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	<title>&lt;b&gt;Lille&lt;/b&gt;:alternataire, le site du CCL</title>
	<link>https://lille.cybertaria.org/</link>
	<description>&lt;p&gt;Lille bouge, fr&#233;mit m&#234;me r&#233;guli&#232;rement. Vous pouvez suivre, sur ce portail, la vie libertaire r&#233;gionale et lilloise par l'&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique12' class=&#034;spip_in&#034;&gt;agenda&lt;/a&gt; et le &lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique11' class=&#034;spip_in&#034;&gt;CCL ou Centre culturel libertaire&lt;/a&gt;, par exemple. D'autres rubriques sont h&#233;berg&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'autres pages ont &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;es ici : ainsi &lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'&#201;cho des sans-voix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du Collectif des sans (attention &#224; son r&#233;veil toujours possible !-, &lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique63' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Basta&lt;/i&gt; (fanzine f&#233;ministe non-mixte)&lt;/a&gt;, etc.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Vous pouvez vous abonner &#224; la &lt;a href=&#034;https://listes.lautre.net/cgi-bin/mailman/listinfo/com.ccl59&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre d'information&lt;/a&gt; du CCL (hebdomadaire).&lt;/p&gt;
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		<title>contre l'identit&#233; nationale</title>
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<category domain="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique84">30 bis (contre l'identit&#233; nationale)</category>


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&lt;p&gt;Le gouvernement UMP a d&#233;cid&#233; r&#233;cemment qu'il &#233;tait temps de d&#233;battre de la notion d' &#171; identit&#233; nationale &#187;. Le choix d'imposer ce th&#232;me dans l'agenda politique n'est pas innocent. En mettant ce &#171; d&#233;bat &#187; en place, le pouvoir cherche &#224; faire parler des th&#233;matiques qui l'int&#233;resse plut&#244;t que d'&#234;tre oblig&#233; d'affronter les probl&#232;mes rencontr&#233;s actuellement par la population. Car au moment m&#234;me o&#249; l'on nous agite l'avatar national, les patrons et actionnaires continuent de licencier &#224; tour de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique84" rel="directory"&gt;30 bis (contre l'identit&#233; nationale)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement UMP a d&#233;cid&#233; r&#233;cemment qu'il &#233;tait temps de d&#233;battre de la notion d' &#171; identit&#233; nationale &#187;. Le choix d'imposer ce th&#232;me dans l'agenda politique n'est pas innocent. En mettant ce &#171; d&#233;bat &#187; en place, le pouvoir cherche &#224; faire parler des th&#233;matiques qui l'int&#233;resse plut&#244;t que d'&#234;tre oblig&#233; d'affronter les probl&#232;mes rencontr&#233;s actuellement par la population. Car au moment m&#234;me o&#249; l'on nous agite l'avatar national, les patrons et actionnaires continuent de licencier &#224; tour de bras au pr&#233;texte de la crise financi&#232;re, mettant des centaines de milliers de personnes sur la paille. R&#233;sultat, il n'y a plus grand monde pour protester contre le d&#233;mant&#232;lement des services publics, le grand massacre qui se poursuit &#224; France Telecom, la r&#233;duction des effectifs dans la fonction publique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; est d&#233;j&#224; pleine de ces sujets qui font rideau de fum&#233;e devant une actualit&#233; sociale qui concerne pourtant une part tr&#232;s importante de la population. La grippe A, la main de Thierry Henry, la sant&#233; de notre Johnny national (roi de l'&#233;vasion fiscale) en sont d'autres exemples. Le d&#233;bat sur l'identit&#233; nationale avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; introduit pendant la campagne pr&#233;sidentielle lors de l'annonce de la cr&#233;ation d'un Minist&#232;re de l'Imigration et de l'Identit&#233; Nationale. Lier ces deux th&#232;mes indiquait d&#233;j&#224; qu'implicitement c'est bien l'immigration qui met en danger la patrie... La suite &#233;tait plus &#233;tonnante, puisque le gouvernement choisissait &#8211;- apr&#232;s Hortefeux &#8211;- de mettre &#224; ce poste un ancien socialiste. Le sieur Besson a depuis fait ses preuves et d&#233;montr&#233; que quand on est politicien, une &#233;tiquette peut avoir une dur&#233;e de vie limit&#233;e. Nous ne nous faisons pas d'illusion concernant les politiques des&lt;br class='autobr' /&gt;
socialistes au gouvernement, mais l&#224; le symbole est fort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nouveaux stigmates ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend beaucoup dire que ce d&#233;bat sur l'identit&#233; nationale a une vis&#233;e raciste, et qu'il s'agit pour le gouvernement d'aller chercher des voix &#224; l'extr&#234;me droite de l'&#233;chiquier &#233;lectoral. C'est &#224; coup s&#251;r vrai, mais la strat&#233;gie n'est pas si frontale que cela. Les autorit&#233;s politiques en place n'oseront pas affirmer qu'il n'y a de Fran&#231;ais que &#171; de souche &#187; et catholique. Il est ainsi devenu politiquement incorrect de d&#233;fendre l'id&#233;e d'une France &#171; Fille a&#238;n&#233;e de l'&#201;glise &#187;, comme l'ont montr&#233; les discussions &#224; propos du pr&#233;ambule de la Constitution Europ&#233;enne. On ne doit pas, &#224; l'occasion de ce d&#233;bat, s'attendre &#224; une restauration de ces th&#233;matiques r&#233;actionnaires, mais &#224; une attaque en r&#233;alit&#233; plus insidieuse. Les r&#233;f&#233;rences &#224; Jaur&#232;s pendant la campagne pr&#233;sidentielle, puis &#224; Guy Moquet et le choix d'un ex du PS au minist&#232;re de l'Identit&#233; nationale nous indiquent la voie qui est suivie : la la&#239;cit&#233;, ce th&#232;me &#233;minemment ancr&#233; &#224; gauche, est utilis&#233;e comme paravent par le pouvoir en place pour lutter contre une pr&#233;tendue islamisation de la France. L'instrumentalisation de cette notion pour faire passer des discours racistes est d'autant plus &#233;vidente qu'on parle du voile islamique tout en&lt;br class='autobr' /&gt;
oubliant de parler du concordat toujours en vigueur en Alsace et en Moselle (les clerg&#233;s catholique, luth&#233;rien, r&#233;form&#233; et juif y sont r&#233;mun&#233;r&#233;s par l'&#201;tat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, une partie de la gauche dite la&#239;que est perm&#233;able &#224; ce discours et certains en profitent pour essayer de tendre de dangereuses passerelles entre droite et extr&#234;me gauche. Attention &#224; ne pas tomber dans le pi&#232;ge !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel peut &#234;tre l'objectif d'une telle campagne ? Si la carte de la division communautaire peut s'av&#233;rer toujours aussi payante dans le souci d'opposer les travailleurEUSEs entre eux, il ne s'agit pourtant pas aujourd'hui de d&#233;cha&#238;ner des tombereaux de haine... Le but ne semble pas &#234;tre d'exclure ou de d&#233;noncer les communaut&#233;s issues de l'immigration extraeurop&#233;enne, mais plut&#244;t, au pr&#233;texte d'un &#171; r&#233;publicanisme &#187; intransigeant, de montrer du doigt tous ceux et celles qui ne respectent pas un certain &#171; socle de valeurs &#187;. Cet angle d'attaque, par le biais de la la&#239;cit&#233;, nous indique quelles sont ces valeurs : il s'agit en fait de ne pas &#171; d&#233;border &#187; dans cette soci&#233;t&#233; ultra-polic&#233;e o&#249; le contr&#244;le social est de plus en plus fort. Ce socle de valeurs repose sur l'id&#233;e que chaque individuE a des devoirs envers l'&#201;tat et qu'il doit respecter l'autorit&#233; (flics, enseignantEs, patronNEs), ce qui le symbolise (la loi, la fameuse la&#239;cit&#233; &#8212; sous-entendu surtout pour les musulmans &#8212;, le drapeau, l'hymne) et ce qu'il impose (couvre-feu pour les mineurs par exemple). D'un seul coup on ne parle plus de racisme mais d'une &#171; int&#233;gration r&#233;publicaine &#187; qui passe par l'amour du drapeau, de l'hymne national, la connaissance de la langue fran&#231;aise, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avigdor Lieberman, ministre isra&#233;lien que personne n'h&#233;site &#224; classer &#224; l'extr&#234;me droite, ne disait pas autre chose avec son slogan &#171; &lt;i&gt;Pas de citoyennet&#233; sans loyaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Ce rappel &#224; l'ordre vise surtout des populations en difficult&#233; sociale, qui vivent dans des quartiers de rel&#233;gation. Les cibles sont les m&#234;mes que celles d'un racisme d&#233;complex&#233;, mais ce dernier est d&#233;sormais pr&#233;sent&#233; sous un jour plus consensuel. Rappelons que l'actuel pr&#233;sident avait d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se g&#234;nent pas pour la quitter&lt;/i&gt; &#187;, reprenant le slogan de de Villiers &#171; &lt;i&gt;La France, tu l'aimes ou tu la quittes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel d&#233;bat sur la pr&#233;tendue &#171; identit&#233; nationale &#187; vise donc avant tout &#224; une mise au pas s&#233;curitaire. Porteuse d'un racisme sournois, mais aussi de l'illusion d'un contrat que chacunE doit accepter sous peine de prendre ses responsabilit&#233;s en se pla&#231;ant hors de la &#171; communaut&#233; nationale &#187;. La logique est un peu la m&#234;me que celle qui touche les ch&#244;meurEUSEs de longue dur&#233;e, par l'interm&#233;diaire du Revenu de solidarit&#233; active (RSA) : si tu joues les r&#232;gles du jeu que nous avons &#233;tablies, tu auras droit au RSA, si tu refuses un boulot de merde pay&#233; des miettes, tu cr&#232;veras de faim (de m&#234;me pour les familles &#224; qui l'on veut faire signer un &#171; contrat de responsabilit&#233; parentale &#187; sous peine de suppression des allocs). Au-del&#224;, ce sont donc tous celles et ceux qui refusent la mise au pas par le travail, celles et ceux qui se rebellent et que l'on classe comme terroristes qui devront d&#233;sormais r&#233;sister &#224; l'appel du civisme b&#234;lant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quoi sert la nation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les anarchistes sont internationalistes. C'est-&#224;-dire qu'ils ne consid&#232;rent l'&#233;mancipation des peuples possible que dans un cadre affranchi de toute barri&#232;re (notamment d'ordre juridique) entre les peuples, envisageant &#224; l'oppos&#233; une solidarit&#233; constante entre les individuEs du monde entier, ind&#233;pendamment d'un crit&#232;re d'appartenance territoriale. Questionnant l'&#201;tat, les anarchistes remettent en question sa mythologie nationale. Si l'un sert &#224; d&#233;signer un appareil politique et coercitif, l'autre d&#233;signe en th&#233;orie une communaut&#233; de vie dont la r&#233;alit&#233; historique et sociale est &#224; questionner si l'on pr&#233;tend la d&#233;passer efficacement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le XIXe si&#232;cle, le mythe du d&#233;coupage national appara&#238;t partout en Europe comme un outil de l&#233;gitimation des &#201;tats. La notion d'&#201;tat-nation soutient en effet l'id&#233;e d'int&#233;r&#234;ts communs entre les diff&#233;rents membres d'une m&#234;me entit&#233; culturelle (au m&#233;pris des int&#233;r&#234;ts de classes notamment), quitte &#224; la cr&#233;er de toutes pi&#232;ces. &#192; l'heure o&#249; la bourgeoisie versaillaise triomphe des Communards, des historiens officiels tels qu'Ernest Lavisse sont ainsi charg&#233;s de fixer arbitrairement la filiation du soit-disant &#171; peuple fran&#231;ais &#187; : sera-t-il le descendant des Gaulois, ou des Francs ? Dans les &#233;coles on impose rapidement le fran&#231;ais comme seule langue l&#233;gitime, etc. Le grand moment de la nation, c'est la guerre. Et l'apoth&#233;ose de la marche forc&#233;e vers la nation fran&#231;aise sera 14-18 : des millions de mobilis&#233;s viennent d&#233;fendre la nation dans la boue, y sont contraints de parler fran&#231;ais et d'&#233;crire en fran&#231;ais &#224; leurs familles, alors que l'Union Sacr&#233;e a eu raison pour longtemps de l'internationalisme ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'extension de la sph&#232;re m&#233;diatique apparue au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent permet de cr&#233;er l'illusion de l'existence d' un &#171; espace public &#187; national. L'id&#233;e qu'il puisse exister des &#171; questions de soci&#233;t&#233; &#187; fonde le principe m&#234;me du pouvoir politique et r&#233;pond ainsi &#224; la n&#233;cessit&#233; pour la bourgeoisie de l&#233;gitimer son &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; dans la gestion des affaires collectives. Aujourd'hui plus que jamais, ce qui lie au quotidien unE lilloisE et unE marseillaisE &#224; l'organisation centralis&#233;e, c'est cette m&#233;diation journalistique. L'existence d'un espace public unifi&#233; n'a pourtant rien d'&#233;vident : de 1789 et 1799 par exemple, pendant la d&#233;cennie d'agitation r&#233;volutionnaire, l'univers m&#233;diatique est constell&#233; d'environ 1 500 titres de presse repr&#233;sentant la grande diversit&#233; des int&#233;r&#234;ts politiques et sociaux en opposition &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rentes &#233;chelles g&#233;ographiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux si&#232;cles apr&#232;s le centralisme monarchique de Louis XIV, la domination &#233;tatique tente, avec l'assise nouvelle du r&#233;gime r&#233;publicain, de rev&#234;tir les traits de la n&#233;cessit&#233; historique, en s'armant pour cela d'une lecture s&#233;lective de l'Histoire. L' &#171; unification &#187; culturelle se fait donc &#224; marche forc&#233;e, c'est un mouvement vertical et autoritaire, d'origine &#233;litiste. Plus g&#233;n&#233;ralement, la constitution de cette notion vague qu'est la nation, proc&#232;de n&#233;cessairement d'une r&#233;ification, elle n'est jamais du pur &#171; d&#233;j&#224; l&#224; &#187; ind&#233;pendante de l'intervention politique. Toute nation a donc une existence d&#233;pendante &#224; la fois dupass&#233;, du souvenir qu'on en garde ou qu'on recr&#233;e, et d'une volont&#233; de le perp&#233;tuer comme unit&#233; valant dans le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conception lib&#233;rale de la nation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception lib&#233;rale de la nation fran&#231;aise, telle qu'enseign&#233;e encore r&#233;cemment dans les &#233;coles se veut positive. Elle pr&#233;suppose, derri&#232;re l'historien lib&#233;ral Ernest Renan, le principe d'un &#171; pl&#233;biscite permanent &#187;, c'est-&#224;-dire la r&#233;affirmation continuelle d'un d&#233;sir de vivre ensemble. Ce faisant, elle s'affranchit de l'universalisme en postulant l'adh&#233;sion suppos&#233;e volontaire des peuples &#224; la communaut&#233; nationale. La ruse de l'id&#233;ologie lib&#233;rale est donc d'op&#233;rer un d&#233;tour par la notion de nation, qui ne rev&#234;t aucune r&#233;alit&#233; juridique ou sociale (ce n'est ni le peuple, ni un conglom&#233;rat de citoyenNEs) mais rel&#232;ve d'une repr&#233;sentation, pour faire accepter l'av&#232;nement de la notion d'&#201;tat comme &#233;tant librement consentie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que reconna&#238;tre aujourd'hui le caract&#232;re national d'une entit&#233; collective, c'est reconna&#238;tre le droit &#224; se constituer en &#201;tat. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la nation est &#224; ce point devenue le faire-valoir de l'autonomie politique, qu'elle sert d&#233;sormais de cadre de mobilisation &#224; tout un tas d'entrepreneurs politiques, se posant comme les porte-paroles de la nation m&#233;ritant son &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la plupart des analyses socio-historiques s'accordent aujourd'hui pour reconna&#238;tre implicitement ce que les anarchistes ont toujours soutenu : les nations sont une construction r&#233;troactive des &#201;tats destin&#233;e &#224; d&#233;guiser leur nature r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que les nations existent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nations ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es &#224; partir de r&#233;alit&#233;s communes pour servir des int&#233;r&#234;ts pr&#233;cis, et surtout &#224; partir de mythes, tout comme la domination masculine par exemple s'appuie sur ses propres mythologies. Cependant, m&#234;me un d&#233;coupage fictif ou import&#233; peut s'enraciner socialement d&#232;s lors qu'il devient h&#233;g&#233;monique et demeure patronn&#233; par l'instance coercitive supr&#234;me que repr&#233;sente l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait nettement plus facile de dire que puisque les nations sont une cr&#233;ation artificielle, il n'y a qu'&#224; feindre de les ignorer. Il n'emp&#234;che que si l'on veut surpasser un jour les cat&#233;gories qui participent &#224; l'exploitation du plus grand nombre, il s'agit de raisonner &#224; partir du monde social tel qu'il se pr&#233;sente aujourd'hui, et non &#224; partir de ce qu'on voudrait qu'il soit. D&#232;s lors comment passer outre un d&#233;coupage qui profite exclusivement aux diff&#233;rentes classes dominantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse : en faisant la promotion en actes d'une organisation internationale. De la m&#234;me mani&#232;re que le trac&#233; des fronti&#232;res &#233;tatiques a g&#233;n&#233;r&#233; des routines organisationnelles (m&#234;me les anarchistes peinent &#224; s'organiser efficacement au-dessus de l'&#233;chelon national) et des croyances collectives (qui n'a jamais ri &#224; une blague sur les Belges ?), la mise en place, d&#232;s aujourd'hui, du f&#233;d&#233;ralisme &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles porte en lui la contestation en actes d'un ordre social compartiment&#233; et la remise en question des diff&#233;rentes mythologies nationales qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple enrichissant peut &#234;tre vu dans l'activisme des Anarchistes contre le mur, militantEs (essentiellement isra&#233;lienNEs) contre la colonisation isra&#233;lienne. Se d&#233;marquant de la plupart des organisations de la gauche mondiale qui souhaitent pieusement la constitution d'un &#233;tat unique et multiculturel, les Anarchistes contre le mur soutiennent les revendications port&#233;es localement par la population palestinienne, c'est &#224; dire se prot&#233;ger une fois pour toutes de la domination orchestr&#233;e par l'&#201;tat isra&#233;lien, y compris en acc&#233;dant &#224; une entit&#233; politique souveraine si c'est le souhait des PalestinienNEs. Mais cela ne les emp&#234;che pas d'&#339;uvrer au quotidien pour la solidarit&#233; entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet par le biais d'une solidarit&#233; sans faille contre les m&#233;canismes de la colonisation, que nos camarades comptent bien renverser l'injonction faite aux isra&#233;lienNEs et aux palestinienNEs de vivre dos &#224; dos, et les repr&#233;sentations de haine qui en d&#233;coulent. C'est en poursuivant sur cette voie que le slogan &#171; pas de guerre entre les peuples &#187; trouvera un jour ou l'autre son effectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les actes et non les discours qui font bouger les choses. &#201;tat et nation travaillent l'un pour l'autre dans la plus grande r&#233;ciprocit&#233; : en renfor&#231;ant l'arsenal l&#233;gislatif de l'un, s'en suit la n&#233;cessit&#233; d'entretenir la v&#233;n&#233;ration de l'autre. Et toutes les postures dissidentes du monde pourront d&#233;noncer la vacuit&#233; du concept de communaut&#233; nationale, le seul maintien des institutions &#233;tatiques suffira au renouvellement des croyances qui les accompagnent. Cela nous am&#232;ne &#224; conclure sur les risques de l' &#171; id&#233;alisme &#187; (notion que toutE anarchiste devrait consid&#233;rer comme insultante lorsqu'elle sert &#224; qualifier notre projet de soci&#233;t&#233;). Il est vain de vouloir combattre ce qui nous opprime avec des mots, sans parall&#232;lement d&#233;fendre leur d&#233;passement : la m&#233;canique organisationnelle g&#233;n&#232;re les repr&#233;sentations n&#233;cessaires &#224; son propre maintien. Les nations, tout enti&#232;res historiques et politiques, sont mortelles. Et de l'avis m&#234;me de Renan, le lib&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Les nations ne sont pas quelque chose d'&#233;ternel, elles ont commenc&#233;, elles finiront&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lille.cybertaria.org/IMG/pdf/LaSociale_30bis.pdf&#034;&gt;Pour l'avoir en PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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