ministe qu'il revient d'avoir le premier analys&#233; en termes &#233;conomiques ce caract&#232;re gratuit du travail domestique, travail accompli pour l'essentiel par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant les ann&#233;es soixante, les femmes ont toujours travaill&#233;. Et pas toujours &#224; la maison. Ce fut le cas dans l'agriculture, o&#249; la production familiale a toujours &#233;t&#233; faite avec la participation des femmes. Par ailleurs, on estime qu'elles ont toujours repr&#233;sent&#233; entre le quart et le tiers du salariat. Ce qu'elles n'ont jamais ma&#238;tris&#233;, encore moins que les prol&#233;taires, c'est l'attribution d'une valeur &#224; leur travail, en particulier celui effectu&#233; pour le compte de leur mari et de leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail m&#233;nager a pourtant une valeur &#233;conomique bien r&#233;elle, au m&#234;me titre que n'importe quelle autre production. Mais cette valeur &#233;chappe aux femmes. Par exemple, si la plupart des m&#233;nages pr&#233;f&#232;re acheter de la nourriture brute, non cuisin&#233;e, c'est qu'elle est moins ch&#232;re. Le travail n&#233;cessaire pour la cuisiner chez soi est consid&#233;r&#233; comme gratuit. Le fait est que ce sont encore les femmes qui, majoritairement, accomplissent cette production. Elles sont donc vol&#233;es de la valeur de leur travail, valeur repr&#233;sent&#233;e tr&#232;s exactement par l'&#233;cart de prix entre la nourriture brute et la nourriture cuisin&#233;e que l'on trouve dans le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette spoliation de la valeur du travail des femmes ne pouvait pas &#234;tre sans cons&#233;quence apr&#232;s leur entr&#233;e massive dans le salariat : si le travail des femmes &#224; la maison ne vaut litt&#233;ralement rien, pourquoi le travail qu'elles effectueraient &#224; l'ext&#233;rieur vaudrait-il quelque-chose ? La non-valorisation du travail des femmes a donc tendance &#224; se transmettre et se perp&#233;tuer au salariat, par des salaires moindres, on l'a vu, et par la d&#233;valorisation des m&#233;tiers o&#249; elles sont cantonn&#233;es (secr&#233;tariat, nettoyage, enfance, soins, services personnels). On retrouve d'ailleurs dans ces branches du salariat une autre cat&#233;gorie de personnes opprim&#233;es : les &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, entre une soci&#233;t&#233; o&#249; les femmes sont condamn&#233;es &#224; &#234;tre enferm&#233;es &#224; la maison pour effectuer gratuitement le travail domestique, et une soci&#233;t&#233; o&#249; le nettoyage est pris en charge par des bonnes ou des soci&#233;t&#233;s de nettoyage (employant majoritairement des femmes sous-pay&#233;es), la petite enfance par des cr&#232;ches (et donc des femmes sous pay&#233;es) et des &#233;coles primaires (&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;), pendant que les hommes se font servir le caf&#233; par leur secr&#233;taire (femme...), la diff&#233;rence n'est pas une diff&#233;rence de nature, mais une diff&#233;rence de degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bertrand DEKONINCK&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>&#201;ducation et conditionnement patriarcal</title>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Anne Turlure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Samuel SYLARD (d'apr&#232;s BURKI)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;02, &#233;t&#233; 2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/IMG/logo/arton25.gif?1132956342' class=&#034;spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol&#034; width=&#034;324&#034; height=&#034;227&#034; alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff25.gif?1132956311&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le patriarcat est un syst&#232;me universel, omnipr&#233;sent depuis des mill&#233;naires. Pourquoi une telle p&#233;rennit&#233; ? Tout simplement parce que le patriarcat est avant tout un conditionnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les religions, ont bien entendu, un r&#244;le essentiel dans ce formatage des consciences. Elles sont le premier pilier du patriarcat, ainsi l'interdit sexuel et l'infid&#233;lit&#233; sont toujours plus grave pour une femme. L'id&#233;e force des religions c'est que la femme est impure par essence, dans de tr&#232;s nombreuses religions le sang menstruel est le symbole m&#234;me de leur souillure. Dans les religions polyth&#233;istes les divinit&#233;s f&#233;minines ont &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;es au second plan, dans les religions monoth&#233;istes Dieu est m&#226;le ; il s'agit bien de Dieu le p&#232;re, arch&#233;type de l'autorit&#233; et du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en nous imposant ce genre d'images que le patriarcat nous conditionne, nous avons tous int&#233;rioris&#233; ce qu'une femme doit &#234;tre et ce qu'un homme doit &#234;tre. Le syst&#232;me patriarcal s'insinue jusque dans l'inconscient collectif f&#233;minin et masculin et d&#233;termine jusqu'&#224; nos comportements les plus courants et les plus intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation est la base du conditionnement patriarcal : ce sont les jouets genr&#233;s par exemple. Les petites filles re&#231;oivent des poup&#233;es et des balais pour se pr&#233;parer &#224; leur future condition de m&#232;re et de m&#233;nag&#232;re, les petits gar&#231;ons re&#231;oivent des pistolets afin de mieux int&#233;grer que l'agressivit&#233; est un trait de caract&#232;re noble et viril. Pire encore, les jouets qui stimulent les apprentissages intellectuels (Lego, M&#233;cano) sont plus souvent offerts aux petits gar&#231;ons. Plus tard, &#224; l'&#233;cole, on fera faire du foot aux petits gar&#231;ons, pour leur apprendre la comp&#233;titivit&#233;, de la gymnastique aux petites filles pour qu'elle deviennent gracieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que les &#233;ducateurs (m&#234;me s'il s'agit le plus souvent d'&#233;ducatrices) n'attendent pas les m&#234;mes performances physiques des gar&#231;ons que des filles, et de fait n'ayant pas les m&#234;mes exigences, leur d&#233;veloppement moteur est diff&#233;rent. Il en est de m&#234;me pour les performances intellectuelles : il a &#233;t&#233; montr&#233; que les enseignants (hommes ou femmes) donnaient plus souvent la parole aux gar&#231;ons. Ceux-ci sont par cons&#233;quent plus stimul&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne appara&#238;t d&#232;s l'&#233;cole maternelle et devient de plus en plus criant au fil de l'avanc&#233;e dans le parcours scolaire. Les bacs d&#233;valoris&#233;s (tel l'ancien bac G) sont pour les filles, les fili&#232;res scientifiques l'apanage des gar&#231;ons. De m&#234;me il y a plus de gar&#231;ons que de filles qui font des &#233;tudes longues. Bien &#233;videmment, les filles n'ont pas moins de capacit&#233;s intellectuelles que les gar&#231;ons (la bosse des maths n'est pas dans le chromosome Y) ; mais les filles comme les enseignant(e)s ont int&#233;gr&#233; l'&#233;quation : &#171; fille = nulle en maths &#187;, ainsi quand les difficult&#233;s apparaissent, moins d'efforts sont d&#233;ploy&#233;s pour les d&#233;passer. C'est de cette mani&#232;re que l'on rend vrais les pr&#233;suppos&#233;s. C'est la m&#234;me logique qui est en uvre quand on dit que les filles ont plus de maturit&#233;. C'est parce qu'on les a &#233;duqu&#233;es diff&#233;remment : les filles font l'apprentissage de la responsabilit&#233; plus t&#244;t, qu'il s'agisse de t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, ou de veiller sur les plus petits. Cette &#233;ducation genr&#233;e a des cons&#233;quences profondes sur le d&#233;veloppement des individus. On a montr&#233; qu'en dehors de toute consid&#233;ration d'origine sociale, les adolescentes ont une moins bonne estime d'elles-m&#234;mes que les adolescents. Ceci perdure &#224; l'&#226;ge adulte, ce qui explique que les femmes entreprennent moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'enfance la petite fille se doit de correspondre &#224; un certain nombre de normes comportementales et physiques : sa poup&#233;e Barbie est &#224; l'image de ce &#224; quoi elle devra ressembler quand elle sera grande. Ces normes sont extr&#234;mement contraignantes et compl&#232;tement en dehors de la r&#233;alit&#233; (pour exemple le canon de la mannequin qui mesure 1 m 80 pour 55 kilos). Elles peuvent conduire &#224; des maladies mentales comme l'anorexie (maladie exclusivement f&#233;minine occidentale et contemporaine), qui est bien entendu li&#233;e au culte de la maigreur et du &#171; corps parfait &#187; si r&#233;pandu dans les m&#233;dias. Les femmes ont tellement int&#233;rioris&#233; cette n&#233;cessit&#233; de correspondre &#224; une multitude de normes, qu'elles en arrivent &#224; accepter de subir ou de s'auto-infliger des souffrances corporelles. Ainsi, nombre de femmes africaines ont parfaitement int&#233;gr&#233; la n&#233;cessit&#233; de l'excision pour elles comme pour leurs filles ; toutes proportions gard&#233;es la logique est la m&#234;me quand une femme s'&#233;pile &#224; la cire bouillante, elle ob&#233;it &#224; deux postulats ind&#233;racinables :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1 - il faut souffrir pour &#234;tre belle ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2 - le poil n'est pas f&#233;minin (mais pourquoi serait-il masculin puisqu'il pousse chez les deux sexes ?). Il en est de m&#234;me pour les r&#233;gimes tyranniques compl&#232;tement d&#233;s&#233;quilibr&#233;s et totalement injustifi&#233;s (le r&#233;gime est d'abord un acte m&#233;dical quand le poids devient un probl&#232;me de sant&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous participons tous, homme ou femme, &#224; la perp&#233;tuation du patriarcat car nous l'avons int&#233;rioris&#233;. Ce conditionnement est constamment renforc&#233; par ce que nous vivons, lisons, voyons Cela nous porte, m&#234;me inconsciemment, &#224; reproduire des comportements sexistes. C'est &#224; nous tous, hommes et femmes, d'en prendre conscience pour briser cette spirale infernale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne TURLURE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Toutes des putes... sauf maman !</title>
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		<description>&lt;p&gt;par Anne Turlure&lt;/p&gt;

-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est maintenant un vieux poncif : une femme est soit une m&#232;re soit une putain. Entre ces deux extr&#234;mes, point d'existence possible !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'oppression patriarcale est pr&#233;sente dans tous les domaines de la vie des femmes, elle devient particuli&#232;rement &#171; palpable &#187; en mati&#232;re de sexualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme n'est jamais consid&#233;r&#233;e comme sujet de d&#233;sir mais comme objet de d&#233;sir. On ne lui reconna&#238;t pas la possibilit&#233; d'&#234;tre active dans son d&#233;sir. Une femme qui manifeste celui-ci est une salope, une garce, une nymphomane Un homme qui pr&#233;sente les m&#234;mes comportements est un Don Juan, un s&#233;ducteur&lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme n'a pas d'autres options que de se laisser solliciter, &#233;tant entendu qu'elle adore &#231;a. Si elle s'avisait de dire non, elle deviendrait soit une coinc&#233;e, soit une allumeuse. Si une femme a donn&#233; un signe d'assentiment ou si son attitude a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e comme telle, elle ne peut plus faire marche arri&#232;re sans l&#233;ser gravement l'homme. La situation inverse n'existe pas, il n'y a pas d'allumeur. Une femme viol&#233;e est ainsi toujours plus ou moins soup&#231;onn&#233;e d'&#234;tre responsable de ce qu'elle a subi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, ne pas &#171; aimer les hommes &#187; est pour une femme une terrible faute. Si les homosexuels hommes sont victimes d'hostilit&#233; parce qu'ils ne correspondent pas au mod&#232;le du m&#226;le dominant, les lesbiennes sont victimes d'une plus grande violence encore car en tant que femmes, elles devraient &#234;tre naturellement d&#233;volues aux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle n'est pas un objet sexuel une femme ne peut avoir d'autre vocation que d'&#234;tre m&#232;re (encore qu'il soit possible d'&#234;tre les deux successivement ou simultan&#233;ment). Une femme est cens&#233;e s'&#233;panouir dans la maternit&#233;. Si elle ne veut pas d'enfant, c'est qu'elle est anormale. Dans ce contexte, tout ce qui touche au contr&#244;le des naissances est un enjeu de taille : il s'agit toujours de contr&#244;ler la sexualit&#233; et le corps des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contraception et l'avortement sont des droits acquis de haute lutte, perp&#233;tuellement remis en cause par les int&#233;gristes de tous poils mais aussi par les &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;. Rappelons que seules les femmes occidentales ont la possibilit&#233; de recourir &#224; des moyens fiables de contr&#244;le des naissances. En France, de nombreuses in&#233;galit&#233;s perdurent. La contraception et l'I.V.G. restent quasi inaccessibles pour les mineures, les femmes sans papiers, celles qui sont sur la S&#233;cu d'un mari qui ne veut pas en entendre parler et surtout celles qui n'ont pas les moyens. En effet, toutes les pilules ne sont pas rembours&#233;es (st&#233;rilets, diaphragmes, spermicides le sont encore moins), car l'on consid&#232;re qu'il s'agit de m&#233;dicaments de confort. Le Viagra va &#234;tre rembours&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avortement quant &#224; lui reste un v&#233;ritable parcours de la combattante du fait des d&#233;lais bien trop courts, des innombrables emb&#251;ches pos&#233;es par les m&#233;decins et les personnels hospitaliers &#171; &#224; clause de conscience &#187;, ou tout simplement du manque criant de Centres d'I.V.G. publics. &#192; noter que l'avortement n'est toujours pas l&#233;galis&#233; en France, il est simplement d&#233;p&#233;nalis&#233;, c'est tout dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il n'existe pas de contraception masculine, ce n'est pas que cela soit irr&#233;alisable, mais les laboratoires n'investissent pas dans ce domaine de recherche : les hommes ne se sentent pas concern&#233;s. Tout ce qui tient de la f&#233;condit&#233; et de la reproduction est &#224; la charge des femmes, une fois encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne TURLURE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#233;dito</title>
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&lt;p&gt;Souvent l'adjectif f&#233;ministe provoque deux r&#233;actions : soit il agace, exasp&#232;re ou &#233;nerve, soit il fait sourire. Car pour beaucoup, la lutte f&#233;ministe est d&#233;pass&#233;e, &#224; ranger au rayon des exc&#232;s des ann&#233;es 70 avec le patchoulis et les pat'def... &#171; Aujourd'hui, &#231;a y est, la femme est l'&#233;gale de l'homme ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Et pourtant, le patriarcat (syst&#232;me o&#249; le pouvoir politique, &#233;conomique, social et sexuel est organis&#233; par et pour les hommes) est toujours la valeur fondatrice des relations entre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Souvent l'adjectif f&#233;ministe provoque deux r&#233;actions : soit il agace, exasp&#232;re ou &#233;nerve, soit il fait sourire. Car pour beaucoup, la lutte f&#233;ministe est d&#233;pass&#233;e, &#224; ranger au rayon des exc&#232;s des ann&#233;es 70 avec le patchoulis et les pat'def... &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, &#231;a y est, la femme est l'&#233;gale de l'homme !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et pourtant, le patriarcat (syst&#232;me o&#249; le pouvoir politique, &#233;conomique, social et sexuel est organis&#233; par et pour les hommes) est toujours la valeur fondatrice des relations entre les individu-e-s, que ce soit au travail, dans le priv&#233;, dans l'&#233;ducation, dans le langage, par rapport aux institutions... Les femmes sont toujours trait&#233;es comme inf&#233;rieures aux hommes, exploitables et corv&#233;ables &#224; merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'injustice est flagreante et nous en sommes, toutes et tous, t&#233;moins et acteurs au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste a bien int&#233;gr&#233; les usages patriarcaux qui le pr&#233;c&#233;daient. Ce n'est pas en luttant seulement contre le capitalisme qu'on supprimera l'oppression dont sont victimes les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il est indispensable pour nous, structures associatives, syndicales, etc. qui luttons contre les injustices, les in&#233;galit&#233;s et le non-respect des droits, de nous investir pleinement dans la lutte anti-patriarcale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce site reprend les textes de la version papier. Il peut comprendre toutefois des articles in&#233;dits que la place ou le temps ne nous ont pas permis d'inclure dans le &#171; quatre pages &#187;. De m&#234;me, les articles imprim&#233;s peuvent se retrouver ici dans des versions plus compl&#232;tes ou plus d&#233;velopp&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



	<item>
		<title>Femmes et pr&#233;carit&#233; : les ch&#244;meurs sont des ch&#244;meuses !</title>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Bertrand Dekoninck&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le patriarcat n'a pas attendu le capitalisme pour exister et prosp&#233;rer. Mais c'est peu dire que ce dernier tire profit de la domination exerc&#233;e sur les femmes et des discriminations &#224; leur encontre. En mettant en concurrence tous contre tous, le capitalisme utilise tous les facteurs de divisions qui lui sont offerts : nationalit&#233;, r&#233;gularit&#233; du s&#233;jour pour les sans-papiers, mais aussi le sexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les femmes, l'oppression est double, et le chemin jusqu'&#224; l'&#233;galit&#233; reste encore bien long. C'est ainsi que les pauvres, de par le monde, sont en majorit&#233; des femmes, tout comme les ch&#244;meur-se-s ou, ph&#233;nom&#232;ne plus r&#233;cent, les pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pr&#233;carit&#233; touche davantage les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le taux de ch&#244;mage f&#233;minin, sur les 15 derni&#232;res ann&#233;es est rest&#233; globalement une fois et demi plus important que celui des hommes. Il &#233;tait de 13,8 % contre 10,2 % &#224; la fin 98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les contrats de travail des femmes sont globalement plus pr&#233;caires que ceux des hommes. Par exemple, dans la fonction publique (grande employeuse de pr&#233;caires), 31 % des femmes ne sont pas titulaires de leurs postes contre 23 % des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;carit&#233; a aussi une autre forme : le temps partiel. Les salari&#233;-e-s &#224; temps partiel sont dans une entreprise celles et ceux qui ont le plus faible taux de salaire horaire, qui ont moins d'avantages sociaux et restent &#224; l'&#233;cart des promotions, qui accumulent le moins de points de retraite et d'anciennet&#233;. Ce sont aussi les plus vuln&#233;rables aux licenciements. Le temps partiel, s'il est de plus en plus r&#233;pandu et impos&#233;, est de plus en plus impos&#233; aux femmes : en 1982, 16,4 % des femmes &#233;taient &#224; temps partiel contre seulement 1,9 % des hommes ; en 1998, elles &#233;taient 31,4 % &#224; temps partiel contre seulement 5,6 % des hommes. Elles repr&#233;sentent au total 84 % des salari&#233;-e-s &#224; temps partiel. Et 75 % d'entre elles ne l'ont pas choisi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les smicards sont majoritairement des smicardes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a, dans le domaine de l'in&#233;galit&#233; des salaires entre hommes et femmes, la conjugaison de deux ph&#233;nom&#232;nes auxquels s'ajoutent la pr&#233;carit&#233; : le cantonnement des femmes dans des m&#233;tiers d&#233;valoris&#233;s ; l'in&#233;galit&#233; salariale &#224; qualification &#233;gale. En 1996, un tiers des femmes &#224; temps complet &#233;tait pay&#233;e moins de 1,3 fois le S.M.I.C., contre seulement un cinqui&#232;me des hommes. Les femmes sont surrepr&#233;sent&#233;es dans quelques domaines professionnels, qui sont principalement des postes d'employ&#233;es (secr&#233;tariat, commerce de d&#233;tail) et/ou de domesticit&#233; sociale (nettoyage, enfance, services de restauration et d'h&#244;tellerie, sant&#233;, aide sociale). M&#234;me dans le secteur associatif, qui &#233;chappe en partie &#224; la logique capitaliste, elles n'ont gu&#232;re le choix qu'entre six secteurs d'activit&#233;s, qui constituent 60 % de l'emploi associatif f&#233;minin. Les professions sont d'ailleurs d'autant plus d&#233;valoris&#233;es qu'elles se f&#233;minisent. C'est le cas par exemple de l'enseignement primaire, aujourd'hui majoritairement assur&#233; par des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me s'il a tendance &#224; se r&#233;duire lentement, l'&#233;cart salarial entre hommes et femmes, &#224; dipl&#244;me et exp&#233;rience professionnelle &#233;gaux, reste tr&#232;s important : 27,2 % en France en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier fait majeur de ces derni&#232;res ann&#233;es : les &#233;carts se creusent maintenant entre une frange de la population f&#233;minine qui commence &#224; acc&#233;der aux postes &#224; responsabilit&#233; et l'immense majorit&#233; des femmes, dont la situation s'est aggrav&#233;e, principalement en raison de l'accroissement de la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bertrand DEKONINCK&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>En France, plus d'une femme sur trois est victime de violence !</title>
		<link>https://lille.cybertaria.org/spip.php?article27</link>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Anne Turlure&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;02, &#233;t&#233; 2000&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/IMG/logo/arton27.jpg?1132956373' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;144&#034; height=&#034;500&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est ce que r&#233;v&#232;le un questionnaire diffus&#233; par le Centre national d'Information sur les Droits des Femmes entre d&#233;cembre 1999 et mars 2000. Violence conjugale, viol, violence au travail (les femmes actives, salari&#233;es ou ch&#244;meuses, sont quatre fois plus nombreuses &#224; se d&#233;clarer victime de violence), violence physique ou psychologique La violence que les femmes subissent est multiple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Violence conjugale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est au sein de la famille que la violence s'exerce en premier lieu, sur les filles, les femmes ou les concubines. La femme appartient &#224; l'homme. Lorsque celle-ci est raval&#233;e au rang de bien, esclave sexuelle et domestique, il peut en user comme bon lui semble. S'il n'a plus l&#233;galement le droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants, dans les faits c'est encore trop souvent le cas. Chaque ann&#233;e des femmes meurent sous les coups de leur mari ou compagnon. La violence conjugale, bien que fort r&#233;pandue, reste un sujet tabou. Le ph&#233;nom&#232;ne est parfois minimis&#233; par des m&#233;decins, qui refusent de signer les certificats d'incapacit&#233;, par la police qui ne prend pas toujours ces situations au s&#233;rieux et bien souvent par les femmes victimes de violence elles-m&#234;mes. Cette violence est tout autant physique que psychologique et rev&#234;t de nombreuses formes : coups et blessures, viols, menaces, climat de terreur, humiliation perp&#233;tuelle. A la violence s'ajoute la plupart du temps la d&#233;pendance financi&#232;re et psychologique des femmes envers leur compagnon, d&#233;pendance que celui-ci entretient alors avec soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes victimes de violences conjugales, comme dans le cas du viol, sont toujours soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre plus ou moins responsables de ces violences. Ce qui n'est pas socialement admis, ce n'est pas qu'un homme soit violent, c'est qu'une femme se laisse faire : si elle reste aupr&#232;s de son bourreau, c'est qu'elle &#171; y trouve son compte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'insulte au viol&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La violence que les femmes subissent, qu'elle ait lieu en famille, au travail ou partout ailleurs, rev&#234;t souvent un caract&#232;re sexuel, de l'insulte au viol. Le patriarcat transforme la sexualit&#233; en instrument d'oppression. Les femmes sont des proies, les hommes des pr&#233;dateurs. Le vocabulaire sexuel en t&#233;moigne, et les analogies guerri&#232;res ou de chasse sont nombreuses : on ferre une femme, on la prend, on la saute... De toutes fa&#231;ons, elle est passive. Cette vision de la sexualit&#233; est encore renforc&#233;e par les clich&#233;s que v&#233;hicule g&#233;n&#233;ralement la pornographie. Celle-ci est de plus en plus r&#233;pandue et facile d'acc&#232;s. Les adolescents d'aujourd'hui y font leur apprentissage sexuel avec toujours les m&#234;mes st&#233;r&#233;otypes : ceux de la femme passive, objet pr&#234;t &#224; consommer, toujours partante et sur laquelle on &#233;jacule comme on lui cracherait dessus. Cet apprentissage de la sexualit&#233; qui ne peut se vivre autrement que comme une pr&#233;dation violente cr&#233;e un climat d'ins&#233;curit&#233; permanente pour les femmes. Dans la rue, dans le m&#233;tro, au travail et m&#234;me parfois chez des proches, refuser de r&#233;pondre au d&#233;sir des hommes, c'est s'exposer au minimum &#224; l'insulte, au pire au viol ou au meurtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi s'&#233;tonner alors que les viols soient si nombreux et, parmi eux, que les viols collectifs commis par des adolescents soient en augmentation ? On s'imagine souvent que le viol est le fait de pervers, de malades. Il s'agit au contraire d'un probl&#232;me social : c'est la soci&#233;t&#233; qui cr&#233;e les violeurs. Le viol n'est pas le r&#233;sultat d'une pulsion sexuelle incontr&#244;l&#233;e mais un instrument de domination. En prison par exemple, les pr&#233;tendus forts, les ca&#239;ds, violent les soi-disant faibles (jeunes, hommes &#171; eff&#233;min&#233;s &#187;, homosexuels) pour leur signifier qu'ils sont au bas de la hi&#233;rarchie, pour les ravaler au rang de &#171; gonzesse &#187;. Ainsi, celui qui servira d'esclave sexuel au sein de la cellule sera aussi astreint aux taches m&#233;nag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence sur les femmes est physique, psychologique et surtout sociale. C'est bien le syst&#232;me qui la cr&#233;e. La violence est &#224; la fois une cons&#233;quence et un instrument du patriarcat. En France comme en Afghanistan, pour les femmes viol&#233;es ou battues ici, lapid&#233;es l&#224;-bas, br&#251;l&#233;es vives ou excis&#233;es ailleurs, il est des combats que l'on ne peut plus remettre &#224; demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne TURLURE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Debout les gars r&#233;veillez-vous !</title>
		<link>https://lille.cybertaria.org/spip.php?article28</link>
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		<dc:date>2000-05-31T22:00:00Z</dc:date>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Laurent Laloy&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;02, &#233;t&#233; 2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La lutte contre le patriarcat et le sexisme n'est pas qu'une &#171; histoire de bonnes femmes &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis longtemps, des hommes se sont &#233;lev&#233;s contre l'oppression des femmes : Condorcet fut de ceux-l&#224;, mais aussi bien d'autres, anonymes ou pas. La Commune de Paris (1871) pronon&#231;a l'&#233;galit&#233; entre femmes et hommes. Certains hommes ont soutenu les femmes dans leurs revendications l&#233;gitimes &#224; l'acc&#232;s aux droits politiques et &#233;conomiques (droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233;, droit au travail, &#224; un salaire &#233;gal...), d'autres se sont investis dans le mouvement n&#233;o-malthusien pour le droit &#224; l'avortement et &#224; la contraception. Mais leur action se cantonnait, en gros, au soutien des revendications f&#233;ministes, ce qui n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, pour ce qui est de la r&#233;flexion et de l'analyse de l'implication des hommes dans la perp&#233;tuation du syst&#232;me patriarcal, il faut attendre les ann&#233;es 1970 et l'&#233;mergence du M.L.F. pour que des hommes commencent &#224; s'interroger et &#224; agir. Cette prise de conscience aboutit alors &#224; la constitution de &#171; groupes d'hommes &#187;. On y discute des rapports hommes/femmes, de la virilit&#233;, des r&#244;les sociaux sexu&#233;s, de la sexualit&#233; masculine, et de bien d'autres th&#232;mes touchant &#224; l'identit&#233; masculine. Ces hommes ont en commun le refus de l'ali&#233;nation et du conditionnement des hommes par le patriarcat, le rejet des st&#233;r&#233;otypes et &#171; valeurs &#187; qui leur sont impos&#233;-e-s (violence, comp&#233;tition, m&#233;pris des femmes, des homosexuel-le-s, etc). Leur but est de remettre en cause, individuellement et collectivement, la place et le r&#244;le des hommes dans la soci&#233;t&#233;. Tout cela est toujours d'actualit&#233;, et ces d&#233;bats, r&#233;flexions et actions sont toujours men&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re &#171; g&#233;n&#233;ration &#187; de groupes d'hommes (peu nombreux mais actifs) qui v&#233;cut jusqu'au milieu des ann&#233;es 80, de nouveaux groupes sont apparus depuis une dizaine d'ann&#233;es, avec des approches diverses (th&#233;rapeutique, libertaire...). En Europe a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1997 le R&#233;seau europ&#233;en d'hommes prof&#233;ministes, afin de mettre en commun les r&#233;flexions et actions antisexistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de &#171; militantisme &#187; reste encore, h&#233;las ! assez (trop) marginal. En effet, bien peu d'hommes sont pr&#234;ts &#224; jeter au panier leurs privil&#232;ges (sociaux, sexuels, politiques, &#233;conomiques...) et leur position de &#171; m&#226;les dominants &#187; : quels avantages y auraient-ils ? Simplement celui de refuser d'&#234;tre conditionn&#233;, de jouer un r&#244;le dont on ne veut pas/plus, de pouvoir construire son identit&#233; et vivre sa vie comme on l'entend ; celui aussi de refuser de dominer, d'exploiter et d'opprimer (consciemment ou non) plus de la moiti&#233; de l'humanit&#233; ; enfin, et surtout, celui de participer &#224; la construction d'une soci&#233;t&#233; o&#249; la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; ne seraient pas que des mots grav&#233;s aux frontispices des &#233;difices publics mais une r&#233;alit&#233; pratique et vivante ! Soci&#233;t&#233; qui n'aura pas l'ombre d'une chance d'exister tant que les hommes acceptent (et perp&#233;tuent) le fait que les femmes soient le &#171; parent pauvre &#187; de l'humanit&#233;, mineures &#224; vie, exploitables, corv&#233;ables, violables et battables (entre autres ignominies) &#224; merci. Alors, &#171; &lt;i&gt;debout les gars, r&#233;veillez-vous...&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent LALOY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Luttes antipatriarcales... Et les hommes, dans tout &#231;a ?</title>
		<link>https://lille.cybertaria.org/spip.php?article29</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Martin Zumpe et Laurent Laloy&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;02, &#233;t&#233; 2000&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 70, le mouvement f&#233;ministe a permis la prise de conscience et la d&#233;nonciation publiques de l'oppression des femmes par un syst&#232;me pluricentenaire : le patriarcat. Bien que trop souvent consid&#233;r&#233;-e-s par les hommes que comme des &#171; histoires de bonnes femmes &#187;, les questionnements et revendications f&#233;ministes en ont quand m&#234;me interpel&#233; plus d'un. Certains hommes, solidaires des luttes des femmes et ne voulant pas en rester au simple soutien (via manifs ou p&#233;titions), ont alors et depuis entam&#233; une r&#233;flexion, personnelle et collective, sur la place et le r&#244;le que leur assigne le patriarcat. R&#233;flexion qui reste h&#233;las ! toujours d'actualit&#233;, mais (ou plut&#244;t : car) trop peu men&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est l'histoire de mecs...&lt;/i&gt; &#187; : des groupes d'hommes contre le patriarcat, d'hier &#224; aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; pionniers &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les premiers groupes d'hommes apparaissent au cours des ann&#233;es 70 (1975 en France). Y seront abord&#233;s des th&#232;mes comme la sexualit&#233;, la paternit&#233;, la violence, la pornographie, la contraception masculine, l'homosexualit&#233;, l'identit&#233; masculine, la virilit&#233;, les r&#244;les sociaux et sexu&#233;s... En France, ce travail est essentiellement le fait de groupes tels l'Association pour la recherche et le d&#233;veloppement de la contraception masculine (Ardecom), ou de la revue Types-paroles d'hommes, qui fonctionn&#232;rent tant bien que &#171; m&#226;le &#187; jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980, puis sombr&#232;rent peu &#224; peu...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nouvelle vaguelette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, de nouveaux groupes d'hommes sont apparus, avec des d&#233;marches et des orientations vari&#233;es : approche th&#233;rapeutique au Qu&#233;bec, o&#249; un r&#233;seau d'hommes s'est constitu&#233; &#224; l'initiative du psychanalyste Guy Corneau, approche libertaire (mouvance des squatts, camping antipatriarcal mixte, etc.). En 1997 s'est cr&#233;&#233; un R&#233;seau europ&#233;en d'hommes prof&#233;ministes , rassemblant des hommes antisexistes de tous horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, nous trouvons des groupes dont le discours est plus ou moins (et plut&#244;t plus que moins !) r&#233;actionnaire, antif&#233;ministe, etc., tels les mouvements pour la condition paternelle en France ou les Promise Keepers aux USA. On peut aussi se demander si le regain d'int&#233;r&#234;t religieux de certains hommes - surtout dans sa version dure : &#171; int&#233;grismes &#187; musulman, chr&#233;tien, juif... - ne fait pas partie de cette dynamique-l&#224; ! La religion constitue en effet l'un des piliers du patriarcat et offre un refuge, un bastion, aux hommes qui ne supportent pas la remise en cause de leur identit&#233;, de leur place (dans la famille, la soci&#233;t&#233;), et surtout de leur pouvoir (sur la famille, la soci&#233;t&#233;, et sur les femmes en particulier) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des raisons qui ont pu (et peuvent) faire en sorte que les hommes bougent un peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle furent - quelles sont - les motivations de ces &#171; pionniers &#187; antipatriarcaux &#224; s'engager sur un terrain si difficile et p&#233;nible, sous le regard m&#233;fiant des f&#233;ministes et l'oeil moqueur de leurs &#171; fr&#232;res &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout pour eux la ferme volont&#233; de refuser le r&#244;le d'oppresseur, ainsi que les nombreux avantages que le patriarcat leur donne. C'est le refus des diff&#233;rentes formes de violences masculines permettant cette domination. C'est aussi le refus du conditionnement et de la reproduction &#233;ternelle des st&#233;r&#233;otypes patriarcaux : le &#171; h&#233;ros &#187; (l'autiste !), qui ne parle jamais de sa vie sentimentale, et surtout pas avec les copains ! ; le &#034;conqu&#233;rant&#034;, et sa sexualit&#233; agressive ; le &#171; chef de famille &#187;, dont la seule perspective est de s'&#233;puiser au travail ; les clich&#233;s de &#171; bandes d'hommes &#187; au stade, au bar, &#224; l'arm&#233;e... Ce conditionnement peut devenir insupportable pour ceux qui correspondent peu aux clich&#233;s, pour ceux qui ont choisi de rompre avec le patriarcat, et particuli&#232;rement pour les homosexuels, pour qui il n'y a pas de place dans la logique &#171; traditionnelle &#187; patriarcale. Mais l'homosexuel profite quand m&#234;me des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, une des caract&#233;ristiques du patriarcat (un salaire plus &#233;lev&#233;, moins de difficult&#233; &#224; trouver du travail...). Car si l'homosexuel est et reste un tra&#238;tre &#224; la sacro-sainte virilit&#233; et au &#171; clan &#187; des hommes, il est et reste quand m&#234;me toujours... un homme ! &#192; condition, bien s&#251;r, que son homosexualit&#233; ne soit pas visible, assum&#233;e ou qu'il ne soit pas &#171; eff&#233;min&#233; &#187; - supr&#234;me trahison ! Toutefois, les souffrances et l'ali&#233;nation des hommes d&#251;es au patriarcat n'ont litt&#233;ralement rien &#224; voir avec l'oppression des femmes. La souffrance engendr&#233;e chez les hommes antipatriarcaux est, en g&#233;n&#233;ral, la cons&#233;quence d'un choix : celui de ne pas/plus supporter le syst&#232;me patriarcal. De plus, ils ont toujours la possibilit&#233; de &#171; s'arranger &#187;, partiellement ou compl&#232;tement, avec celui-ci pour &#234;tre tranquilles. M&#234;me les hommes les plus conscients restent susceptibles de reproduire ou ranimer les comportements les plus anachroniques : des &#171; rechutes &#187; terribles dans les r&#233;flexes patriarcaux sont, h&#233;las ! plut&#244;t la r&#232;gle que l'exception. Une m&#233;fiance et une vigilance profondes des militants antipatriarcaux envers eux-m&#234;mes et leurs camarades restent indispensables. La lutte f&#233;ministe - qui &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; l'origine des efforts de ces hommes - doit rester la r&#233;f&#233;rence primordiale, l'orientation g&#233;n&#233;rale pour eux. Ce n'est toutefois pas un appel &#224; (ni une excuse pour) se vautrer dans le canap&#233; et laisser les efforts id&#233;ologiques aux femmes ! Au contraire, messieurs, nous avons du boulot : il nous faut acqu&#233;rir la conscience de notre implication dans les m&#233;canismes de domination, en se posant quelques questions, en appuyant l&#224; (surtout) o&#249; &#231;a fait mal ! Quels aspects du patriarcat perp&#233;tuons-nous ? Quel d&#233;calage y a-t-il entre nos id&#233;es et nos pratiques ? Comment &#233;viter de r&#233;employer ces m&#233;canismes et ces comportements de domination ? Comment d&#233;couvrir et d&#233;finir nos identit&#233;s individuelles au-del&#224; du conditionnement collectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de rapports de domination et d'exploitation &#233;tant incompatible avec l'id&#233;al - et a fortiori la pratique - humaniste, de tels rapports paraissent difficilement justifiables par un militant. &#171; Le priv&#233; est politique &#187; est un &#171; mot d'ordre &#187; qui appartient et aux hommes, et au f&#233;minisme. Il serait donc dommage que des hommes passent &#224; c&#244;t&#233; de telles r&#233;flexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin ZUMPFE et Laurent LALOY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Langage et sexisme</title>
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		<description>&lt;p&gt;par Annie Amoureux&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus, la discrimination sexiste est nomm&#233;e, reconnue et parfois combattue dans certains domaines (&#233;conomique, social). Dans celui du langage, beaucoup se penchent sur le probl&#232;me du genre de la langue (domin&#233;e par le genre masculin) et souhaitent la f&#233;minisation. Le d&#233;bat est loin d'&#234;tre termin&#233;, parce qu'il fait &#233;galement appel &#224; des pratiques langagi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces pratiques trouvent leurs racines dans des pr&#233;jug&#233;s sexistes. &#171; &lt;i&gt;Les progr&#232;s sont lents, les racines des pr&#233;jug&#233;s sont profondes&lt;/i&gt; &#187;, disait Voltaire. Pour un petit gar&#231;on, grandir dans un pays o&#249; les petites filles ne vont pas &#224; l'&#233;cole (parce qu'elles n'y ont pas le droit) peut le laisser d&#233;velopper le pr&#233;jug&#233; que les filles n'ont pas la capacit&#233; intellectuelle d'apprendre. De m&#234;me, grandir dans un pays o&#249; &#171; &lt;i&gt;10 000 femmes et un cochon sont dehors, ILS sont&lt;/i&gt; &#187; ne pr&#233;dispose pas &#224; reconnaitre une &#233;galit&#233; entre genres, donc rapidement entre sexes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sexisme dans le langage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la linguiste Marina Yaguello : &#171; &lt;i&gt;La langue est un syst&#232;me symbolique engag&#233; dans les rapports sociaux.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;La langue est aussi, dans une large mesure un miroir culturel qui fixe les repr&#233;sentations symboliques et se fait l'&#233;cho des pr&#233;jug&#233;s et des st&#233;r&#233;otypes, en m&#234;me temps qu'il alimente et entretient ceux-ci.&lt;/i&gt; &#187; Trois cas de sexisme dans le langage :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui parle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le langage, la possibilit&#233; de s'exprimer nous met en position de pouvoir. Pour assurer celui-ci, il est essentiel de le garder, de contr&#244;ler la parole des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreuses cultures, les femmes n'ont m&#234;me pas le droit &#224; la parole. Dans les soci&#233;t&#233;s occidentales, les femmes ont pris une place, notamment socio-&#233;conomique, dans la soci&#233;t&#233; qui les am&#232;nent de plus en plus &#224; prendre la parole en dehors de la sph&#232;re priv&#233;e. Pourtant, de nombreuses observations scientifiques montrent que les hommes coupent beaucoup plus la parole que les femmes et monopolisent le discours. La parole prise, ou donn&#233;e, n'est pas forc&#233;ment &#233;cout&#233;e, ni prise en compte : discours d'une femme termin&#233;e par un quolibet ; derni&#232;re phrase de femme reprononc&#233;e par un homme avant qu'il n'entame son propre discours&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment parle-t-on ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les hommes et les femmes utilisent un langage diff&#233;rent. Par exemple, les femmes sont nettement plus enclines &#224; utiliser et &#224; pr&#233;f&#233;rer un langage de prestige, plus correct, que les hommes. Il existe principalement deux explications &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne : un d&#233;sir d'ascension sociale de la part des femmes qui prennent la parole comme forme d'action, afin d'acc&#233;der &#224; l'&#233;galit&#233;, voire au pouvoir ; et, selon le pr&#233;jug&#233; &#171; les hommes sont jug&#233;s sur ce qu'ils font, les femmes sur leur paraitre &#187;, les femmes seraient plus sensibles au prestige langagier. On peut dire plut&#244;t que les femmes sont plus &#171; l&#233;galistes &#187;, car plus souvent soumises aux r&#232;gles, et les hommes plus en rapport de comp&#233;tition : le verbe devient force physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage ne se r&#233;sume pas &#224; des mots, un style. C'est aussi un langage corporel, des intonations de voix, un d&#233;bit. La diff&#233;rence physique donne aux hommes une voix plus forte, plus grave. Cet &#233;tat de fait peut-&#234;tre utilis&#233; pour couper la parole des femmes, par exemple. On a observ&#233; que celles-ci ont un d&#233;bit plus rapide que les hommes - parce qu'elles sont peur d'&#234;tre coup&#233;es ? -, ce qui incite plus difficilement &#224; l'&#233;coute attentive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que dit-on ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quels sont les mots &#224; notre disposition pour parler. Quelle est la part de sexisme dans notre vocabulaire ? Les &#233;crits &#224; ce propos sont de plus en plus nombreux. Marina Yaguello est une des premi&#232;res auteures fran&#231;aises &#224; s'&#234;tre pench&#233;e sur la question. &#192; partir d'une &#233;tude sur la d&#233;finition du mot &#171; femme &#187; dans diff&#233;rents dictionnaires, elle &#233;tablit un corpus de mots d'o&#249; il ressort deux grands champs lexicaux : celui de la m&#232;re et celui de la prostitu&#233;e. De m&#234;me, le langage qui d&#233;signe les femmes utilise beaucoup la m&#233;tonymie (un tout r&#233;duit &#224; une partie) : en l'occurrence, une femme est r&#233;duite &#224; un cul, un con ou une viande ; mais aussi les m&#233;taphores animales ou alimentaires : cochonne, poule, chou. On retrouve le pr&#233;jug&#233; : &#171; les femmes sont &#224; vendre, ou &#224; prendre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne sont ni &#224; vendre, ni &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pistes de r&#233;flexion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour que les femmes acc&#232;dent enfin &#224; un traitement &#233;galitaire, de nombreux domaines de la vie priv&#233;e, sociale, &#233;conomique et politique sont &#224; reconsid&#233;rer sous un angle non-sexiste. Le langage couvre tous ces domaines, c'est pourquoi il repr&#233;sente un enjeu consid&#233;rable ; c'est pourquoi, il n'est pas superflu d'engager un d&#233;bat sur la r&#233;vision non sexiste du vocabulaire et de la grammaire. La lutte pour l'&#233;galit&#233; est aussi une lutte contre la langue du m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc n&#233;cessaire de se pencher sur les pr&#233;jug&#233;s sexistes, de les cerner, de les expliquer et de tenter de les d&#233;monter. Car, si attitudes et comportements positifs peuvent s'entendre au sens individuel, ils peuvent aussi &#234;tre partag&#233;s par tous les membres du groupe, de m&#234;me que les pr&#233;jug&#233;s et les comportements discriminatoires. Il nous faut surveiller, d&#233;noncer et combattre ces pr&#233;jug&#233;s, mais aussi que chacune et chacun se juge aussi soi-m&#234;me et entende son propre discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annie AMOUREUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lesbienne f&#233;ministe</title>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique6">02, &#233;t&#233; 2000</category>


		<description>&lt;p&gt;par Anne et &#201;lisa&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les lesbiennes sont socialement condamn&#233;es &#224; une double opprobre. Elles n'int&#232;grent pas les comportements dits f&#233;minins (&#233;l&#233;gance, douceur, passivit&#233;) et par leur choix amoureux, elles ne se d&#233;vouent pas aux hommes (soin du linge, du corps, du repos, entretien de la culture familiale). En retour, leur sexualit&#233; est ni&#233;e ou d&#233;tourn&#233;e ; voir le mythe de la femme qui n'a pas rencontr&#233; l'homme qui lui ferait d&#233;couvrir son corps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Se d&#233;clarer lesbienne suscite principalement la peur (remise en cause de trop de valeurs fondatrices de la soci&#233;t&#233;), la honte (impr&#233;gnation des tabous religieux) ou le rire (impossibilit&#233; de croire &#224; l'existence p&#233;renne de couples de femmes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un couple lesbien ne peut avoir d'enfant sans l'intervention d'un homme ou de la m&#233;decine et tr&#232;s longtemps, ils ont &#233;t&#233; frapp&#233;s du m&#234;me m&#233;pris teint&#233; de piti&#233; que les couples h&#233;t&#233;rosexuels st&#233;riles. Bien entendu, de nombreuses lesbiennes sont m&#232;res. Leurs enfants ne souffrent pas plus de d&#233;s&#233;quilibres que ceux &#233;lev&#233;s par une femme et (parfois) un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin des ann&#233;es 70 a vu l'essoufflement des groupes MLF d&#251; &#224; l'&#233;puisement des militantes. Dans l'apr&#232;s 1981, les groupes f&#233;ministes &#171; g&#233;n&#233;ralistes &#187; ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des groupes de lesbiennes politiques dites radicales, occup&#233;es &#224; faire valoir leur droit &#224; la diff&#233;rence, le libre choix de leur sexualit&#233; contre un ordre moral h&#233;t&#233;rosexuel et patriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le Front Homosexuel d'Action R&#233;volutionnaire (FHAR) fut le premier groupe m&#233;diatis&#233; issu des luttes f&#233;ministes. Premier groupe mixte mais qui ne le restera pas longtemps. Le sexisme du mouvement homosexuel masculin modifiant le sens des mots &#171; gay &#187; et &#171; homo &#187; valables pour les deux sexes au d&#233;part, le mot &#171; lesbienne &#187; est rajout&#233; partout et certains groupes se forment en non mixit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lesbiennes n'ont certes pas encore toutes supprim&#233; les rapports patriarcaux (violence physique ou morale, chantage &#233;conomique ou affectif) dans le couple, mais par leurs critiques sans concession du syst&#232;me h&#233;t&#233;ropatriarcal, elles fournissent des &#233;tudes et des &#233;crits essentiels pour les luttes des femmes et des hommes contre le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne et &#201;lisa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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