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Solidarité avec les condamnés de Continental !

mercredi 13 janvier 2010


Solidarité avec les condamnés de Continental !

Ni oubli, ni rési­gna­tion, la lutte conti­nue !

L’année passée, la crise bat­tait son plein, les grèves mas­si­ves et géné­ra­les, comme en Guadeloupe, se suc­cé­daient, les uni­ver­si­tés, les lycées des­cen­daient battre le pavé, pen­dant qu’ailleurs en Europe, la Grèce s’enflam­maient... La révolte pre­nait de l’ampleur. Comme beau­coup d’autres, les sala­riéEs de Continental sem­blaient condam­néEs par leur patron au chô­mage et la misère. Pas moins de 16 000 sup­pres­sions d’emplois sont alors annon­cées alors que dans le même temps les pro­fits de l’entre­prise attei­gnaient 38,8 mil­lions d’euros ! La lutte s’est alors enga­gée et allait durer des mois, avec des assem­blées géné­ra­les quo­ti­dien­nes de base (toutes les per­son­nes peu­vent y pren­dre part, pren­nent les déci­sions et contrô­lent les man­da­téEs), des dizai­nes de mani­fes­ta­tions (jusqu’au niveau inter­na­tio­nal), des occu­pa­tions... Ce fût un exem­ple de pra­ti­que de l’action directe : se refu­sant à atten­dre une illu­soire aide des repré­sen­tants poli­ti­ques ou des direc­tions des cen­tra­les syn­di­ca­les, (bien trop occu­pées à tem­po­ri­ser et à conte­nir la grogne), les Contis ont décidé de pren­dre leurs affai­res en main, refu­sant la fata­lité cyni­que du sys­tème capi­ta­liste. Le pou­voir a comme tou­jours laissé pour­rir la situa­tion jusqu’à ce que les sala­riéEs, écœuréEs par le mépris du minis­tère et des tri­bu­naux, ne s’en pren­nent aux bureaux de la sous-pré­fec­ture de Compiègne, sym­bole du pou­voir de cet État, garant des inté­rêts des mêmes patron­NEs qui vou­laient les jeter au cani­veau. Dans les heures qui sui­vi­rent, les négo­cia­tions étaient enga­gées et les reven­di­ca­tions des tra­vailleur­SEs étaient rapi­de­ment satis­fai­tes.

La jus­tice de classe à l’oeuvre
Bien sûr, le pou­voir ne pou­vait pas en rester là : une lutte vic­to­rieuse des tra­vailleur­SEs cons­ti­tue un exem­ple bien dan­ge­reux pour le pou­voir et le patro­nat. C’est pour­quoi l’État s’est engagé dans une entre­prise de pro­pa­gande anti-ter­ro­riste et a dési­gné 6 boucs-émissaires qu’il a trainé devant les tri­bu­naux. Que des patrons bri­sent les vies de mil­liers de tra­vailleur­SEs, cela ne pose aucun pro­blème, mais que ces per­son­nes le refu­sent et s’atta­quent à leurs bour­reaux, c’est un crime ! L’enjeu est en fait bien plus large : il s’agit de dis­sua­sion, d’un mes­sage auto­ri­taire lancé à touTEs les vic­ti­mes du sys­tème, visant à faire rava­ler toute vel­léité de révolte, sous peine d’encou­rir les fou­dres de la jus­tice. L’enjeu est de faire taire tous les pôles com­ba­tifs du pays et de les rame­ner, par le recours à la force si besoin est, vers les stra­té­gies atten­tis­tes des direc­tions syn­di­ca­les. Ce 13 jan­vier se tient donc le procès en appel des 6 « res­pon­sa­bles » dési­gnés par le pou­voir. Ils ont pour l’ins­tant été condam­nés à 60 000 euros d’amende pour dégra­da­tions et ris­quent de la prison ferme.

La lutte n’est pas finie !
Aujourd’hui, la crise n’est ter­mi­née que pour les action­nai­res qui repren­nent de plus belle leurs spé­cu­la­tions sur nos vies. Les licen­cie­ments, fer­me­tu­res d’usines et le déve­lop­pe­ment massif du chô­mage et de la pré­ca­rité tra­dui­sent la réa­lité quo­ti­dienne de la majo­rité d’entre nous. Derniers exem­ples en date : les sala­riés de Pimpkie de la métro­pole lil­loise en grève pen­dant 15 jours, ceux de Philips qui ont réqui­si­tionné leur usine ou encore les mil­liers de tra­vailleur­SEs sans papiers de la région pari­sienne qui lut­tent depuis des mois. Ce sont également les gua­de­lou­péen­NEs qui mena­cent d’une nou­velle grève géné­rale car là-bas non plus, RIEN N’A CHANGẺ !

Ce cons­tat étant fait, la lutte des contis et son exem­ple garde toute son actua­lité : la radi­ca­lité des actions menées ne doi­vent pas som­brer dans l’oubli et peu­vent orien­ter nos com­bats.

●Fai­sons des assem­blées géné­ra­les sur nos lieux de tra­vail et ras­sem­blons-nous en assem­blées géné­ra­les inter­pro­fes­sion­nel­les.→ ne res­tons pas iso­léEs !

●Met­tons en place les moyens démo­cra­ti­ques qui nous per­met­tront de faire la dif­fé­rence → prise de déci­sions col­lec­tive et contrôle des man­da­téEs !

●At­ta­quons là où ça fait mal → il faut blo­quer le pays et son économie pour se faire enten­dre et donc faire la grève touTEs ensem­ble, c’est à dire cons­truire la grève géné­rale. Ne nous lais­sons pas exploi­ter par ces requins ! Et n’oublions pas que la cause de tout cela est sys­té­mi­que et que pour vivre serei­ne­ment, il nous faudra bien­tôt faire la fête au sys­tème capi­ta­liste et à l’État, son bras armé.

Dans l’immé­diat :

Relaxe pour les 6 tra­vailleurs vic­ti­mes de la répres­sion capi­ta­liste !
Que la lutte s’engage pour la cons­truc­tion d’un autre monde, basé sur l’égalité économique et social , débar­rassé du capi­ta­lisme et des États.


Solidarité avec les salariéEs de Philips qui ont récupéré leurs moyens de production !

Le mardi 5 jan­vier, 150 sala­riéEs de Philips EGP à Dreux ont voté en assem­blée géné­rale la reprise de leur usine de télé­vi­seurs. Après des mois de luttes face à la fer­me­ture pro­gram­mée par des diri­geants et des action­nai­res jamais assez gavés, c’est par la prise de contrôle de l’appa­reil de pro­duc­tion que les tra­vailleu­ses et les tra­vailleurs de Philips EGP ont répondu.

Cet évènement sou­li­gne deux éléments impor­tants. Premièrement, il n’y a pas de fata­lité dans le fait de se faire licen­cier sans réagir : une réponse est pos­si­ble, une réponse de lutte col­lec­tive. Cette voie offre une véri­ta­ble alter­na­tive tant à la rési­gna­tion qu’aux pseudo-solu­tions fai­sant appel à l’État pour contrer les licen­cie­ments.

Deuxièmement, la reprise col­lec­tive nous montre une véri­ta­ble alter­na­tive sociale. Elle sou­li­gne le fait que la pro­duc­tion peut se faire dans le cadre d’une struc­ture démo­cra­ti­que plutôt que dans le cadre hié­rar­chisé et auto­ri­taire de la plu­part des entre­pri­ses. De plus, le fruit de la pro­duc­tion n’a pas à être par­tagé avec une équipe diri­geante et sur­tout des action­nai­res. Pire, c’est bien leur pré­sence dans l’appa­reil de pro­duc­tion qui est la cause des licen­cie­ments.

Ainsi, le GDALE-CGA salue avec fer­veur l’ini­tia­tive des tra­vailleurs et tra­vailleu­ses de Philips EPG et les assure de toute sa soli­da­rité. Nous sou­hai­tons que cette volonté de repren­dre une partie de sa vie en main s’étende aux autres sariéEs en luttes ainsi qu’à d’autres domai­nes de la vie sociale.

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