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L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs

Finkelstein, Norman G.

(2001)

(XIX - FIN) --> étagère XIX — Philosophie ; Morale ; Idéologie

Finkelstein, Norman G. (1953-….). — L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs / trad. de l’américain par Éric Hazan ; postf. par Rony Brauman. — Paris : la Fabrique éd., 2001. — 157 p. ; 20 cm.

Trad. de : The Holocaust industry : reflections on the exploitation of Jewish sufferring. — ISBN 2-913372-10-4

Ce livre bref, provocant et passionné dénonce à la fois l’instrumentalisation politique et l’exploitation financière de la souffrance des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. D’entrée de jeu Finkelstein distingue l’holocauste nazi, événement historique au cours duquel des millions de Juifs furent exterminés, et l’Holocauste avec un H majuscule, son exploitation idéologique.

L’industrie de l’Holocauste, explique-t-il, transforme la mémoire d’Auschwitz en caution idéologique et en marchandise rentable. Le système idéologique de l’Holocauste repose sur deux dogmes centraux : (1) l’Holocauste constitue un événement historique catégoriquement unique. (2) Il représente le point culminant de la haine irrationnelle et éternelle des Gentils contre les Juifs. Cette sacralisation a plusieurs avantages. Puisque l’Holocauste se situe en dehors de l’Histoire, et même au-delà, puisqu’il défie toute connaissance et toute description (Elie Wiesel), son culte remplace tout effort de compréhension historique rationnelle de l’extermination des Juifs par le nazisme. A ce mal unique, la souffrance des autres peuples ne peut être comparée. Dans des pages qui seraient comiques si le sujet le permettait, Finkelstein décrit les efforts de l’industrie de l’Holocauste pour marginaliser, voire effacer la mémoire des autres victimes du nazisme.

Ce caractère unique de l’Holocauste, ce droit sur les autres, ce capital moral représentent pour l’état d’Israël un alibi précieux, puisqu’il lui donne le droit de se considérer comme spécialement menacé et donc justifié à utiliser tous les moyens nécessaires pour sa survie. Le dogme de la haine éternelle des Gentils va dans le même sens, en légitimant la politique d’Israël comme réaction justifiée à une perpétuelle menace d’anéantissement. Toutes les méthodes auxquelles [Israël] peut avoir recours, y compris la violence et la torture, relèvent de l’autodéfense légitime.

L’exploitation financière de l’Holocauste est qualifiée par Finkelstein de double extorsion. D’une part, l’industrie de l’Holocauste, appuyée par le gouvernement américain, a obtenu des dizaines de milliards de dollars des banques suisses, de l’industrie allemande, des pays d’Europe de l’Est. Le livre consacre tout un développement aux méthodes utilisées, qui relèvent du chantage aux bons sentiments, appuyé par l’artillerie lourde des pressions économiques américaines. L’autre volet de cette double extorsion est que l’argent ainsi obtenu, au lieu d’aller aux véritables victimes survivantes — ou à leurs héritiers — part dans les caisses des organisations juives liées aux États-Unis ou à Israël.

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Norman Finkelstein a passé sa thèse de doctorat à Princeton sur la théorie du sionisme. Il est l’auteur de trois autres livres, Image and Reality of the Israël-Palestine Conflict, The Rise and Fall of Palestine, et A Nation on Trial, traduit en français en 1999 (L’Allemagne en Procès, la thèse de Goldhagen et la vérité historique). Il enseigne actuellement à la City University de New York.


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