Lille:alternataire

> archéologie:alternataire > GDALE (CGA) & GroMéLiFA > [Émilie] Lettre du GDALE au CA de l’hopital

[Émilie] Lettre du GDALE au CA de l’hopital

jeudi 19 juin 2008


Lettre ouverte aux administrateurs et administratrices du CHR de Lille

Le GDALE (Groupe D’Anarchistes de Lille et Environs) a été informé de la situa­tion d’Emilie Moreau et tient à lui affir­mer son sou­tien dans la lutte qu’elle mène contre sa mala­die et aussi contre les inco­hé­ren­ces du ser­vice public de santé et les injus­ti­ces qu’elles entraî­nent.

Le GDALE appuie sa demande, à savoir la pos­si­bi­lité d’obte­nir un diag­nos­tic fiable par une équipe com­pé­tente dans le domaine des mala­dies orphe­li­nes et géné­ti­ques.

Comme Emilie, le GDALE estime que ce combat per­son­nel est aussi celui de mil­liers de mala­des en attente de diag­nos­tics et de soin.

Le GDALE affirme que c’est au ser­vice public de santé financé par la soli­da­rité col­lec­tive de pren­dre en charge inté­gra­le­ment les mala­des quels que soient la mala­die et le coût du trai­te­ment. Nous refu­sons la ges­tion comp­ta­ble qui mène les mala­des les plus riches à être soigné-e-s dans des ins­ti­tu­tions pri­vées pen­dant que les autres s’endet­tent à vie, voire ne peu­vent pas se soi­gner du tout.
C’est cette même logi­que comp­ta­ble qui prive Emilie (et hélas beau­coup d’autres) de trai­te­ments et de reve­nus. Sa situa­tion est ubues­que : elle dépasse de 12 euros le pla­fond pour béné­fi­cier de la CMU, elle n’est reconnue han­di­ca­pée qu’à 79% par la COTOREP alors qu’il faut l’être à 80% pour per­ce­voir l’AAH (tout en étant, de fait, en inca­pa­cité de tra­vailler, ce qui la prive de reve­nus...)
Face à une malade qui relève la tête contre les caren­ces de l’hôpi­tal public et du sys­tème de santé, la réponse des méde­cins du ser­vice de neu­ro­lo­gie a été celle vers laquelle on oriente trop sou­vent les vic­ti­mes de mala­dies orphe­li­nes : la psy­chia­tri­sa­tion. Alors que des psy­chia­tres avaient déjà écarté la mala­die soma­ti­que, on a voulu inter­ner Emilie contre son gré.

Est-ce en les pri­vant arbi­trai­re­ment de liberté que l’hôpi­tal public entend régler le cas des mala­des dont il ne par­vient pas à s’occu­per ?

Emilie deman­dait une orien­ta­tion dans un ser­vice habi­lité à diag­nos­ti­quer les mala­dies orphe­li­nes et géné­ti­ques. Face à cette demande légi­time, la réponse de l’admi­nis­tra­tion hos­pi­ta­lière a été de la priver de la liberté puis de la faire évacuer par la police.

Le dis­cours offi­ciel pla­cardé dans tous les hôpi­taux (la charte du patient) pro­clame la liberté de choix de l’établissement de santé, la garan­tie d’un accueil, de trai­te­ments et de soins de qua­lité, une infor­ma­tion loyale et acces­si­ble, le consen­te­ment libre et éclairé du patient pour tout acte médi­cal, le trai­te­ment avec égard des patient-e-s, l’accès direct aux infor­ma­tions de santé de la per­sonne hos­pi­ta­li­sée. On ne peut être qu’effaré-e devant la dis­tance entre les prin­ci­pes affi­chés et ce qu’a subi Emilie et que subis­sent tant d’autres mala­des.

Le GDALE ne peut accep­ter que les mala­des, pour­tant pre­mier-e-s concerné-e-s, n’aient pas leur mot à dire dans leur trai­te­ment. La com­pé­tence tech­ni­que, réelle et néces­saire, des spé­cia­lis­tes médi­caux doit impé­ra­ti­ve­ment pren­dre en compte les obser­va­tions et les avis des mala­des, dans la cons­truc­tion col­lec­tive du diag­nos­tic, du trai­te­ment et des soins.

Lille, le 18 juin 2008

GDALE - Groupe D’Anarchistes de Lille et Environs
c/o CCL - 4 rue de Colmar - 59000 LILLE
1grou­pea­nar­lille MV4 no-log.org
http://lille.cyber­ta­ria.org/gdale

titre documents joints


2002-2017 | Site réalisé avec SPIP | Suivre la vie du site RSS 2.0 | squelette | | Plan du site | logo Lautre