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[Lille] 14h30 : contre la réforme du collège

mercredi 15 avril 2015 (00 h 00)


Voir en ligne : http://www.cnt-f.org/59-62/?p=16056

Mercredi 15 avril à Lille

Rassemblement contre la réforme du collège

Un projet de réforme du collège a été présenté en Conseil des ministres le 11 mars 2015.

Ce projet est néfaste aussi bien pour les élèves que pour les personnels :
aggravation de la déréglementation et accroissement des inégalités scolaires (sous couvert d’autonomie des établissements), explosion de la charge de travail, accentuation de la concurrence, de la hiérarchie et de la flexibilité pour les personnels, soumission des parcours scolaires de la grande majorité des élèves aux desiderata des entreprises locales, etc.

Pour protester contre ce projet (et contre les projets de circulaires d’application du décret régissant les nouveaux statuts des enseignant-e-s du second degré pour la rentrée 2015), le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNUEP-FSU, la CGT éduc’action, la CNT éducation et SUD éducation appellent à un rassemblement mercredi 15 avril à 14h30 sur la Grand’place de Lille.

Analyse du projet de loi et revendications de la CNT éducation :
Nouvelles modalités d’enseignement

Projet de loi :
Les nouvelles modalités d’enseignement (les enseignements pratiques
interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé et le travail en petits groupes) représenteront 20% du temps des enseignants qu’il leur reviendra d’organiser (en conseil pédagogique) en fonction des besoins des élèves. Les nouveaux programmes, plus cohérents, laisseront à chaque enseignant plus de souplesse et de temps pour mettre en œuvre des pédagogies plus actives.

Critiques :
Il revient au conseil pédagogique d’organiser le travail interdisciplinaire, de définir
l’accompagnement personnalisé (qui n’a pas grand-chose de personnalisé car se fera en groupe ou avec l’ensemble de la classe), de choisir les heures à dispenser en effectif réduit. Aucune heure de concertation entre les équipes pédagogiques n’est envisagée pour mettre en place une telle usine à gaz !

Revendications :
Commencer par libérer du temps de concertation pour permettre de réelles
pratiques de travail en équipe, pour discuter des pédagogies « actives » et les mettre en œuvre selon des modalités choisies par les enseignants et non pas par le conseil pédagogique qui est présidé par le-la chef d’établissement et dont les membres sont désigné-e-s par lui. Pour vraiment répondre aux besoins des élèves, nous sommes pour une éducation intégrale dans un lycée polytechnique et pour la création de postes compensant les temps de concertation.

Conditions de travail des adultes et des enfants

Projet de loi :
Les équipes pédagogiques et éducatives disposeront d’une réelle capacité
d’initiative pour définir qui fera quoi pendant 4 à 5 heures par semaine, dans le respect des horaires disciplinaires. Chaque établissement disposera d’une réelle autonomie dans cette redéfinition des emplois du temps.

Critiques :
Sous prétexte d’autonomie et de flexibilité, l’État se protège et se déresponsabilise.
Comme chaque établissement fera « comme il veut », les tensions pour récupérer ses heures disciplinaires dans ce nouveau dispositif se porteront entre les équipes éducatives et pédagogiques et non pas sur le gouvernement qui souhaite éviter un mouvement social collectif.

Les disciplines vont tout simplement être mises en concurrence, ce qui ne manquera pas de détériorer les relations entre collègues. Il s’agit de la même stratégie étatique que pour l’accompagnement personnalisé au lycée : donner l’initiative à chacun de faire au mieux sans pour autant donner les moyens nécessaires, et faire porter la responsabilité de l’échec inéluctable de ce dispositif sur les enseignants qui l’ont organisé. Ce dispositif est totalement incompris des élèves de lycée, il en sera de même au collège car aucun enseignement n’en a été tiré !

Revendications :
Baisse des effectifs d’élèves dans les classes et pas seulement sur quelques heures dans l’année, recrutement massif de personnels éducatifs, réaffirmation de la liberté pédagogique des enseignant.es. Les décisions relatives aux nouvelles modalités d’enseignement qui concernent des questions pédagogiques doivent être prises exclusivement par les équipes éducatives et non par le CA dans lequel le chef d’établissement a tout pouvoir (droit de veto).

Aggravation des inégalités

Projet de loi :
« Mettre fin à la ghettoïsation des collèges », grâce à la mise en place d’allocation progressive. Accéder aux plus hauts échelons de rémunération pour les enseignants ayant exercé au sein des établissements les plus difficiles de l’éducation prioritaire. A l’intérieur de chaque établissement, renforcement des pouvoirs des coordonnateurs de discipline, de cycle et de niveau ainsi que des référents, dans la mesure où les missions de ceux- ci sont désormais reconnues grâce à des indemnités pour missions particulières qui peuvent aller jusqu’à 3750 euros par an.

Critiques :
Hypocrisie et ironie se mélangent dans ce paragraphe ! Des établissements en REP souffrent et luttent pour conserver leurs moyens. Chaque nouveau label des « établissements prioritaires » n’a fait que réduire leurs nombres et les moyens qui leur sont alloués (ZEP, ÉCLAIR, REP). La seule favorisation des salaires en REP ne suffit pas, d’autant que tous les personnels ne la touchent pas (animateurs, AED, AVS, remplaçants). Actuellement, des établissements qui sont déjà passés en REP+ ne perçoivent pas plus, voire parfois moins car les calculs se font sur des bases aberrantes. Tout ça est totalement hors sujet pour répondre au phénomène de « ghettoïsation » ! On maintient les inégalités entre les établissements mais aussi en leur sein avec des inégalités salariales et le renforcement hiérarchique grâce aux IMP. Ces IMP ressemblent fort à la part modulable des ÉCLAIR en primaire (tellement désorganisatrice que bientôt supprimée).

Revendications :
Clarifier et augmenter les moyens pour les établissements accueillant les
élèves les plus en difficultés. Changer les critères de catégorisation REP et REP+, pour faire profiter plus d’établissements, y compris les lycées pro, de ces dispositifs. Revenir sur la sortie scandaleuse de nombreux établissements de l’éducation prioritaire. Revalorisation salariale de tous les personnels. Mise en place d’équivalent RASED pour le secondaire. Le service public doit revenir à une obligation de moyens : à travail égal, salaire égal. Les moyens dont disposent les REP représentent, pour nous, un minimum qui devrait être pour tou-te-s.


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