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[Lille] 18h : rassemblement pour L’Insoumise

place Rihour

samedi 14 janvier 2017 (18 h 00)


Communiqué du 12 janvier de L’Insoumise

Rassemblement ce samedi 14 janvier 2017 à 18h - Rihour


Venez, venez il y aura de la musique, du vin chaud, des prises de parole...et plus si affinités ;)

Voici un mot pour la fin de l’Insoumise :

L’Insoumise n’est plus au 10 rue d’Arras, L’Insoumise n’est plus. Le lundi 2 janvier, un incendie a endommagé tout le premier étage de la maison, qui était un appartement collectif. Une bonne partie du quartier a pu voir les fumées noires emporter ce que le feu avait consumé. Il est resté peu de choses des affaires des habitants mais, selon les pompiers, ni la toiture ni la structure de l’immeuble n’ont été touchées. La mairie de Lille, qui est propriétaire du bâtiment, a quand même décidé de murer les lieux le surlendemain sans se soucier de savoir ce qu’allaient devenir toutes celles et ceux qui dormaient là. La nuit du 4 janvier, il faisait –3°. Peu importe, Martine Aubry a bien dormi.

En-dessous de cette habitation, il y avait L’Insoumise. En septembre 2012, L’Insoumise avait été occupée pour qu’existe un espace autonome, un lieu qui ne dépendait pas du bon vouloir de la mairie, ni de ses subventions, et ne répondait pas à une logique de commerce. C’était un lieu où se réunir, discuter, échanger des infos, des livres, des brochures, faire des projections, des débats, sans avoir à en référer à une quelconque autorité. Pendant presque quatre ans et demi, plus de deux cents événements s’y sont déroulés. Au fur et à mesure, des gens se sont greffés au projet initial et sont venues y apporter leurs idées, l’ont soutenu et l’ont fait vivre. Il y a eu une bibliothèque gratuite, des cantines vegan à prix libre, des ateliers d’écriture, des répétitions de musique. Il y a eu des tonnes de rencontres, des assemblées de lutte, des réunions de collectifs. Il y a eu aussi des festivals, des concerts, des fêtes. Bref, ce que, collectivement, on a estimé propice à faire vivre la critique sociale.

L’Insoumise était occupée « sans droit ni titre », c’était un squat dans l’une des nombreuses propriétés que la mairie laisse vides en attendant de pouvoir bâtir ses projets de transformation urbaine. Son expulsion est plus que la fin d’une histoire collective. C’est l’un des effets de la volonté de la mairie et des promoteurs d’investir Moulins et d’en faire un quartier qui réponde aux exigences de la rentabilité, pour que prime la valeur marchande sur toute nécessité d’usage. L’objectif du projet est clair : changer Moulins, changer sa population, aseptiser le quartier pour que puissent monter les loyers. Avec son enfilade de maisons murées, l’entrée de la rue d’Arras est bien triste, comme est triste la vie qu’ils veulent nous organiser.

Ailleurs, à Moulins comme dans d’autres quartiers de Lille, d’autres lieux autogérés vivront. Tant que les logements seront des marchandises, il y aura des squats pour celles et ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas engraisser les propriétaires. Tant qu’il y aura des maisons vides, il y aura des lieux à occuper pour faire vivre des espaces autonomes.

L’Insoumise n’est plus, mais il y aura toujours des insoumis-es.


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