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[transmis] Expulsion imminente à Calais

lundi 26 mai 2014, par plancton


Maintenant ou jamais !

Tout le monde à Calais le 27 ou dès le 26 dans la nuit !!!!

Les auto­ri­tés ont décidé de détruire les trois camps majeurs des migrants de Calais qui abri­tent envi­ron 700 per­son­nes, avec pour seule pers­pec­tive pour ses habi­tants : une pilule contre la gale et la rue ! Hors de ques­tion de revi­vre les évènements de 2009 avec la des­truc­tion de la jungle afghane qui s’est soldée par l’arres­ta­tion de cen­tai­nes de migrants, leur pla­ce­ment en réten­tion dans toute la France et des ten­ta­ti­ves d’expul­sions vers l’Afghanistan. Hors de ques­tion que les 5 années de chasse à l’Homme qui se sont pas­sées depuis repar­tent à zéro et que la machine répres­sive se remette en marche de plus belle ! Plus jamais ça !

En sep­tem­bre der­nier, période annuelle de grand net­toyage maté­ria­li­sée par des rafles et des expul­sions inten­si­ves, les auto­ri­tés se sont heur­tées au cou­rage et à la déter­mi­na­tion de la com­mu­nauté syrienne de Calais qui, pour s’oppo­ser à cette répres­sion et à l’entrave de leur liberté, a orga­nisé la lutte en occu­pant le port trans­man­che. Certain-e-s d’entre nous se rap­pel­le­ront de ces images où l’on voit deux d’entre eux, sur le toit, mena­çant de se jeter dans le vide pour contrer la caval­cade de CRS déter­mi­nés à les expul­ser. Et les CRS de s’arrê­ter, les bras bal­lants, impuis­sants, spec­ta­teurs d’un cou­rage et d’une déter­mi­na­tion contre les­quels ils ne pou­vaient rien...

Ces réfu­giés syriens reven­di­quaient le droit d’aller et venir libre­ment dans ce monde, d’être trai­tés comme des êtres humains, et, s’ils n’ont pas eu la pos­si­bi­lité de passer en Angleterre, leur lutte a malgré tout porté ses fruits, et a abouti dans le visage des mul­ti­ples tentes du « syrian camp ». Baptisé ainsi en réfé­rence à cet épisode, il a pu tenir jusqu’à pré­sent avec une pres­sion poli­cière plus dis­crète condi­tion­née par la peur d’une nou­velle vague de contes­ta­tion radi­cale. C’est ce « syrian camp » et ses émules qui sont aujourd’hui mena­cés, mais aussi le cam­pe­ment sous le pont. Les érythréens, expul­sés mi-octo­bre de leur maison, ont décidé de créer un camp dans le contre­bas du bef­froi de l’hôtel de ville. Quel culot de venir se poser aux pieds de Bouchart, qui n’avait d’autre choix que de voir les consé­quen­ces inhu­mai­nes de sa poli­ti­que raciste.

Laisser ces camps être détruits en toute impu­nité serait une insulte à la mémoire de cette lutte exem­plaire pour laquelle des per­son­nes étaient prêtes à mourir. Laisser une vague de CRS pié­ti­ner en silence ces espa­ces de vie, de résis­tance, de soli­da­rité, c’est oublier ce pour­quoi ces syriens qui, pour beau­coup d’entre nous ont des visa­ges et des noms qui nous sont fami­liers, ont résisté, sont par­ve­nus à enrayer les méca­nis­mes de des­truc­tion et de déshu­ma­ni­sa­tion qu’ils subis­saient.

Nous devons rendre hom­mage à leur cou­rage et à leur déter­mi­na­tion ! Les syriens nous ont montré la voie, nous ont donné un aperçu très clair de la puis­sance du combat et de la peur que nous sommes tous et toutes capa­bles d’ins­til­ler chez nos oppres­seurs pour, pas à pas, gri­gno­ter du ter­rain. Ils ont pris tous les ris­ques et jusqu’au bout, ont montré qu’ils étaient prêts à payer le prix que le res­pect de leur dignité coû­te­rait.

Aujourd’hui dans ces camps ce sont des migrants de toutes natio­na­li­tés qui font vivre ces lieux de résis­tance au quo­ti­dien. Et nous devons nous battre pour pré­ser­ver ces espa­ces de luttes quand les auto­ri­tés n’ont pour seule obses­sion que de rendre invi­si­ble, détruire, har­ce­ler pour que les exilés deman­dent gen­ti­ment à ren­trer chez eux... Seule la lutte paie !

Nous appe­lons tout le monde à venir à Calais dès samedi pour défi­nir la stra­té­gie de lutte avec les migrant-e-s, mais aussi le 26 dans la nuit ou le 27 au petit matin pour résis­ter à l’expul­sion de ces camps ! Il fut un temps où nous étions isolé-e-s, impuis­sant-e-s face à la machine répres­sive, main­te­nant, après 5 ans de lutte, nous avons toutes les cartes en main pour être un réseau opé­ra­tion­nel, alors mobi­li­sons nous en force ! Venez lutter avec les migrant-e-s !

Il faut faire cra­quer les auto­ri­tés et c’est main­te­nant ou jamais !

L’expul­sion aurait lieu à 6h rue Lamy et 8h Quai de la batel­le­rie mardi matin, besoin de sou­tien avant, pen­dant et après, les jours sui­vants l’expul­sion pro­met­tent d’être char­gés


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