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	<title>&lt;b&gt;Lille&lt;/b&gt;:alternataire, le site du CCL</title>
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	<description>&lt;p&gt;Lille bouge, fr&#233;mit m&#234;me r&#233;guli&#232;rement. Vous pouvez suivre, sur ce portail, la vie libertaire r&#233;gionale et lilloise par l'&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique12' class=&#034;spip_in&#034;&gt;agenda&lt;/a&gt; et le &lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique11' class=&#034;spip_in&#034;&gt;CCL ou Centre culturel libertaire&lt;/a&gt;, par exemple. D'autres rubriques sont h&#233;berg&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'autres pages ont &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;es ici : ainsi &lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'&#201;cho des sans-voix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du Collectif des sans (attention &#224; son r&#233;veil toujours possible !-, &lt;a href='https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique63' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Basta&lt;/i&gt; (fanzine f&#233;ministe non-mixte)&lt;/a&gt;, etc.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Vous pouvez vous abonner &#224; la &lt;a href=&#034;https://listes.lautre.net/cgi-bin/mailman/listinfo/com.ccl59&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre d'information&lt;/a&gt; du CCL (hebdomadaire).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;</description>
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		<title>Lille 3000 : c'est reparti pour la mascarade !</title>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50">22 (d&#233;cembre 2006)</category>


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&lt;p&gt;Et encore moins le parti socialiste ! Par contre, pour vendre des produits politiques tout faits, avec le label culturel... Voil&#224; pourquoi le grand cirque &#8220;Lille 2004, capitale europ&#233;enne de la culture&#8221; rena&#238;t de ses cendres encore fumantes pour prendre les couleurs de l'Inde &#224; travers l'op&#233;ration &#8220;Lille 3000&#8221;. D&#233;finitivement, Lille se veut la ville de LA CULTURE, pr&#234;te pour accueillir les touristes du monde entier ! Et tout &#231;a gr&#226;ce &#224; l'esprit de solidarit&#233; des gens du Nord, comme le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et encore moins le parti socialiste ! Par contre, pour vendre des produits politiques tout faits, avec le label culturel... Voil&#224; pourquoi le grand cirque &#8220;Lille 2004, capitale europ&#233;enne de la culture&#8221; rena&#238;t de ses cendres encore fumantes pour prendre les couleurs de l'Inde &#224; travers l'op&#233;ration &#8220;Lille 3000&#8221;. D&#233;finitivement, Lille se veut la ville de LA CULTURE, pr&#234;te pour accueillir les touristes du monde entier ! Et tout &#231;a gr&#226;ce &#224; l'esprit de solidarit&#233; des gens du Nord, comme le mart&#232;le &#224; l'envi notre bonne mai-t-resse. Parce que Lille 3000, comme Lille 2004, se veut aussi et surtout f&#234;te de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Architecture ou R&#233;volution !?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis les proph&#232;tes de l'urbanisme autoritaire et fonctionnalis&#233; d'un Haussman au XIX&#232;me si&#232;cle ou d'un Le Corbusier, pouvoir politique et pouvoir &#233;conomique se donnent la main pour modeler les villes et leurs quartiers. Aujourd'hui, la culture en est un moyen absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lille, comme toutes les grandes villes occidentales ou millionnaires, participe de ce processus de la &#8220;nouvelle ville&#8221;, globale et totale. La r&#233;ussite de Lille 3000, l'op&#233;ration financi&#232;re de la m&#233;tropole &#8211; et des pouvoirs urbains - est n&#233;cessaire et... assur&#233;e. Pour cela, des moyens d'envergure sont de mise. Des flicEs en plus d'un c&#244;t&#233;, de la culture qui cr&#233;e l'&#233;v&#232;nement de l'autre, et le tour est jou&#233;. Un centre urbain qui ne cesse d'&#234;tre grapill&#233; par le pouvoir marchand, des quartiers et leurs habitantEs qu'on quadrille, enferme et surveille. La nouvelle f&#234;te qu'on nous vend n'est donc qu'une facette d'une politique plus g&#233;n&#233;rale qui vise entre autres &#224; nettoyer la ville (de ses pauvres, de celles et ceux qui contestent, qui occupent et s'affichent, qui montrent et revendiquent). Cette politique urbaine s'&#233;tale comme une tache d'huile &#224; partir des quartiers centraux vers les quartiers p&#233;ri-centraux, et plus pr&#233;cis&#233;ment les quartiers populaires. Il y a trente ans on vidait le Vieux-Lille de ses pauvres. Aujourd'hui, c'est le cas de Fives et de Moulins, o&#249; les terrains et les friches industrielles abondent. A Fives, la municipalit&#233; est en train de redessiner le centre. Elle pr&#233;voit &#233;galement une grosse op&#233;ration d'am&#233;nagement des anciennes usines FCB sur 16 hectares alors que le prochain casino s'annonce. 410 millions d'euros de cr&#233;dits de renouvellement urbain viennent d'&#234;tre allou&#233;s &#224; la communaut&#233; urbaine Lille M&#233;tropole par l'Anru (Agence nationale pour la R&#233;novation urbaine). Le but est d'am&#233;liorer le paysage urbain &#224; Moulins et d'autres &#8220;sites associ&#233;s&#8221;, Vauban, centre-ville, Euralille, Bois-Blancs. Pour cr&#233;er une mixit&#233; sociale dans toute la ville, entend-on dire. Laissez-nous rire quand on voit l'&#233;volution de l'acc&#232;s au logement &#224; Lille. Dans le m&#234;me temps, les quartiers de la Porte-de-Valenciennes &#224; Moulins et de Lille-Sud, c&#339;ur du dossier ANRU, feront pour la premi&#232;re fois l'objet de programmes priv&#233;s. Sur les 410 millions d'euros, 36 millions vont aller &#224; la requalification de la Porte-de-Valenciennes dans la continuit&#233; imm&#233;diate d'Euralille II. Celle-ci va &#234;tre restructur&#233;e selon le vocabulaire &#8220;urbano-industriel&#8221;, des rues et des places seront cr&#233;&#233;es et des barres d&#233;molies. Le prix d'achat au d&#233;part ? 3200 euros/m2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique urbaine est adapt&#233;e aux besoins des strat&#233;gies priv&#233;es des grandes entreprises. Et c'est bien main dans la main que gauche et droite, au del&#224; des luttes partisanes, s'entendent sur ce projet ubanistique. Dans cette optique, Lille 300 est une op&#233;ration parall&#232;le qui l&#233;gitime les nouveaux lieux de consommation du spectacle tout en orientant la composition des quartiers par des op&#233;rations de renouvellement urbain. Car c'est vendeur la Culture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_492 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/_GDALE_Lille3000-1.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 239.9 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH171/_GDALE_Lille3000-1-05a74-3cba5.jpg?1698136537' width='250' height='171' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La culture du fric et du flic&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t aussi que c'&#233;tait rentable, Lille 2004. Alors rebelote aujourd'hui. Et, comme d'habitude, pour trouver les financements, les patrons et les entreprises sont l&#224; pour financer et choisir l'offre culturelle. Avec Lille 3000, le m&#233;c&#233;nat priv&#233; explose : 45 % de sponsoring (contre 18 % pour Lille 2004). Pas de financement de la r&#233;gion, ni de l'Etat ni de la communaut&#233; urbaine (seul le d&#233;partement a mis la main &#224; la poche, &#224; hauteur de 400.000 euros). Et 3 millions d'euros d'exc&#233;dents de Lille 2004, r&#233;investis. On commence &#224; saisir le sens du mot &#8220;culture&#8221;, qui ressemble de plus en plus &#224; &#8220;publicit&#233;&#8221; et &#224; &#8220;marketing&#8221;.C'est pourquoi EDF, Accor, Carrefour et SFR sont fiers de vous pr&#233;senter &#8220;Lille 3000&#8221;, un empire qui doit durer 1000 ans. Un empire de la publicit&#233; et des marchands qui se servent d'&#233;v&#233;nements culturels pour la &#8220;refondation urbaine et culturelle&#8221; au moyen de la culture, d'une certaine culture. Ainsi, Accor, cette multinationale de l'h&#244;tellerie qui ne conna&#238;t de diversit&#233; culturelle qu'en &#233;tant un rouage dans les expulsions des sans-papierEs &#224; la fin des ann&#233;es 1990, par la r&#233;servation de toutes les places de train et d'avion, par le biais de la Compagnie des Wagons-Lits, et par la location de chambres dans les h&#244;tels Ibis des a&#233;roports de Roissy et d'Orly &#224; l'Etat, en vue de parquer les &#233;trangerEs entrants sur le territoire sans visa. OUF ! Depuis les centres de r&#233;tention ont fleuri... Ce m&#234;me Accor (toujours via Ibis) qui n'a jamais refus&#233; d'abriter les r&#233;unions des cheffaillons de l'extr&#234;me-droite. De m&#234;me, Carrefour qui, apr&#232;s avoir d&#233;truit le commerce de d&#233;tail avec quelques autres membres de l'oligopole de la distribution, &#233;trangle aujourd'hui les producteur/rices et pr&#233;carise ses employ&#233;Es. Dans la m&#234;me veine SFR, n&#233; de l'ambition orwellienne de J-M Messier, qui entendait, avec Vivendi Universal, fonder un trust ma&#238;trisant tous les supports de diffusions et les contenus. Soulignons le r&#244;le sp&#233;cial de la grande distribution, d&#233;j&#224; &#224; l'oeuvre en 2004 (pour Lille 3000, Carrefour &#8220;remplace&#8221; Auchan, c'est ce qu'on appelle le &#8220;changement dans la continuit&#233;&#8221;). Selon les tenants de la &#8220;gouvernance&#8221; comme alternative &#224; la d&#233;mocratie, la grande distribution peut servir &#233;galement pour les projets pilote de &#8220;revitalisation&#8221; des banlieues ou des quartiers : les hypermarch&#233;s sont consid&#233;r&#233;s comme employeurs et lieux de sociabilit&#233; ; et certainEs &#233;luEs sont pr&#234;ts &#224; leur accorder des aides &#224; l'installation, renfor&#231;ant par l&#224;-m&#234;me des monopoles qui ne sont pourtant pas pour rien dans la d&#233;sertification des banlieues (moins de commerces de proximit&#233;s, vie sociale et associative difficile, obligation de s'orienter dans le sens des pouvoirs locaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de ces &#8220;partenaires&#8221; ne doit donc rien au hasard : il s'agit bien d'une id&#233;ologie, d'une &#8220;marque de fabrique&#8221; qui se renforce &#224; chaque &#8220;&#233;v&#232;nement&#8221;. Au total, plusieurs dizaines de sponsors priv&#233;s sont associ&#233;s &#224; Lille 3000. La culture est envisag&#233;e comme un espace de communication pour les marques. Chaque &#233;v&#232;nement de Lille 3000 sera l'occasion de faire la promotion d'une banque, d'une chaine d'hypermarch&#233;s, d'une multinationale de la restauration, etc. C'est l'av&#232;nement de la culture d'entreprise, avec au programme, l'exemple frappant de la Collection Fran&#231;ois Pinault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; bien des ann&#233;es que les entreprises ne m&#233;nagent pas leurs efforts pour acqu&#233;rir une l&#233;gitimit&#233; culturelle permettant de dissimuler la r&#233;alit&#233; capitaliste de leurs pratiques &#233;conomiques puis de conqu&#233;rir des parts de march&#233;. Cette strat&#233;gie fut longtemps l'apanage des grandes firmes, visant par l&#224; un public &#233;litiste, notamment &#224; travers l'art contemporain : ainsi le groupe Pernod-Ricard, un des premiers groupes mondiaux d'alcools, est-il devenu le premier acheteur de peinture d'avant-garde, avec l'ambition de se d&#233;faire de l'image populaire associ&#233;e &#224; ses ap&#233;ritifs, qu'il avait cultiv&#233;e jusqu'alors.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
De l'instrumentalisation de la culture &#224; la production d'une culture faite par et pour l'entreprise.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les ans, la fondation anglaise Art and Business remet des prix aux entreprises pour les r&#233;compenser de leur &#8220;partenariat avec les arts&#8221;. En 2003 par exemple, Unilever (bien connu des militantEs nordistes pour avoir jet&#233; &#224; la rue les ouvrierEs de Lever en 2003) fut r&#233;compens&#233;e, sous l'&#233;gide du groupe Total, pour avoir aid&#233; le Tate Gallery &#224; acqu&#233;rir une s&#233;rie de sculptures &#8220;percutantes&#8221; d'Anish Kapoor. Autre exemple, la soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; priv&#233;e Group 4, qui g&#232;re au Royaume-Uni des prisons pour mineurs sans-papiers, a ainsi &#233;t&#233; gratifi&#233;e d'un &#8220;Art and Business Award&#8221; pour avoir offert une initiation au th&#233;&#226;tre &#224; des enfants qu'elle maintenait sous &#233;crou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art est per&#231;u &#224; la fois comme vecteur de communication, outil de management interne, support indispensable de &#8220;l'&#233;ducation tout au long de la vie&#8221; mais aussi comme &#8220;n&#233;cessaire &#224; des performances &#233;conomiques durables&#8220;... Notons qu'en France l'Admical (Association pour le d&#233;veloppement du m&#233;c&#233;nat industriel et commercial, 1984) a vu son influence, et plus g&#233;n&#233;ralement celle des entreprises sur le champ culturel, d&#233;cupl&#233;e par la loi sur les fondations d'entreprises vot&#233;e en 2004 qui organise un v&#233;ritable transfert du financement de la culture du public au priv&#233; via des r&#233;ductions fiscales. De la m&#234;me fa&#231;on, pr&#233;sid&#233; par le prix Goncourt Jean-Christophe Ruffin, un jury a ainsi remis en 2004 le prix du m&#233;c&#233;nat culturel &#224; la fondation Ronald Mac Donald. La l&#233;gitimation des marques par les instances culturelles est donc bien avanc&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivions il y a deux ans qu' &#8220;&#192; la culture d'&#233;lites, r&#233;pondons par la culture des luttes !&#8221;. Plus que jamais, la culture qui nous est propos&#233;e et impos&#233;e par les gouvernantEs doit nous faire r&#233;agir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une conception autoritaire de la culture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lille 3000 est le parfait exemple de la mise sous tutelle de l'ensemble des moyens d'expressions culturelles, au service d'une politique pens&#233;e, d&#233;cid&#233;e, organis&#233;e en haut lieu, et impos&#233;e &#224; touTEs. Un amusement sous surveillance : amusez-vous quand on vous en donne l'autorisation ; amusez vous comme on vous le dit ; amusez vous, vous &#234;tes film&#233;Es ; Amusez-vous sans protester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lille 3000 profite aussi de la pr&#233;carit&#233; des acteurs et des actrices oeuvrant dans le secteur de la culture, pour imposer un mod&#232;le culturel unique. Pour nombre d'artistes ou d'associations locales, Lille 3000 est le point de passage oblig&#233; pour obtenir les moyens financiers n&#233;cessaires &#224; leur survie. Tr&#232;s insidieusement, en plus d'imposer les sources et les conditions de financement de la culture, Lille 3000 impose aussi les contenus &#224; aborder : il faudra parler de l'Inde, ou ne pas parler. Ainsi voit-on fleurir cours de danses et groupes de musiques indiennes, seules fa&#231;ons pour certainEs de tirer leur &#233;pingle du jeu. Et si vous voulez monter une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, vous seriez bien avis&#233;E qu'elle puisse avoir un lien avec le th&#232;me en question : par exemple, en programmant un Othello sauce curry au th&#233;&#226;tre du Nord, comme au bon vieux temps des colonies .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous il n'est pas question de contester les choix de tel pays ou de telle th&#233;matique de la f&#234;te et de syst&#233;matiquement d&#233;noncer une vision simpliste et touristique, imbib&#233;e de colonialisme. M&#234;me s'il semble qu'il faille pr&#233;senter l'Inde sous ses meilleurs atours, comme pourrait le faire n'importe quelle agence de voyage, certaines manifestations, dans les petits cin&#233;mas de Lille ou &#224; l'Univers, peuvent offrir des exemples qui lient la d&#233;couverte &#224; la solidarit&#233; (rencontres du th&#233;&#226;tre de l'Opprim&#233;, mise en avant de collectifs de photographes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, c'est donc tout un secteur qui se sent oblig&#233; de proposer des spectacles, expositions, et autres manifestations sur l'Inde, en esp&#233;rant r&#233;colter quelques subsides de cette course aux subventions. Les intermittent-te-s du spectacle, nagu&#232;re en lutte, sont donc d&#233;sormais tenus en laisse par le pouvoir qui profite pleinement de leur situation de pr&#233;carit&#233;. Lille 3000 exerce un monopole culturel total. Lille 3000 impose &#233;galement un certain mod&#232;le de pr&#233;sentation de la culture. Utilisant tous les moyens m&#233;diatiques possibles, le pouvoir local et ses sbires convoquent la population &#224; venir c&#233;l&#233;brer cette grand messe de la culture qu'ils ont choisie pour elle. Lille 3000 poursuit sa logique de consommation de la culture, en plus de sa marchandisation, dans sa dimension participative. ChacunE a sa place, les acteurs-trices d'un c&#244;t&#233;, les spectateurs-trices de l'autre, le tout sous haute surveillance polici&#232;re. Car il ne faudrait pas que le peuple s'empare de la rue et de la f&#234;te pour en faire autre chose que ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;. &#8220;Amusez vous, mais seulement quand, o&#249; et comment on vous le dit&#8221;. Dans sa forme m&#234;me, Lille 3000 a &#233;t&#233; inaugur&#233; par une &#8220;parade&#8221; qui n'est pas sans rappeler certains rites monarchiques : le peuple agglutin&#233; au pied des &#233;l&#233;phants, les dirigeants &#224; la tribune, sous l'&#339;il des cam&#233;ras. Le pouvoir local ne se contente pas de mettre en &#339;uvre sa conception autoritaire de la culture, il l'accompagne d'une politique r&#233;pressive contre les initiatives d'expression et d'organisation libres. Ainsi, pendant que la Brigade anti-tags efface toute expression dissidente sur les murs, les forces polici&#232;res se font un plaisir d'expulser syst&#233;matiquement les squats. Pendant la f&#234;te, les int&#233;r&#234;ts des bourgeoisES sont bien gard&#233;s et continueront de fructifier ! Eh oui, Lille aura bient&#244;t son casino, dans le tout petit carr&#233; de verdure qu'il restait au centre d'Eurallile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Adieu les arbres, voici enfin du pain et des jeux pour le peuple !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Justice juge la police...</title>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50">22 (d&#233;cembre 2006)</category>


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&lt;p&gt;Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamn&#233; le 23 novembre, &#224; 6 mois de prison avec sursis pour &#034;homicide involontaire&#034; un agent de la police aux fronti&#232;res (PAF), pour la mort d'un Ethiopien qu'il &#233;tait charg&#233; d'escorter lors de son expulsion en janvier 2003 &#224; Roissy (Val-d'Oise). Getu Hagos Mariame, 24 ans, devait &#234;tre expuls&#233; &#224; bord d'un avion en direction de l'Afrique du Sud. Ses protestations ont incit&#233; les policiers &#224; utiliser ce qu'ils nomment les &#034;gestes techniques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;22 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamn&#233; le 23 novembre, &#224; 6 mois de prison avec sursis pour &#034;homicide involontaire&#034; un agent de la police aux fronti&#232;res (PAF), pour la mort d'un Ethiopien qu'il &#233;tait charg&#233; d'escorter lors de son expulsion en janvier 2003 &#224; Roissy (Val-d'Oise). Getu Hagos Mariame, 24 ans, devait &#234;tre expuls&#233; &#224; bord d'un avion en direction de l'Afrique du Sud. Ses protestations ont incit&#233; les policiers &#224; utiliser ce qu'ils nomment les &#034;gestes techniques d'intervention&#034;, afin de le ma&#238;triser et de le r&#233;duire au silence. Maintenu compress&#233;, assis, le visage contre les genoux, trop longtemps, Hagos Mariame a fait un malaise. Hospitalis&#233; dans le coma, il est mort le lendemain. Pour le tenir pli&#233; sur son si&#232;ge, M. Dallier s'&#233;tait assis sur lui, selon des t&#233;moins, ce qu'il a toujours ni&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tribunal a reconnu la culpabilit&#233; d'Axel Dallier, 26 ans, le chef d'escorte, pour &#034;homicide involontaire&#034; en raison d'un &#034;manquement &#224; une obligation de prudence et de s&#233;curit&#233;&#034;. Dans ses motivations, le tribunal a consid&#233;r&#233; que le &#034;pliage&#034; prolong&#233;, qui avait entra&#238;n&#233; le malaise du jeune homme, &#034;ne correspondait pas &#224; un usage n&#233;cessaire et strictement proportionn&#233; de la violence&#034;, ainsi que le pr&#233;conise le code de d&#233;ontologie de la police. Les deux coll&#232;gues d'Axel Dallier ont &#233;t&#233; relax&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu'&#224; l'audience, le 28 septembre, la procureure, Nadine Perrin, avait demand&#233; la condamnation de principe d'Axel Dallier et de son coll&#232;gue Merwan Khelladi, 32 ans, sans demander de peine pr&#233;cise et tout en estimant &#034;qu'ils n'avaient pas transgress&#233; le r&#232;glement&#034;. Suspendus pendant 10 mois, les 3 policiers avaient &#233;t&#233; r&#233;int&#233;gr&#233;s dans un autre service de la PAF.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;...et le mouvement social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi 18 proc&#232;s qui se sont tenus &#224; Lille &#224; la suite du mouvement social du printemps 2006, on compte d&#233;j&#224; 5 condamnations au sursis (entre 2 et 3 mois). Des exemples pr&#233;cis t&#233;moignent d'une politique s&#233;curitaire qui se sert de l'arsenal l&#233;gislatif des derni&#232;res ann&#233;es : un &#233;tudiant, sans passif judiciaire, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 3 mois avec sursis (le procureur r&#233;clamait 4) pour jet de projectile pr&#233;sum&#233; sur les forces de l'ordre (accusation que l'&#233;tudiant nie formellement). La pr&#233;somption tenait sur un unique t&#233;moignage. C'est peu. Surtout que ce t&#233;moin, une commissaire qui dit l'avoir reconnu (alors qu'aucun CRS n'a corrobor&#233; le t&#233;moignage), a pr&#233;cis&#233; l'avoir d&#233;j&#224; vu auparavant dans les manifs et faire preuve d'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard des forces de l'ordre (tout en reconnaissant qu'elle ne l'avait jamais vu jeter quoi que ce soit).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoqu&#233; pour se soumettre &#224; un pr&#233;l&#232;vement ADN. Apr&#232;s 80 heures de TIG et une condamnation, le voici face au fichage, face au flicage ! Le refus de se soumettre &#224; ce pr&#233;l&#232;vement criminalise un peu plus les personnes. Chaque jour, la moindre arrestation vaut un fichage. Comme pour la loi sur la pr&#233;vention de la d&#233;linquance, ces proc&#232;s sont, pour l'Etat, un moyen de museler des personnes en col&#232;re et d'&#233;touffer toute volont&#233; de contestation sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Bienvenue au pays des nouveaux cow-boys</title>
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		<dc:date>2006-12-08T15:17:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50">22 (d&#233;cembre 2006)</category>


		<description>
&lt;p&gt;Les flics se rebiffent. Seraient-illes subitement anim&#233;Es d'une col&#232;re contre la politique du tout r&#233;pressif ? Dans une illumination soudaine, auraient-illes eu un soubresaut d'&#233;c&#339;urement face &#224; leur t&#226;che de pacificateurs dans les banlieues, de briseurs de gr&#232;ve, de chasseurs d'immigr&#233;Es, de pauvres et de squatteureuses ? En auraient-illes marre de jouer les preux chevaliers au service des propri&#233;taires, des patrons et de l'ordre des plus riches ? Ont-illes le blues ? Auraient-illes une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;22 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les flics se rebiffent. Seraient-illes subitement anim&#233;Es d'une col&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
contre la politique du tout r&#233;pressif ? Dans une illumination soudaine,&lt;br class='autobr' /&gt;
auraient-illes eu un soubresaut d'&#233;c&#339;urement face &#224; leur t&#226;che de&lt;br class='autobr' /&gt;
pacificateurs dans les banlieues, de briseurs de gr&#232;ve, de chasseurs&lt;br class='autobr' /&gt;
d'immigr&#233;Es, de pauvres et de squatteureuses ? En auraient-illes marre de&lt;br class='autobr' /&gt;
jouer les preux chevaliers au service des propri&#233;taires, des patrons et&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'ordre des plus riches ? Ont-illes le blues ? Auraient-illes une&lt;br class='autobr' /&gt;
envie collective de raccrocher les k&#233;pis, les tasers, de garer&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;finitivement les b&#233;tailleuses, de r&#233;clamer plus de justice sociale&lt;br class='autobr' /&gt; ?Bien s&#251;r que non, ce serait quelque part se renier. Et ce serait faire&lt;br class='autobr' /&gt;
de la politique. Un flic ne fait pas de politique il ob&#233;it, point barre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il joue au cowboy. Mais alors que veut la police ? Arr&#234;ter d'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
martyris&#233;e. Pouvoir taper, traquer, humilier tranquillement, sans &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
emmerd&#233;e, peinarde, ce serait le pied ! Merde, illes exercent un m&#233;tier&lt;br class='autobr' /&gt;
difficile ! Que la loi les prot&#233;ge un peu plus bon sang ! Asserment&#233;Es,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a ne suffit pas, il faut plus d'effectif, une prime de risque et une&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sence 24 heures sur 24 sur le terrain. Ouaw ! Des flics &#224; toute heure&lt;br class='autobr' /&gt;
du jour, partout, ce serait gigantesque. Et en grand, en &#233;norme, partout&lt;br class='autobr' /&gt;
peint en bleu marine sur les murs de la ville : &#034;Ferme ta gueule, on te&lt;br class='autobr' /&gt;
surveille merdeux !&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a a le m&#233;rite d'&#234;tre clair, la police est une victime. C'est bien&lt;br class='autobr' /&gt;
connu, depuis que le petit p&#232;re des bleus est &#224; l'Int&#233;rieur, elle n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
cess&#233; d'&#234;tre la cible de guet-apens, une proie livr&#233;e aux hordes de&lt;br class='autobr' /&gt;
jeunes d&#233;linquantEs barbares qui d&#233;ferlent sur les agents de la&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;publique d&#233;muni-e-s&#8230; Ouaw, vite, vite, envoyons l'arm&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La police vous parle, tous les soirs &#224; 20 heures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est facile de venir se plaindre, quand les m&#233;dias, tous les jours nous&lt;br class='autobr' /&gt;
abreuvent de discours partisans. 30 jeunes tapis dans les bosquets qui&lt;br class='autobr' /&gt;
tabassent des flics venus en amis &#224; Epinay sur Seine, 50 dans la cit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Orgement &#224; Strasbourg, quant aux &#233;v&#232;nements du quartiers des Musiciens&lt;br class='autobr' /&gt;
aux Mureaux, le communiqu&#233; du syndicat UNSA police braille &#034;Plusieurs&lt;br class='autobr' /&gt;
gardiens de la Paix, en service command&#233;, ont &#233;t&#233; victimes d'une l&#226;che&lt;br class='autobr' /&gt;
agression par jets de pierre de la part d'un groupe d'une centaine&lt;br class='autobr' /&gt;
d'individus&#034;&#8230;Partout, des violences &#034;gratuites et ill&#233;gitime&#034;, des&lt;br class='autobr' /&gt;
centaines de milliers de jeunes en surv&#234;tement et casquettes. L'image&lt;br class='autobr' /&gt;
est simpliste, populiste, s'appuie sur la peur communiqu&#233;e, histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
d'alimenter du m&#234;me coup la x&#233;nophobie ambiante. Difficile apr&#232;s &#231;a de&lt;br class='autobr' /&gt;
ne pas &#234;tre pris d'une s&#233;curite aig&#252;e. Par contre pas question, nulle&lt;br class='autobr' /&gt;
part, d'entamer un quelconque reportage digne de ce nom sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions sociales d'existence dans les ghettos du capital. Il faut&lt;br class='autobr' /&gt;
quand m&#234;me suivre ces affaires dans les jours qui suivent. Quand l'effet&lt;br class='autobr' /&gt;
spectacle est retomb&#233;. On apprend bri&#232;vement qu'aux Tarter&#234;ts &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Corbeil-Essonnes, les empreintes ADN retrouv&#233;es sur la bo&#238;te de pizza,&lt;br class='autobr' /&gt;
ayant pr&#233;tendument servi d'encas avant l'assaut des 30 &#224; 40 jeunes&lt;br class='autobr' /&gt;
rebelles ayant fondus sur les deux CRS fin septembre, ne correspondent&lt;br class='autobr' /&gt;
pas aux empreintes retrouv&#233;s sur les v&#233;hicules amoch&#233;s. Tout d'un coup,&lt;br class='autobr' /&gt;
le caract&#232;re pr&#233;m&#233;dit&#233; dispara&#238;t. On corrige &#224; peine, apr&#232;s s'en &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
servi &#224; tire-larigot. Et puis les trentaines d'agresseurs s'amenuisent&lt;br class='autobr' /&gt;
en une douzaine, les cinquantaines deviennent vingt et les centaines de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;linquant-e-s n'&#233;taient pas plus de trente. La malhonn&#234;tet&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
intellectuelle est de mise, partout.Le 9 novembre dernier, l'UNSA&lt;br class='autobr' /&gt;
police, syndicat affili&#233; PS, organise ses 4 malheureux rassemblements&lt;br class='autobr' /&gt;
simultan&#233;s. 120 policiers &#224; Lille, rassembl&#233;s devant la pr&#233;fecture, avec&lt;br class='autobr' /&gt;
une camionnette de l'UNSA qui passe Bella Ciao en fond sonore pour&lt;br class='autobr' /&gt;
demander plus d'effectifs. 120 policiers et 4 ou 5 m&#233;dias, venus relayer&lt;br class='autobr' /&gt;
une fois de plus les projets de soci&#233;t&#233; s&#233;curitaire (ils sont o&#249; tous&lt;br class='autobr' /&gt;
ces m&#233;dias dans les manifs de sans-papiers ?). La moquerie est totale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derni&#232;rement, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#224; cr&#233;&#233; des unit&#233;s de police&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les transports en commun et pour les h&#244;pitaux. Cela se rajoute &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
police ferroviaire, au flic r&#233;f&#233;rent dans les coll&#232;ges et les lyc&#233;es et&lt;br class='autobr' /&gt;
la police des fronti&#232;res. Ce que veulent les syndicats de police c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on donne les v&#233;ritables moyens &#224; ces politiques p&#233;tainistes, en&lt;br class='autobr' /&gt;
mettant les billes n&#233;cessaires aux intentions affich&#233;es. Nul doute que&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a viendra.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_491 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/P1010665.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 1.2 Mio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH141/P1010665-6dad6-34f41.jpg?1698136537' width='250' height='141' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-491 '&gt;&lt;strong&gt;Le chantier du nouveau commissariat &#224; Lille-sud
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Pen a d&#233;j&#224; gagn&#233; les &#233;lections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trois semaines plus tard l'UNSA devient&lt;br class='autobr' /&gt;
syndicat majoritaire, officiellement c'est un d&#233;saveu pour la politique&lt;br class='autobr' /&gt;
de Sarko&#8230; mais y'a qu'&#224; voir ce qu'ils r&#233;clament pour comprendre que&lt;br class='autobr' /&gt;
partout, on r&#233;clame des sh&#233;rifs, des supers flics omnipotents pour faire&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;gner l'ordre pur et dur. A la t&#233;l&#233; on entend parler un repr&#233;sentant&lt;br class='autobr' /&gt;
parisien du syndicat Alliance (l'autre grand syndicat, affili&#233; droite)&lt;br class='autobr' /&gt;
quant &#224; l'op&#233;ration surm&#233;diatis&#233;e aux Mureaux et les exactions&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;nonc&#233;es. On pleure la pr&#233;sence des m&#233;dias ayant fait foirer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'op&#233;ration et l'opprobre lanc&#233; sur les policiers. C'est vraiment&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;gueulasse. On consid&#232;re qu'il faut &#224; la t&#234;te des policiers de France&lt;br class='autobr' /&gt;
et de Navarre &#034;un vrai flic, d&#233;sint&#233;ress&#233; des int&#233;r&#234;ts politiques&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marre d'&#234;tre manipul&#233;Es &#224; des fins &#233;lectoralistes. Voil&#224; les grandes&lt;br class='autobr' /&gt;
lignes sont l&#224;, ce que veulent officiellement les flics, c'est pas faire&lt;br class='autobr' /&gt;
de la politique, &#231;a ils s'en foutent (soi-disant). Ce qu'ils veulent&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est l'ind&#233;pendance et la libert&#233;, deux valeurs tr&#232;s nobles qui veulent&lt;br class='autobr' /&gt;
dire arr&#234;tez de venir nous filmer, laissez nous tabasser&lt;br class='autobr' /&gt;
tranquille.C'est clair mais c'est carr&#233;ment d&#233;mago. Ce serait oublier&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'illes ne sont que des marionnettes des logiques en place, et ce&lt;br class='autobr' /&gt;
serait oublier pourquoi illes en sont venuE-s &#224; &#234;tre aussi nombreuseux&lt;br class='autobr' /&gt;
et toutEs-puissantEs. Et puis comme si ce n'&#233;tait pas politique de&lt;br class='autobr' /&gt;
nettoyer les centres-villes et de virer les immigr&#233;Es ! Concernant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'op&#233;ration &#034;nettoyage&#034; aux Mureaux, l'UNSA d&#233;signe quant &#224; elle les&lt;br class='autobr' /&gt;
fils du dispositif : &#034;l'UNSA police est surprise que l'on s'interroge&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#034;fuites&#034; et des reproches faits aux m&#233;dias d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sents,&lt;br class='autobr' /&gt;
cette fois-ci, sur l'op&#233;ration, alors que l'administration pratique&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis quelques ann&#233;es, une s&#233;lection habile de la m&#233;diatisation des&lt;br class='autobr' /&gt;
interventions de police qui a souvent, pour cons&#233;quence, une surench&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la recherche du sensationnel&#034;. Voil&#224; qui est clair et lucide.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vl&#224; la gueule de la d&#233;mocratie !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France la police nationale compte 150.000 personnes. Quant &#224; l'arm&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
on fr&#244;le les 400.000 unit&#233;s. Ca fait plus d'un demi-million de personnes&lt;br class='autobr' /&gt;
embauch&#233;es pour encadrer le reste de la population. Sans compter les&lt;br class='autobr' /&gt;
juges, les huissiers et autres garants de la &#034;justice&#034; instaur&#233;e par les&lt;br class='autobr' /&gt;
bourgeoisES qui nous commandent. Sans oublier les soci&#233;t&#233;s de s&#233;curit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
priv&#233;e, les matons et le reste du personnel p&#233;nitentiaire. C'est pas&lt;br class='autobr' /&gt;
mal. Objectif : surveiller, contr&#244;ler, punir au service des riches.&lt;br&gt;
Surveiller : Avec les lois vigipirates (Chev&#232;nement), s&#233;curit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;rieure (Perben) jusqu'au r&#233;cent-futur pr&#233;vention d&#233;linquance&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sent&#233; par le nouveau pr&#233;sidentiable de l'UMP, c'est des militaires&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les gares et les a&#233;roports, des fouilles au corps et de v&#233;hicules&lt;br class='autobr' /&gt;
sur claquement de doigts, des cam&#233;ras de surveillance sur les fa&#231;ades de&lt;br class='autobr' /&gt;
particuliers, des unit&#233;s sp&#233;ciales toujours plus violentes et cagoul&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
des effectifs d&#233;cupl&#233;s et des quadrillages de quartiers entiers.&lt;br&gt;
Contr&#244;ler : c'est des guet-apens aux immigr&#233;s dans les h&#244;pitaux,&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;fectures et manifestations et des chasses &#224; l'Homme sur Calais depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
la fermeture de Sangatte, pour exploser les objectifs de reconduite &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
fronti&#232;re. Des provocations aux d&#233;lits, des op&#233;rations commandos sous&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#339;il m&#233;diatique, des contrats de s&#233;curit&#233; locaux pass&#233;s avec la mairie&#8230;&lt;br&gt;
Punir : c'est toujours plus de comparutions imm&#233;diates, des peines&lt;br class='autobr' /&gt;
renforc&#233;es pour &#034;r&#233;bellion&#034; et atteintes sur les forces de la s&#233;curit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
publique. C'est toujours plus de flics asserment&#233;Es qui se couvrent les&lt;br class='autobr' /&gt;
unEs les autres, des flics de plus en plus z&#233;l&#233;Es qui ne cachent pas&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'illes font ce qu'illes veulent, te collent le d&#233;lit qu'illes veulent&lt;br class='autobr' /&gt;
et qu'on sera forc&#233;ment amen&#233;Es &#224; se revoir apr&#232;s 2007&#8230; Sans oublier&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enrichissement perp&#233;tuel de l'arsenal r&#233;pressif. Ah &#231;a c'est fou comme&lt;br class='autobr' /&gt;
illes en ont de l'imagination pour faire mal ! Le dernier petit bijou en&lt;br class='autobr' /&gt;
date, le taser, petit engin qui t'envoie une d&#233;charge de 50.000 volts&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la tronche et qui a d&#233;j&#224; fait plus d'une centaine de morts aux&lt;br class='autobr' /&gt;
Etats-Unis&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le b-a-ba de la s&#233;curit&#233; de touTEs quoi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233; d&#233;rapage en d&#233;rapage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ah c'est vraiment regrettable les bavures&#8230;mais c'est les al&#233;as du boulot&lt;br class='autobr' /&gt;
quoi, c'est pas facile tous les jours. Mais c'est quand m&#234;me toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
les m&#234;mes qui en prennent plein la tronche ! Que ce soit Malik&lt;br class='autobr' /&gt;
Oussekine, molest&#233; &#224; mort par la police en 1986, lors d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
manifestation contre la loi Devaquet ou plus r&#233;cemment la mort de Ziad&lt;br class='autobr' /&gt;
Benna et Bouna Traor&#233; &#224; Clichy sous Bois, que les flics se sont gauss&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
d'avoir laisser mourir dans un g&#233;n&#233;rateur EDF, on ne peut pas dire que&lt;br class='autobr' /&gt;
lorsqu'on l&#226;che la bride aux molosses ils y aillent avec le dos de la&lt;br class='autobr' /&gt;
cuill&#232;re. Et la liste des bavures est non exhaustive. Tranquillos les&lt;br class='autobr' /&gt;
poulets, forc&#233;ment, de toute fa&#231;on qui repr&#233;sente la justice ?&#8230; Si y'a&lt;br class='autobr' /&gt;
des morts c'est bien que tout ces genTEs ont des choses &#224; se reprocher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rappel, le bataillon de voltigeurs1 responsable de la mort de Malik&lt;br class='autobr' /&gt;
a &#233;t&#233; dissous&#8230; et ce sont les m&#234;mes unit&#233;s qui forment aujourd'hui notre&lt;br class='autobr' /&gt;
B.A.C &#224; fleurs. Les deux policiers responsables de la mort de Malik ont&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; 2 et 5 ans de prison avec sursis et en interne, l'un a&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; mut&#233;, l'autre mis en retraite anticip&#233;e. A titre de comparaison,&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui, on risque 20 ans de prisons pour violence sur agent de la&lt;br class='autobr' /&gt;
force publique&#8230;La force publique ! Rien que l'expression est &#224; mourir de&lt;br class='autobr' /&gt;
rire. &#231;a veut dire la police de nous touTEs quoi, la police du peuple,&lt;br class='autobr' /&gt;
la police d&#233;mocratique, en fait&#8230; Mais c'est stupide, il y a&lt;br class='autobr' /&gt;
contradiction, il n'existe aucune police d&#233;mocratique ! Et tout les&lt;br class='autobr' /&gt;
trips &#034;police de proximit&#233;, de dialogue, &#224; cheval et avec une couronne&lt;br class='autobr' /&gt;
de fleurs autour&#034; n'y changeront rien. La police ob&#233;it &#224; son ma&#238;tre. A&lt;br class='autobr' /&gt;
travers son omnipr&#233;sence dans le moindre recoin de nos vies, elle est le&lt;br class='autobr' /&gt;
garde-fou des int&#233;r&#234;ts du pouvoir, de l'Etat dont on continue de&lt;br class='autobr' /&gt;
mythifier la fonction de d&#233;fenseur de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#8230;Il serait de&lt;br class='autobr' /&gt;
temps de remettre ces quelques donn&#233;es dans des termes plus objectifs,&lt;br class='autobr' /&gt;
et retrouver le chemin de la lutte des classes pour se rendre compte que&lt;br class='autobr' /&gt;
la police n'est qu'un parasite social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fichage ADN : un pas de plus vers le flicage total</title>
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		<dc:date>2006-12-08T15:11:25Z</dc:date>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50">22 (d&#233;cembre 2006)</category>


		<description>
&lt;p&gt;Proc&#232;s de militantEs et refus de pr&#233;l&#232;vement Avec les proc&#232;s de Bernard Coquelle ou de Benjamin Deceuninck pour avoir refuser le pr&#233;l&#232;vement ADN apr&#232;s une premi&#232;re condamnation pour fauchage d'OGM, on parle de plus en plus du fichage g&#233;n&#233;tique. Au del&#224; des faucheurs/ses, ce sont des militant-e-s anti CPE, anti pub, etc. qui ont eu droit &#224; cette double peine, l'un des premiers dans cette liste ayant &#233;t&#233; Charles Hoareau de la CGT ch&#244;meurs de Marseille. Cependant, il ne faudrait pas voir le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;22 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proc&#232;s de militantEs et refus de pr&#233;l&#232;vement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec les proc&#232;s de Bernard Coquelle ou de Benjamin Deceuninck pour avoir refuser le pr&#233;l&#232;vement ADN apr&#232;s une premi&#232;re condamnation pour fauchage d'OGM, on parle de plus en plus du fichage g&#233;n&#233;tique. Au del&#224; des faucheurs/ses, ce sont des militant-e-s anti CPE, anti pub, etc. qui ont eu droit &#224; cette double peine, l'un des premiers dans cette liste ayant &#233;t&#233; Charles Hoareau de la CGT ch&#244;meurs de Marseille. Cependant, il ne faudrait pas voir le fichage g&#233;n&#233;tique comme une arme contre les seulEs militantEs. Ce sont en effet les ''classes dangereuses'', c'est-&#224;-dire les pauvres qui sont, comme d'habitude, les v&#233;ritables cibles. Un simple vol, une fraude r&#233;p&#233;t&#233;e dans les transports en commun peut entra&#238;ner en plus d'une condamnation au pr&#233;l&#232;vement g&#233;n&#233;tique. De plus en plus, les flics pr&#233;l&#232;vent l'ADN sur les lieux o&#249; des probl&#232;mes se sont pos&#233;s, il faut bien alors comparer avec celui des ''populations &#224; risque''. Ainsi, 1 230 traces d'ADN ont &#233;t&#233; relev&#233;es lors de la r&#233;volte des quartiers populaires de l'hiver 2005 et on se souvient de la ridicule affaire de l'ADN des pizzas abandonn&#233;es pr&#232;s de l'endroit o&#249; un flic s'est fait tabasser aux Tarter&#234;ts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus du soutien on ne peut plus l&#233;gitime aux militant-e-s doublement condamn&#233;s (voire multiplement car chaque proc&#232;s pour refus a un coup qui plombe consid&#233;rablement les comptes des individuEs et des organisations), il ne faudrait pas oublier les anonymes, celles et ceux qui n'auront jamais de comit&#233; de soutien, qui n'auront jamais un Jos&#233; Bov&#233; de service, celleux qu'on veut un peu plus enfoncer dans la mis&#232;re et le silence. Ainsi, Chlo&#233;, d&#233;j&#224; condamn&#233;e pour vole a l'&#233;talage et r&#233;bellion passe en proc&#232;s d&#233;but janvier &#224; Rennes pour avoir refus&#233; de donner son ADN.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du flicage g&#233;n&#233;ralis&#233; au flic dans la t&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'introduction du fichage ADN est &#224; mettre en parall&#232;le avec toutes les mesures de surveillance (vigipirate, g&#233;n&#233;ralisation de la vid&#233;o surveillance, etc.). On peut r&#233;sumer l'aggravation des techniques de contr&#244;le comme le fait Meryem Marzouki, pr&#233;sidente de l'association Iris (protection des libert&#233;s dans l'usage d'Internet) : &#034;Le principe est simple : on profite d'un contexte &#233;motionnel fort (attentat terroriste, meurtres en s&#233;rie) pour cr&#233;er un fichier. Une fois l'instrument en place, il suffit d'&#233;tendre sa finalit&#233; par petites touches. L'opinion est plus sensible &#224; la victime qu'au citoyen....'' Peu &#224; peu, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, les outils de contr&#244;le sont maintenus et g&#233;n&#233;ralis&#233;s &#224; presque touTEs. Ainsi le FNAEG (fichier national automatis&#233; des empreintes g&#233;n&#233;tiques) grossit &#224; tr&#232;s vive allure ( 2 100 r&#233;f&#233;rences en 2002, 40 000 en 2004, 283 000 en 2006 !). Loin des violeurs ou tueurs en s&#233;rie initiaux, on fiche celles et ceux qui ont commis presque tous les d&#233;lits possibles et imaginables (sauf, &#244; surprise, les d&#233;lits financiers !) et m&#234;me celleux qui sont simplement suspect&#233;s (163 000, soit plus de 57% du FNAEG). Cela ne suffit pas encore &#224; nos ch&#232;res autorit&#233;s qui veulent rattraper la Grande Bretagne et ses 5 millions de profils enregistr&#233;s soit 5% de la population britannique. Outre Manche, on a ainsi vu deux enfants de 12 ans fich&#233;s g&#233;n&#233;tiquement pour s'&#234;tre simplement amus&#233;s dans un arbre et avoir cass&#233; une ou deux branches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment ; le fichage g&#233;n&#233;tique s'inscrit dans la vaste op&#233;ration de flicage g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui s'abat sur le monde. D'ailleurs les lois liberticides que sont la LSQ de la gauche plurielle puis la LSI de Sarkozy comportent leur volant pr&#233;l&#232;vement d'ADN. D&#233;sormais, tout est ''fichable'' sans m&#234;me avoir commis un d&#233;lit. Ainsi le fichier ELOI comptabilisera les sans-papierEs en attente d'expulsion mais aussi celleux qui leur ont rendu visite en centre de r&#233;tention (des ''passeurs/ses potentiels'' ?). Sur la nouvelle carte d'identit&#233;, les empreintes digitales (avant les traces ADN ?) seront obligatoires... On l'a vu, le processus de g&#233;n&#233;ralisation est toujours le m&#234;me. Nous ne sommes d&#233;sormais plus surpris de croiser un flic ou un bidasse &#224; chaque coin de rue, une cam&#233;ra &#224; tout bout de champs... On nous conditionne d&#233;sormais pour trouver normal le fichage g&#233;n&#233;tique ou non. Et puis, c'est bien connu, &#171; on n'a rien &#224; se reprocher, nous ! &#187;. Pourtant c'est bien vers la normalisation et l'int&#233;riorisation du contr&#244;le que toutes ces mesures liberticides convergent. En effet, malgr&#233; toute la technologie mise en oeuvre, le traitement des donn&#233;es ne peut se faire qu'a posteriori et pas en temps r&#233;el. L'objectif est donc bien de cr&#233;er la peur, l'auto censure y compris dans des actions l&#233;gales de lutte ou de solidarit&#233; (Cf fichier ELOI), de ficher toutes les populations, bref de se cr&#233;er son propre flic dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vive l'arbitraire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce d&#233;lire s&#233;curitaire, on se trouve bien d&#233;pourvu, d'autant que, pour le FNAEG, les empreintes sont conserv&#233;es pendant 40 ans. C'est pourtant l&#224; le r&#244;le de la CNIL que de garantir les libert&#233;s individuelles, mais depuis 2004, elle n'est plus que consultative. D'ailleurs, quand elle &#233;met des avis d&#233;favorables, ''le gouvernement s'assoit dessus'' comme le reconna&#238;t l'avocat de la LDH. &#034;. Au sch&#233;ma de mise en place d'un fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;, il faut donc aussi ajouter la destruction progressive des organismes de contr&#244;le des contr&#244;leurs/ses comme on l'a vu avec la CNIL. Ils ne sont que des joujoux initiaux pour rassurer le bourgeois d&#233;mocrate. Une fois le flicage normalis&#233;, l'&#201;tat peut les &#233;vacuer p&#233;p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, malgr&#233; la pr&#233;tendue scientificit&#233; du dispositif de fichage ADN, il existe de r&#233;els risques de d&#233;rive. Des risques d'erreur, d'abord. Non seulement une personne peut se trouver &#224; tort sur le fichier, mais une trace d'ADN sur la sc&#232;ne d'un crime peut &#234;tre trompeuse. Un criminel ne peut-il &#234;tre porteur de l'ADN des personnes dont il a serr&#233; la main dans la journ&#233;e ?&#034;En effet, r&#233;pond F. P&#233;chenard. Tout comme les empreintes digitales, l'ADN est un &#233;l&#233;ment de l'enqu&#234;te, jamais une preuve suffisante. L'important, c'est l'interpr&#233;tation que l'on peut en faire.&#034; J-P Jean, magistrat p&#233;naliste, n'est pas si optimiste : &#034;L'infaillibilit&#233; scientifique de l'ADN impressionne fortement les jur&#233;s d'assises, et parfois &#224; tort.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_490 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/fichage.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 330 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L177xH250/fichage-8d90d-ab050.jpg?1698136537' width='177' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre d&#233;lire scientiste et privatisation du vivant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;, on le voit privil&#233;gie, pour le moment, une certaine cat&#233;gorie de population. Au total, l'&#201;tat veut faire passer les in&#233;galit&#233;s de classes et les possibles r&#233;voltes qui peuvent s'en suivre pour une sorte de maladie dans laquelle les oppressions multiples dont sont victimes les classes populaires n'auraient aucun r&#244;le. Ainsi, en Angleterre, Tony Blair relance l'une de ses croisades favorites : contre &#034;les comportements antisociaux&#034; et les incivilit&#233;s. Pour cela il a pr&#233;conis&#233; de contr&#244;ler les adolescentes enceintes pour que leurs futurs enfants ne deviennent pas &#034;une menace pour la soci&#233;t&#233;&#034;. Ainsi pendant leur grossesse, ces jeunes femmes pourraient &#234;tre contraintes d'accepter l'appui et les conseils de l'&#201;tat. Bref, on glisse joyeusement vers le d&#233;terminisme g&#233;n&#233;tique. On voit ce que pourrait donner le fichage g&#233;n&#233;tique quand il est coupl&#233; &#224; des extrapolations statistiques visant &#224; quantifier les ''comportements d&#233;viants''. C'est dans cette m&#234;me logique que le rapport B&#233;nisti (inspirateur de la loi Sarkozy de pr&#233;vention de la d&#233;linquance) pr&#233;d&#233;finissait les stigmates de la d&#233;linquance en fonction du comportement d&#232;s l'&#226;ge de trois ans en donnant comme circonstances aggravantes les origines &#233;trang&#232;res (l'usage d'une autre langue que le fran&#231;ais &#224; la maison pr&#233;disposant &#224; des comportements asociaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;lire s&#233;curitaire a aussi permis de cr&#233;er un march&#233; juteux. Alain Bauer, chantre de cette id&#233;ologie, potes du PS et ex chef d'une loge franc-ma&#231;onne, s'est largement rempli les poches avec sa soci&#233;t&#233; AB Associate pour vendre des Contrats Locaux de S&#233;curit&#233; cl&#233;s en mains aux mairies avec de beaux logiciels de quantification-invention des &#034;incivilit&#233;s en tout genre''. Le pr&#233;l&#232;vement ADN, d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; des entreprises priv&#233;es pour environs 500 euros le fichage va encore renforcer les possibilit&#233;s de ce march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, que vont devenir les empreintes puisqu'elles sont stock&#233;es entre 25 et 40 ans, soit largement le temps de remanier la l&#233;gislation ? Contrairement aux empreintes digitales, l'ADN contient une masse d'informations qui dit presque tout de nous. On peut conna&#238;tre ainsi le groupe ethnique, les maladies cong&#233;nitales, la s&#233;ro-positivit&#233;, etc. On imagine que des employeurs/ses, des compagnies d'assurance, etc. sont avides d'acc&#233;der &#224; ce type d'information. On nous garantie que la loi emp&#234;che cela, mais comme on l'a vu, la loi varie. D'ailleurs, un &#201;tat am&#233;ricain a d&#233;j&#224; vendu &#224; une compagnie d'assurance ses pr&#233;l&#232;vement g&#233;n&#233;tiques. Cette vente n'&#233;tait qu'une oeuvre de charit&#233; bien entendue et il n'y a aucun risque d'utilisation de ce fichier par la dite compagnie. Ah, ce qu'on est rassur&#233;. On le sera tout autant quand on organisera de grandes foires &#224; l'ADN pour financer les anti d&#233; presseurs d'une population flipp&#233;e d'&#234;tre fliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous ne pouvons que soutenir et participer &#224; la solidarit&#233; collective aupr&#232;s des personnes qui refusent le pr&#233;l&#232;vement ADN et pas seulement les militantEs. Au del&#224;, c'est contre tout le syst&#232;me s&#233;curitaire qu'il convient de se battre. Rappelons-le, ce contr&#244;le g&#233;n&#233;ralis&#233; n'a qu'un but, &#233;touffer toute vell&#233;it&#233; de r&#233;volte contre les oppressions de toute sorte et en particulier celles de l'&#201;tat et du capitalisme. Cependant, c'est aussi aux racines de cette exploitation et de la mis&#232;re qu'elle g&#233;n&#232;re qu'il faut s'attaquer sous peine de se battre contre le vent. Pour sortir de la mis&#232;re et du flicage, c'est tout le syst&#232;me qu'il faut d&#233;truire. Seule alors une r&#233;volution d'organisation libertaire permettra d'assurer l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et sociale tout en &#233;vitant de cr&#233;er un nouveau totalitarisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Oaxaca... 30 ans avant</title>
		<link>https://lille.cybertaria.org/spip.php?article877</link>
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		<dc:date>2006-12-08T15:03:55Z</dc:date>
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<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50">22 (d&#233;cembre 2006)</category>


		<description>
&lt;p&gt;En 1977, un conflit au d&#233;part universitaire s'&#233;tend &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; du Oaxaca. D'autres probl&#232;mes sociaux, syndicaux, agraires et politiques &#233;taient en effet en jeu : conflit syndical des entreprises Oaxaca-Pacifique et Estrella del Valle o&#249; il existait une gr&#232;ve, augmentations du tarif des transports publics dans l'Isthme, arrestation de dirigeants paysans et urbains, etc. Une situation dans laquelle il &#233;tait impossible de gouverner d&#233;g&#233;n&#233;ra en une situation de forte division (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;22 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1977, un conflit au d&#233;part universitaire s'&#233;tend &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; du Oaxaca. D'autres probl&#232;mes sociaux, syndicaux, agraires et politiques &#233;taient en effet en jeu : conflit syndical des entreprises Oaxaca-Pacifique et Estrella del Valle o&#249; il existait une gr&#232;ve, augmentations du tarif des transports publics dans l'Isthme, arrestation de dirigeants paysans et urbains, etc. Une situation dans laquelle il &#233;tait impossible de gouverner d&#233;g&#233;n&#233;ra en une situation de forte division sociale. Le gouverneur Manuel Zarate choisit alors la mani&#232;re forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1977, une manifestation fut r&#233;prim&#233;e &#224; Juchit&#225;n. Plusieurs paysans furent assassin&#233;s. A San Juan Lalana, la police d'&#233;tat assassina des paysans qui protestaient face &#224; la prison municipale suite &#224; l'arrestation de plusieurs habitants du village. Face &#224; la situation chaotique existante dans l'&#233;tat du Oaxaca, le Congr&#232;s f&#233;d&#233;ral envoya une Commission de L&#233;gislateurs pour mieux conna&#238;tre la situation. Le 2 mars 1977, alors que cette Commission se trouvait encore au Oaxaca, une manifestation d'&#233;tudiants et de travailleurs fut r&#233;prim&#233;e par la police qui tira de mani&#232;re sans discrimination sur les manifestants. Il y eut deux morts et une douzaine de bless&#233;s par balles. Le 3 mars 1977, la ville fut pratiquement occup&#233;e par l'arm&#233;e. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral obligea le gouverneur &#224; d&#233;missionner ainsi qu'aux recteurs universitaires de l'&#233;poque. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral nomma alors un gouverneur provisoire au sein de la Chambre des d&#233;put&#233;s, le G&#233;n&#233;ral Eliseo Jim&#233;nez Ruiz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci venait de soumettre la gu&#233;rilla de Lucio Caba&#241;as dans l'&#233;tat voisin du Guerrero. Il appliqua alors &#224; Oaxaca une partie de ses m&#233;thodes, en particulier un appareil r&#233;pressif para-militaire connu sous le nom de &#034;Brigade Blanche&#034; (particuli&#232;rement active en 1977, 1978 et 1979) et qui poursuivait les personnes suppos&#233;ment &#034;subversives&#034; dans tout le territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de personnes furent arr&#234;t&#233;es de mani&#232;re ill&#233;gale ; certaines furent ex&#233;cut&#233;es et d'autres restent disparues. Ces faits font partie de ce que l'on a coutume d'appeler la &#034;guerre sale&#034; (dans les ann&#233;es 60 et 70).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>A Oaxaca, la r&#233;volution s'organise depuis longtemps d&#233;j&#224;</title>
		<link>https://lille.cybertaria.org/spip.php?article876</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lille.cybertaria.org/spip.php?article876</guid>
		<dc:date>2006-12-08T14:51:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50">22 (d&#233;cembre 2006)</category>


		<description>
&lt;p&gt;1. D'une gr&#232;ve r&#233;formiste &#224; une nouvelle insurrection &lt;br class='autobr' /&gt;
En mai 2006, des professeurs de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de Oaxaca d&#233;clenchent une gr&#232;ve :illes r&#233;clament une augmentation de salaire, des aides mat&#233;rielles, comme des petits d&#233;jeuners et un transport gratuit pour les enfants, et s'opposent &#224; la r&#233;forme, qui pr&#233;voit, outre la privatisation de l'&#233;ducation, une n&#233;gation de l'apprentissage de l'histoire pr&#233;-colombienne du pays. Face au m&#233;pris affich&#233; par le gouverneur de l'&#201;tat (Ulises Ruiz, membre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;22 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/IMG/logo/arton876.jpg?1165589593' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;278&#034; height=&#034;555&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. D'une gr&#232;ve r&#233;formiste &#224; une nouvelle insurrection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2006, des professeurs de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de Oaxaca d&#233;clenchent une gr&#232;ve :illes r&#233;clament une augmentation de salaire, des aides mat&#233;rielles, comme des petits d&#233;jeuners et un transport gratuit pour les enfants, et s'opposent &#224; la r&#233;forme, qui pr&#233;voit, outre la privatisation de l'&#233;ducation, une n&#233;gation de l'apprentissage de l'histoire pr&#233;-colombienne du pays. Face au m&#233;pris affich&#233; par le gouverneur de l'&#201;tat (Ulises Ruiz, membre du PRI - Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel) &#224; leur encontre, des milliers de professeurs bloquent les rues de Oaxaca le 22 mai. Le zocalo (place centrale de la ville) est occup&#233;e , les gr&#233;vistes soutenu-e-s par une partie de la population y installent des campements . Comme &#224; son accoutum&#233;e, le gouvernement mexicain r&#233;pond au peuple dans la rue par une r&#233;pression violente. Le 14 juin, il envoie un contingent de plusieurs milliers de policiers arm&#233;s, esp&#233;rant noy&#233; dans la terreur la lutte qui commence &#224; s'organiser. C'est le contraire qui arrive : la population se solidarise massivement avec les gr&#233;vistes, la police ne parvient pas &#224; faire &#233;vacuer le centre-ville. Suite aux bavures commises, Ruiz pr&#233;tend finalement accepter de n&#233;gocier avec les gr&#233;vistes, mais c'est d&#233;j&#224; trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin, l'APPO (Assembl&#233;e Populaire des Peuples de Oaxaca) est cr&#233;e. Elle r&#233;unit plus de 300 organisations (paysannes, indig&#232;nes, &#233;tudiantes, syndicats, etc).&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, la lutte s'&#233;tend &#224; toute la r&#233;gion. De nombreuses municipalit&#233;s se d&#233;clarent autonomes et autog&#233;r&#233;es. Des manifestations rassemblant des dizaines de milliers de personnes sont organis&#233;es. La ville de Oaxaca est assi&#233;g&#233;e par la population, des barricades sont mises en place, les b&#226;timents institutionnels sont occup&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La revendication principale (mais pas unique) de l'APPO est la destitution du gouverneur Ruiz, soup&#231;onn&#233; de corruption &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne recevant comme r&#233;ponse qu'une r&#233;pression sanglante, accompagn&#233;e d'une campagne de diffamation men&#233;e par la majorit&#233; des m&#233;dias mexicains, l'APPO fait sienne Radio Universidad, la radio de l'universit&#233; autonome Benito Juarez de Oaxaca,. Afin de tenir informer le plus grand nombre possible, elle investit &#233;galement des radios et t&#233;l&#233;visions gouvernementales et/ou commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_487 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/tagOaxaca.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 32.4 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH167/tagOaxaca-e080b-8bb0c.jpg?1698136537' width='250' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre, un membre d'Indymedia New York qui se trouve sur place est assassin&#233; par la police, fait qui est bien plus relay&#233; par les m&#233;dias internationaux que la lutte men&#233;e par les peuples de Oaxaca depuis des mois. Ceci sert de pr&#233;texte au gouvernement pour envoyer sur place plus de 4000 membres de la PFP (Police f&#233;d&#233;rale de pr&#233;vention) afin de &#171; r&#233;tablir l'ordre &#187;. Apr&#232;s deux jours de lutte acharn&#233;e, le zocalo est vid&#233; de ses campements, les lutteur-e-s se retranchent dans les locaux de l'universit&#233;, o&#249; la radio continue de transmettre les informations et demandes d'urgence tels que m&#233;decins, besoin de renfort sur une barricade, etc, ainsi que les messages de soutien qui affluent d'un partout dans le monde. La PFP tente d'investir l'universit&#233;, mais 50 000 r&#233;sistant-e-s lui font face, soutenu-e-s par le recteur, seul l&#233;galement habilit&#233; &#224; autoriser l'entr&#233;e des forces de police dans l'enceinte des locaux universitaires. Radio Universidad fonctionne jusqu'au 29 novembre, prot&#233;g&#233;e par la derni&#232;re barricade en place &#224; Oaxaca, dont la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre Cinco Se&#324;ores, devenue &#171; barricade de la Victoire &#187;, qui se fait d&#233;membr&#233;e ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les marches massives qui se succ&#232;dent, s'ajoute &#224; la demande d'&#233;viction de Ruiz de son si&#232;ge de gouverneur de l'&#201;tat, celle du retrait de la PFP de Oaxaca, accus&#233;e de propager la terreur, de meurtres, emprisonnements, tortures, viols, enl&#232;vements, entres autres exactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les 10, 11 et 12 novembre &#224; lieu un congr&#232;s qui a pour objectif de constituer formellement l'APPO, c'est-&#224;-dire de d&#233;finir ses principes, programmes et statuts, d'&#233;lire son premier conseil (organe vou&#233; &#224; sa repr&#233;sentation et sa coordination) et mettre en &#339;uvre un plan d'actions &#224; court, moyen et long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre est marqu&#233; par l'anniversaire de la R&#233;volution de 1910 dans tout le pays. C'est &#233;galement une journ&#233;e d'actions de solidarit&#233; internationale, des rassemblements devant les ambassades et consulats du Mexique ont lieu un peu partout dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce m&#234;me jour, l'APPM (Assembl&#233;e Populaire des Peuples du Mexique) est constitu&#233;e. Elle regroupe une vingtaine d'assembl&#233;es populaires (dont celle de Oaxaca), ainsi que 75 organisations sociales et politiques (seuls sont exclus les groupes li&#233;s au PRI ou au PAN -Parti d'Action Nationale, dont sont membres Vincente Fox, le pr&#233;sident sortant, et Felipe Calderon, son successeur). Les premi&#232;res activit&#233;s de l'APPM au niveau national sont de soutenir le plan d'action de l'APPO (en organisant notamment une &#171; m&#233;gamarche &#187; en direction de Oaxaca), puis de participer au mouvement massif de protestation qui entoure l'investiture de Calderon dans ses fonctions de pr&#233;sident du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'autogestion comme mode d'organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est sans doute pas par hasard si tout a commenc&#233; en mai par une gr&#232;ve du corps enseignant. En effet, la section 22 , celle des profs de l'&#201;tat de Oaxaca, se tient en marge du SNTE (Syndicat national des enseignant-e-s). Ce dernier, proche des pouvoirs politiques, reproche d'ailleurs au gouvernement de mener des n&#233;gociations avec la section 22, qui ne jouit d'aucun statut juridique, alors que selon lui, seul l'organe syndical national est habilit&#233; &#224; repr&#233;senter et d&#233;fendre le corps enseignant. Suite aux menaces d'exclusion de la section 22, un front anti-SNTE s'est cr&#233;e parmi plusieurs associations de profs partout au Mexique, qui appelle &#224; quitter la SNTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rappelons que les membres de la section 22 s'opposent &#224; la politique de privatisation de l'&#233;ducation. Elle se bat pour une &#233;ducation libre et gratuite pour tou-te-s. De m&#234;me, elle s'oppose &#224; la n&#233;gation de l'apprentissage de l'histoire pr&#233;-colombienne, ainsi qu'&#224; la pr&#233;dominance de la langue espagnole dans les &#233;coles. L'&#201;tat de Oaxaca est celui qui comprend le plus d'indien-ne-s de tout le Mexique. On y parle 16 langues indig&#232;nes diff&#233;rentes. C'est une r&#233;gion tr&#232;s rurale. De ce fait, les villages sont particuli&#232;rement isol&#233;s. Lorsqu'un-e enseignant-e vient travailler dans une &#233;cole, cela implique le plus souvent pour lui-elle de s'&#233;loigner durant des semaines de ses proches et de tout autre lieu habit&#233; outre le village o&#249; se trouve l'&#233;cole. Les enseignant-e-s sont g&#233;n&#233;ralement bien vu-e-s des populations car, plut&#244;t de se faire l'&#233;cho des discours et politiques gouvernementaux, illes s'investissent dans la vie des communaut&#233;s, apprennent les langues indig&#232;nes, enseignent en retour &#224; lire, &#224; &#233;crire. La plupart d&#233;signent les enfants par le terme de compa&#324;eros-as, les traitant d'&#233;gal &#224; &#233;gal, avec la volont&#233; de construire avec eux le collectivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, on voit mieux pourquoi la population s'est rapidement et massivement jointe &#224; leur lutte lorsque la r&#233;pression a frapp&#233; celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On voit tr&#232;s rapidement se mettre en place un mode d'organisation autogestionnaire dans tous les domaines. La population se prend en main, des assembl&#233;es ouvertes ont lieu tous les jours, o&#249; chacun-e peut s'exprimer, dire pour quoi ille se bat et comment ille con&#231;oit la lutte et sa progression. Bien s&#251;r, les dirigeant-e-s syndicaux proches des partis politiques, habitu&#233;-e-s &#224; r&#233;fl&#233;chir et discourir sur leur conception de la soci&#233;t&#233;, tendent &#224; prendre plus souvent la parole, &#224; s'&#233;riger en leaders de l'APPO, passant parfois outre les d&#233;cisions prises par l'assembl&#233;e. Mais &#224; aucun moment, illes ne le deviennent vraiment, la conscience de participer &#224; un processus de d&#233;mocratie directe lors de ces assembl&#233;es quotidiennes est visible. La population veut reprendre le pouvoir que le gouvernement, &#224; l'&#233;chelle nationale, f&#233;d&#233;rale et locale, lui a &#244;t&#233;. Cette volont&#233; n'est pas nouvelle : la population mexicaine n'est pas dupe des mensonges et crapuleries perp&#233;tr&#233;s par ses dirigeant-e-s &#224; seule fin d'asseoir leur pouvoir. Il n'est pas anodin qu'elle ait d&#233;cr&#233;t&#233; que l'&#201;tat de Oaxaca n'existe plus &#224; ses yeux, qu'elle ait repris en main des municipalit&#233;s, qu'elle ait d&#233;cid&#233; l'occupation des institutions repr&#233;sentant les pouvoirs politique et juridique ( si&#232;ge du gouvernement f&#233;d&#233;ral, tribunal... ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une r&#233;flexion est amorc&#233;e sur un nouveau pacte social. Ce travail de r&#233;flexion et de proposition, entam&#233;e le 10 octobre, se prolonge par le moyen de tables de discussion et de dialogue, d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et de retour aux tables de discussion, jusqu'au congr&#232;s constituant de l'APPO. Environ 1500 personnes de tous horizons participent &#224; ce travail de r&#233;flexion. Les tables sont les suivantes : 1. Nouvelle d&#233;mocratie et gouvernabilit&#233; &#224; Oaxaca ; 2. &#201;conomie sociale et solidaire ; 3. Vers une nouvelle &#233;ducation &#224; Oaxaca ; 4. Harmonie, justice et &#233;quit&#233; sociale ; 5. Patrimoine historique, culturel et naturel de Oaxaca ; 6. Moyens de communication au service des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant le congr&#232;s constitutif de l'APPO, ces id&#233;es sont reprises et discut&#233;es. .A travers les questions discut&#233;es, on voit clairement poindre la volont&#233; de renverser le syst&#232;me politique en place au profit d'une soci&#233;t&#233; plus &#233;galitaire. Il est aussi important de souligner la coh&#233;sion qui se construit entre les divers-e-s acteur-trice-s de la lutte, dont les int&#233;r&#234;ts ne sont pourtant pas toujours les m&#234;mes, notamment entre les communaut&#233;s indiennes et les forces d'opposition au capitalisme (communistes, libertaires). Les dissensions qui existent ne leur font pas perdre de vue qu'ils-elles ont un r&#233;el int&#233;r&#234;t commun &#224; construire ensemble une soci&#233;t&#233; plus juste et respectueuse de leurs individualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur mode d'organisation, les peuples de Oaxaca montrent qu'ils sont aptes &#224; assumer par leurs propres moyens les fonctions et les services essentiels de la vie sociale : l'approvisionnement et la distribution de la nourriture, des soins, l'ordre public et la justice, les transports et la propret&#233;, l'information, etc. Si des barricades sont &#233;rig&#233;es, qui n'emp&#234;chent d'ailleurs pas la libre circulation des personnes, si les institutions gouvernementales ne fonctionnent pas, si les touristes ne viennent plus (le tourisme est l'une des plus importantes mannes financi&#232;res de l'&#201;tat), en revanche, la vie suit son cours, les march&#233;s sont approvisionn&#233;s, la nourriture est distribu&#233;e dans les campements et les colonies (quartiers cr&#233;&#233;s &#224; partir de la concession de terrains par les habitant-e-s elleux&#8212;m&#234;mes), les transports publics fonctionnent, etc. Des commissions sont cr&#233;&#233;es par l'assembl&#233;e pour le bon fonctionnement de la ville : entres autres, commission de la sant&#233;, de l'hygi&#232;ne, des finances, de la logistique, de la presse, de la cuisine et de l'approvisionnement , commissions des brigades mobiles et de la surveillance, de la s&#233;curit&#233;. &#171; On apprend &#224; s'organiser pour manger, pour l'auto-d&#233;fense, pour les occupations, pour nos r&#233;coltes, pour construire un accord... C'est tout b&#233;nef, surtout si on d&#233;passe les discours sur la solidarit&#233; et le soutien mutuel pour en venir &#224; une pratique qui garantit notre survie &#187;, explique une membre de l'APPO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience n'est pas si nouvelle. Dans certains quartiers urbains comme dans les zones rurales, &#231;a fait bien longtemps que s'est d&#233;velopp&#233;e une d&#233;mocratie parall&#232;le pour contourner l'autoritarisme du PRI qui s&#233;vit depuis 1920. Par exemple, il est d'usage de participer au tequio (travail communautaire non r&#233;mun&#233;r&#233; servant les int&#233;r&#234;ts de la communaut&#233;), de pratiquer la guelaguetza ( acte de solidarit&#233; entre membres d'une communaut&#233;), pratiques qui sont reprises par les membres de l'APPO. La commission de s&#233;curit&#233; a &#233;t&#233; constitu&#233;e sur le mod&#232;le des topiles, ou plus pr&#233;cis&#233;ment de la police communautaire telle qu'elle existe dans le Guerrero ou au Chiapas parmi les zapatistes, ils ont &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s, ou plut&#244;t accept&#233;s (ce sont pour la plupart des volontaires) par l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; la Commune de Paris revient fr&#233;quemment dans les propos, on entend parfois parler de &#171; Commune de Oaxaca &#187;. Peut-&#234;tre serait-il plus juste de dire que le nouvel ordre social cr&#233;&#233; s'inscrit dans la continuit&#233; de la Commune de Paris par ses pratiques et ses objectifs d'autogestion, mais que les fondements sur lesquels il s'organise viennent de l'histoire du Mexique elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que la pr&#233;sence des communaut&#233;s indig&#232;nes n'est pas n&#233;gligeable, dans l'&#201;tat de Oaxaca, comme dans les &#201;tats voisins que sont le Guerrero et le Chiapas. Au sein de ces communaut&#233;s, les pratiques d'auto-organisation et de constitution d'un pouvoir populaire sont maintenues depuis des si&#232;cles. &#171; On voit donc que le peuple mexicain est apte au communisme parce qu'il l'a pratiqu&#233;, au moins en partie, durant des si&#232;cles, et cela explique que bien qu'analphab&#232;te en majorit&#233;, il comprenne qu'aux farces &#233;lectorales pour &#233;lire des bourreaux, il est pr&#233;f&#233;rable de s'emparer de la terre , et c'est ce qu'il fait au grand scandale des voyous de la bourgeoisie. &#187; (propos tenu en 1911 par Ricardo Flores Magon, r&#233;volutionnaire anarchiste et indig&#232;ne originaire de Oaxaca). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'APPO s'inscrit dans la ligne directe du CIPO-RFM (Conseil populaire des indig&#232;nes de Oaxaca -Ricardo Flores Magon), cr&#233;&#233; en 1997 et regroupant plusieurs dizaines de communaut&#233;s indig&#232;nes, des libertaires et des marxistes, suivant un mode d'organisation m&#233;langeant les pratiques et coutumes indig&#232;nes et libertaires et se revendiquant anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement important d'analyser la place et le r&#244;le tenus par les femmes, dont on a souvent tendance &#224; faire des m&#232;res-courage apportant la soupe (ou des pierres, selon les circonstances) aux jeunes qui tiennent les barricades, dans les chroniques relatant la situation. Il serait bon de rappeler que lorsque Radio Universidad se fait mitrailler, ce sont pas moins de 6000 femmes qui, arm&#233;es de casseroles, investissent la radio officielle du gouvernement f&#233;d&#233;ral (qu'elles rebaptisent pour l'occasion Radio casserole !) et tiennent t&#234;te durant 3 semaines &#224; la PFP qui tente de les en chasser. Ce sont elles encore qui, &#224; l'instar des Femmes Sans Peur au Guerrero, organisent des manifestations (parfois de nuit) pour d&#233;noncer les crimes commis par la PFP, en particulier les agressions sexuelles dont elles, ou leurs compa&#324;eras, sont victimes. Notons aussi qu'elles se battent pour que des questions telles que l'&#233;galit&#233; des genres et le droit &#224; la terre pour les femmes indig&#232;nes soient d&#233;battues en assembl&#233;es et pos&#233;es dans le programme de l'APPO (&#224; l'instar du CIPO-RFM qui se bat activement sur la question de l'antipatriarcat).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_489 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/blocLibertaierOaxaca.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 81.9 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH166/blocLibertaierOaxaca-f0969-db181.jpg?1698136537' width='250' height='166' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;3. Contexte social et politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour le droit &#224; la terre est tr&#232;s ancienne au Mexique. Depuis l'arriv&#233;e des colons espagnols au XVI&#232;me si&#232;cle jusqu'&#224; nos jours, les Indiens ne cessent de se voir voler leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les multinationales, comme partout ailleurs dans le monde, expulsent des communaut&#233;s et d&#233;vastent des r&#233;gions enti&#232;res pour installer des infrastructures polluantes. Une nouvelle &#233;tape est franchie avec le PPP (Plan Puebla Panama), pr&#233;sent&#233; en 2001 par le gouvernement mexicain pour &#171; permettre d'int&#233;grer l'Am&#233;rique centrale au march&#233; mondial &#187;. En r&#233;sum&#233; : constructions de r&#233;seaux autoroutiers et ferroviaires, d'a&#233;roports, de ports, d'ol&#233;oducs et gazoducs, de barrages hydro&#233;lectriques g&#233;ants (en grande partie destin&#233;s &#224; la consommation &#233;tats-unienne d '&#233;nergie), qui n&#233;cessitent de &#171; d&#233;placer &#187; des populations (en les expulsant de leur terre, en leur volant leur savoir sur les plantes m&#233;dicinales pour les breveter, avant de d&#233;truire la faune, voire de cr&#233;er de v&#233;ritables catastrophes &#233;cologiques). Ces populations rurales peuvent alors aller se faire exploiter (&#171; sortir de leur marginalit&#233; &#187; est l'expression employ&#233;e), dans les maquiladoras, ces usines qui poussent comme des champignons et o&#249; l'on fabrique &#224; la cha&#238;ne tout le n&#233;cessaire pour mener &#224; bien ce gigantesque chantier. Un plan bien ficel&#233;, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224;, les populations concern&#233;es refusent cette logique mercantile et destructrice. A Atenco (ville &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Mexico), par exemple, le FPDT (Front des Peuples en D&#233;fense de la Terre), lutte activement contre le projet de construction d'un a&#233;roport international et d'un vaste r&#233;seau autoroutier qui provoquerait l'expulsion de 4000 paysan-ne-s. En mai dernier, tandis que les enseignant-e-s de Oaxaca d&#233;butent leur gr&#232;ve, de violents affrontements ont lieu entre les communaut&#233;s d'Atenco et l'arm&#233;e, en raison de la construction d'un supermarch&#233; en lieu et place d'un march&#233; indig&#232;ne. Cette lutte contre l'expropriation est li&#233;e &#224; celle contre la politique lib&#233;rale du gouvernement qui favorise le fait que la population mexicaine soit une main d'oeuvre bon march&#233; et qui d&#233;truit les champs leur permettant de se nourrir par eux-elles-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ses voisins Chiapas et Guerrero, l'&#201;tat de Oaxaca est tr&#232;s pauvre. La population est majoritairement rurale et les communaut&#233;s indiennes repr&#233;sentent 60% de la population. Trois raisons suffisantes pour comprendre que la question du droit &#224; la terre y est fondamentale. Or, le PPP pr&#233;voit d'y construire un large couloir d'autoroutes et de voies de chemin de fer n&#233;cessitant des usines de montage, des lignes THT, etc, et de faire de l'isthme de Tehuantepec une alternative au canal de Panama. Ce qui impliquera... vous suivez la logique ? ! Et, comme par hasard, les principaux soutiens &#224; Ruiz viennent des investisseurs de ces chantiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le contexte &#233;lectoral n'est pas l&#224; pour rassurer la population. En juillet ont eues lieu les &#233;lections pr&#233;sidentielles qui opposaient Obrador (du PRD &#8211; Parti de la R&#233;volution D&#233;mocratique, issu d'une scission du PRI) &#224; Calderon (du PAN). Ce dernier est donn&#233; vainqueur, mais bien vite on constate que de nombreuses fraudes ont eues lieu, la plus flagrante d'entre elles &#233;tant que les candidats obtiennent plus de voix qu'il n'y a d'inscrit-e-s sur les listes. Un large mouvement de protestation &#224; l'investiture officielle de Calderon se met en branle. Obrador va m&#234;me jusqu'&#224; s'auto-d&#233;clarer pr&#233;sident &#171; l&#233;gitime &#187; du Mexique lors de la journ&#233;e &#224; grande valeur symbolique du 20 novembre. Et les d&#233;put&#233;s des deux partis, arm&#233;s de polochons, se battent les bancs et la tribune du Parlement, comptant l'occuper jusqu'&#224; l'investiture de Calderon, sous le regard effar&#233; des Mexicain-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu, l'APPO demande la destitution de Ruiz. Depuis son investiture en 2004, celui-ci s'arrange notamment pour confier les chantiers de r&#233;novation de la ville de Oaxaca (qui consistent principalement &#224; d&#233;truire des b&#226;timents et des arbres centenaires pour les remplacer par des blocs de b&#233;ton) &#224; ses proches, se mettant dans les poches une partie du financement allou&#233; par le gouvernement au passage. Le fait que Ruiz soit du PRI participe du mouvement pour sa d&#233;mission. En effet, lorsqu'en 1995, l'ancien gouverneur (lui aussi au PRI) reconna&#238;t l&#233;galement le syst&#232;me de d&#233;mocratie propre aux indig&#232;nes (mentionn&#233; plus haut), c'est surtout de crainte que le mouvement zapatiste qui &#233;clate au Chiapas ne se propage. En parall&#232;le, il met en place des caciques indig&#232;nes, esp&#233;rant par la m&#234;me occasion gagner leurs voix aux prochaines &#233;lections. Les caciques sont les vrais seigneurs de la r&#233;gion. S'ils ne sont pas officiellement nomm&#233;s &#224; la t&#234;te des institutions, ce sont bien eux qui les contr&#244;lent, en grandie partie par leur pouvoir financier et militaire. Ils emp&#234;chent par tous les moyens que ne soit r&#233;ellement appliqu&#233;e la nouvelle loi. La population indienne se rebellent alors. La r&#233;pression est brutale, les &#171; rebelles &#187; sont qualifi&#233;-e-s de &#171; terroristes &#187;, des dizaines d'entre eux sont assassin&#233;-e-s, d'autres croupissent encore aujourd'hui en prison. Le mouvement de r&#233;sistance actuel est intimement li&#233; &#224; celui d'il y a 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse gouvernementale &#224; toute tentative d'entraver ses manoeuvres est d'une violence singuli&#232;re et propre aux r&#233;gimes s&#233;vissant en Am&#233;rique latine. Les dirigeant-e-s n'h&#233;sitent pas &#224; envoyer la police, aussi bien nationale que f&#233;d&#233;rale, calmer les esprits un peu trop &#233;chauff&#233;s &#224; son go&#251;t. Celles-ci matraquent, tirent &#224; vue, enl&#232;vent et emprisonnent &#224; tour de bras. Dans les prisons, les actes de tortures (dont les viols) sont l&#233;gions. Lorsque &#231;a ne suffit pas, l'arm&#233;e, entra&#238;n&#233;e par les USA, vient filer un coup de main ; les ranjos envahissent les rues, les armes sont point&#233;es en direction de la population. Les h&#233;licos survolent la ville jour et nuit. Ou encore les escadrons de la mort, qui ne sont rien d'autres que des policiers en civil envoy&#233;s par les caciques et le gouverneur et qui tirent sur la population la nuit &#224; partir de camionnettes. Tout &#231;a sous l'oeil bienveillant de l'Union Europ&#233;enne, qui gagne des sommes colossales en exportant des armes vers le Mexique tout au long du mandat pr&#233;sidentiel de Fox.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celles et ceux qui luttent &#224; Oaxaca comme ailleurs au Mexique savent qu'ils encourent de grands risques. Les manifestations d&#233;g&#233;n&#232;rent en affrontements, la bonne vieille technique du flic en civil infiltr&#233; dans la manif qui chauffe la police s&#233;vit ici aussi. Sortir apr&#232;s le coucher du soleil revient &#224; risquer de se faire tirer dessus par les forces de l'ordre et les paramilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_488 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/megamarcha2.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 271 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH162/megamarcha2-9876a-d6da5.jpg?1698136537' width='250' height='162' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;4 . &#171; Tout le pouvoir au peuple &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est par ces mots que se termine le Manifeste de l'APPO, r&#233;dig&#233; le 30 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que va-t-il advenir &#224; Oaxaca ? L'APPO continue &#224; organiser d'&#233;normes manifestations dans Oaxaca, malgr&#233; l'omnipr&#233;sence de la PFP dans les rues de celle-ci. Radio Universidad &#233;met jusqu'au 29 novembre, relayant en suite via internet les informations qui d&#233;mentent les &#171; Tout est revenu au calme &#224; Oaxaca &#187; prof&#233;r&#233;s par Ruiz, visiblement pas d&#233;cid&#233; &#224; d&#233;missionner (&#171; Celui qui impose et retire, c'est Dieu &#187;, dit-il encore). Au sein de l'APPO, certain-es n&#233;gocient avec la PFP le d&#233;roulement des manifestations, d'autres (&#171; la base &#187;), ne s'en approchent que pour tenter de la faire d&#233;gager et profitent de chaque occasion pour tenter de r&#233;-occuper le zocalo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date d'investiture de Calderon se rapprochant, les diff&#233;rentes conceptions de la lutte pour la d&#233;mocratie apparaissent plus clairement. Il y a celleux qui se battent essentiellement pour que disparaissent les pratiques de fraudes et de corruption, soutenant dans leur majorit&#233; le combat juste que pr&#233;tendent mener Obrador et le PRD pour destituer Calderon. Il y a celleux qui soutiennent le projet d'une d&#233;mocratie participative, promouvant les initiatives populaires et l'organisation de r&#233;f&#233;rendums. Et puis il y a tou-te-s celleux qui sont pour l'autonomie, il n'y a qu'&#224; voir ses pratiques pour constater que ce sont les plus nombreu-se-s au sein de l'APPO. Sauront-illes continuer &#224; faire l'exp&#233;rience du nouvel ordre social qu'illes incarnent ? Si Ruiz venait &#224; &#234;tre limog&#233;, le sentiment de victoire sera-t-il plus fort, ou du moins plus largement partag&#233;, que celui que la lutte doit se poursuivre ? . Dans le manifeste de l'APPO comme lors des derni&#232;res manifestations, on voit bien que l'heure n'est pas au d&#233;couragement. Si l'action se concentre autour de la lib&#233;ration des prisonnier-e-s et l'arr&#234;t des violences polici&#232;res, l'APPO continue &#224; appeler &#224; la lutte &#224; l'&#233;chelle locale, nationale et internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que va-t-il advenir de l'APPM ? Puisque, dans l'id&#233;e de former une coalition alternative la plus large possible aux partis au pouvoir (PRI de 1920 &#224; 2000, et depuis PAN), les membres du PRD sont les bienvenus au sein de l'APPM, le risque existe que celle-ci ne se fasse manipul&#233;e en vue de n'&#234;tre principalement vou&#233;e qu'&#224; soutenir Obrador dans sa course pour le pouvoir. Celui-ci profite de la situation pour se d&#233;clarer &#171; proche du peuple &#187;, d&#233;noncer avec force d&#233;magogie la r&#233;pression qui s'est abattue &#224; Oaxaca &#224; cause de ses rivaux. Tout &#224; fait dans la lign&#233;e d'un Lula ou d'un Chavez. Rappelons que m&#234;me l'EZLN, qui avait d&#233;cid&#233; de baisser les armes pour mener &#224; travers tout le Mexique son &#171; Autre campagne &#187;, soi-disant non &#233;lectorale, a fini par appeler &#224; soutenir Obrador. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait cependant pr&#233;matur&#233; et vainement pessimiste d'enterrer les espoirs que suscitent la cr&#233;ation de l'APPM. L'un de ses principaux objectifs est quand m&#234;me, dans la lign&#233;e directe de l'APPO, de permettre l'existence d'assembl&#233;es &#171; pour retrouver les traditions collectives, communautaires et populaires, qui trouvent dans les assembl&#233;es l'expression la plus compl&#232;te et la plus d&#233;velopp&#233;e de la d&#233;mocratie directe &#187;. Des APP voient le jour toutes les semaines au Mexique. Comme au Chiapas, le 11 novembre, &#224; l'initiative de 25 organisations sociales. Comme &#224; Mexico le 26 novembre, o&#249; une banderole &#233;rig&#233;e sur le zocalo affirme : &#171; La d&#233;mocratie est morte. S'il n'y a pas de solution, ce sera la r&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est par ces mots que se termine le Manifeste de l'APPO, r&#233;dig&#233; le 30 novembre 2006&lt;/p&gt;
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