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	<title>&lt;b&gt;Lille&lt;/b&gt;:alternataire, le site du CCL</title>
	<link>https://lille.cybertaria.org/</link>
	<description>&lt;p&gt;Lille bouge, fr&#233;mit m&#234;me r&#233;guli&#232;rement. Vous pouvez suivre, sur ce portail, la vie libertaire r&#233;gionale et lilloise par l'&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique12' class=&#034;spip_in&#034;&gt;agenda&lt;/a&gt; et le &lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique11' class=&#034;spip_in&#034;&gt;CCL ou Centre culturel libertaire&lt;/a&gt;, par exemple. D'autres rubriques sont h&#233;berg&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'autres pages ont &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;es ici : ainsi &lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'&#201;cho des sans-voix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du Collectif des sans (attention &#224; son r&#233;veil toujours possible !-, &lt;a href='http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique63' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Basta&lt;/i&gt; (fanzine f&#233;ministe non-mixte)&lt;/a&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez vous abonner &#224; la &lt;a href=&#034;https://listes.lautre.net/cgi-bin/mailman/listinfo/com.ccl59&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre d'information&lt;/a&gt; du CCL (hebdomadaire).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Edito</title>
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<category domain="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53">23 (Mars 2007)</category>


		<description>
&lt;p&gt;Lors des deux derniers num&#233;ros de la Sociale, nous avions &#233;voqu&#233; la lutte et la gestion directe de leur vie par les habitantEs de la r&#233;gion d'Oaxaca au Mexique. H&#233;las le pouvoir mexicain en envoyant la PFP (Police F&#233;d&#233;rale Pr&#233;ventive) a &#233;cras&#233; dans le sang cette r&#233;volte, dans l'indiff&#233;rence de notre presse bourgeoise pourtant si prompte &#224; donner des le&#231;ons de d&#233;mocratie. Le choix clair de l'autogestion des luttes et du quotidien nous a logiquement pouss&#233; &#224; chercher si, en Am&#233;rique latine, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;23 (Mars 2007)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors des deux derniers num&#233;ros de la Sociale, nous avions &#233;voqu&#233; la lutte et la gestion directe de leur vie par les habitantEs de la r&#233;gion d'Oaxaca au Mexique. H&#233;las le pouvoir mexicain en envoyant la PFP (Police F&#233;d&#233;rale Pr&#233;ventive) a &#233;cras&#233; dans le sang cette r&#233;volte, dans l'indiff&#233;rence de notre presse bourgeoise pourtant si prompte &#224; donner des le&#231;ons de d&#233;mocratie. Le choix clair de l'autogestion des luttes et du quotidien nous a logiquement pouss&#233; &#224; chercher si, en Am&#233;rique latine, comme au temps de Ricardo Flores Magone ou des anarcho-syndicalistes de Patagonie, un vent libertaire soufflait de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question se posait d'autant plus que, en Europe, la &#171; gauche radicale &#187; , apr&#232;s nous avoir pr&#233;sent&#233; Lula, l'ex-syndicaliste devenu pr&#233;sident br&#233;silien comme le nouveau messie de l'alternative ouvri&#232;re, nous refait le coup avec les Chavez, Morales et autre Ort&#233;ga. Au del&#224; des discours de l'anti imp&#233;rialisme creux et de la b&#234;tise crasse de nos ex-r&#233;volutionnaires en mal de despotes &#224; v&#233;n&#233;rer, c'est bien aux c&#244;t&#233;s des peuples en lutte que va notre soutien, ne serait-ce que pour ne pas les oublier quand ils sont &#233;cras&#233;s par les rangers de flics de gauche ou de droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En bref</title>
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<category domain="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53">23 (Mars 2007)</category>


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&lt;p&gt;&#8211; Operation coup de poing sur Lille 3. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mercredi 7 f&#233;vrier vers 16h la brigade des stup&#233;fiants a fait irruption sur le campus universitaire de Pont de Bois pour une op&#233;ration &#233;clair qui ressemblait plut&#244;t &#224; une d&#233;monstration de force. Pour les &#233;tudiantEs qui occupaient la terrasse de la brasserie universitaire &#034;Le Flor&#232;s&#034;, c'&#233;tait contr&#244;le d'identit&#233; et palpation, et pour trois d'entre eux, menottage public, 24 heures de garde &#224; vue et fichage dans leurs petits dossiers... pour d&#233;tention de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;23 (Mars 2007)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Operation coup de poing sur Lille 3.&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Mercredi 7 f&#233;vrier vers 16h la brigade des stup&#233;fiants a fait irruption sur le campus universitaire de Pont de Bois pour une op&#233;ration &#233;clair qui ressemblait plut&#244;t &#224; une d&#233;monstration de force. Pour les &#233;tudiantEs qui occupaient la terrasse de la brasserie universitaire &#034;Le Flor&#232;s&#034;, c'&#233;tait contr&#244;le d'identit&#233; et palpation, et pour trois d'entre eux, menottage public, 24 heures de garde &#224; vue et fichage dans leurs petits dossiers... pour d&#233;tention de marie-jeanne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interrog&#233; sur ses pratiques innovantes en mati&#232;re de pr&#233;vention, Jean-Claude Dupas, pr&#233;sident de l'universit&#233;, avoue avoir appeler les molosses pour lutter contre cette insupportable quantit&#233; de &#034;dealeurs&#034; qui se pavanent dans son universit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Cet &#233;v&#232;nement s'inscrit plus largement dans cette nouvelle politique de &#034;nettoyage&#034; de la fac : cloisonnement de l'&#034;a&#233;roport&#034; (ancienne caf&#233;teria int&#233;rieure), lieu de regroupement &#233;tudiant, interdiction &#224; coups de menaces de renvoi du &#034;caf&#233; convivial&#034; qui s'&#233;tait install&#233; dans le hall en d&#233;but d'ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ses faux airs de gentil, l'administration de l'universit&#233; se comporte comme la courroie de transmission des logiques s&#233;curitaires et de cloisonemment qui pr&#233;valent partout ailleurs : banalisation des contr&#244;les policiers muscl&#233;s et muselage des initiatives &#233;tudiantes...&lt;br class='autobr' /&gt;
mais tout cela, pour notre bien (&#233;videmment !).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2007 : Louise Michel retourne en prison&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Sous la pression du conseil G&#233;n&#233;ral, le coll&#232;ge de Lille-sud reconstruit qui porte le nom de la c&#233;l&#232;bre anarchiste s'est vu dot&#233; de 16 cam&#233;ras de vid&#233;o surveillance &#224; l'int&#233;rieur de ses locaux. Les &#233;l&#232;ves et les personnels peuvent donc &#234;tre d&#233;sormais fliqu&#233;s au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Am&#233;rique Latine : les illusionnistes au pouvoir ! </title>
		<link>http://lille.cybertaria.org/spip.php?article951</link>
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		<dc:date>2007-03-05T11:45:41Z</dc:date>
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&lt;p&gt;En Am&#233;rique Latine, 2006 &#233;tait une ann&#233;e d'&#233;lections. Des &#233;lections pr&#233;sidentielles ont eu lieu en &#233;quateur, en Bolivie, au Nicaragua, au Br&#233;sil, au Chili et au Venezuela... et apparemment c'est l'extr&#234;me gauche europ&#233;enne qui a gagn&#233;, si l'on en croit ses cris de victoire : un raz-de-mar&#233;e de gauche r&#233;volutionnaire sur le continent du Comandante ! Va-t-on bient&#244;t voir fleurir dans nos contr&#233;es des tee-shirts (de fabrication chinoise) aux effigies des pr&#233;sidents porteurs de l'espoir de nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;23 (Mars 2007)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Am&#233;rique Latine, 2006 &#233;tait une ann&#233;e d'&#233;lections. Des &#233;lections pr&#233;sidentielles ont eu lieu en &#233;quateur, en Bolivie, au Nicaragua, au Br&#233;sil, au Chili et au Venezuela... et apparemment c'est l'extr&#234;me gauche europ&#233;enne qui a gagn&#233;, si l'on en croit ses cris de victoire : un raz-de-mar&#233;e de gauche r&#233;volutionnaire sur le continent du Comandante ! Va-t-on bient&#244;t voir fleurir dans nos contr&#233;es des tee-shirts (de fabrication chinoise) aux effigies des pr&#233;sidents porteurs de l'espoir de nos r&#233;volutionnaires en mal de paradis des travailleurs ? Il vaudrait mieux se d&#233;p&#234;cher de les fabriquer et de les vendre, car la d&#233;sillusion pourrait ne pas tarder. On se souvient des m&#234;mes cris de victoire lors de la premi&#232;re &#233;lection de Lula au Br&#233;sil en 2002. Le pr&#233;sident d'honneur du Parti des Travailleurs, ex-syndicaliste m&#233;tallurgiste, s'est bien vite ralli&#233; au r&#233;formisme et au lib&#233;ralisme &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept pays d'Am&#233;rique Latine sont d&#233;sormais gouvern&#233;s par la &#034;gauche&#034;, nous dit-on. Pourtant il faut nuancer ce tableau. On peut grosso modo distinguer deux camps. D'un c&#244;t&#233; des social-d&#233;mocrates bon teint qui n'ont rien &#224; envier &#224; la gauche europ&#233;enne : Michelle Bachelet au Chili, Nestor Kirchner en Argentine et Lula au Br&#233;sil. Tous trois tiennent un discours r&#233;formiste, &#233;conomiquement lib&#233;ral, promettant de payer la dette bien comme il faut, de rendre les riches plus riches et les pauvres moins pauvres et de faire reculer la corruption. Rien de bien nouveau sous le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, l'affaire est un peu plus compliqu&#233;e. Tout d'abord faisons un petit panorama. Evo Morales, pr&#233;sident de la Bolivie, est un indig&#232;ne issu du syndicalisme paysan, en particulier celui des cocaleros (planteurs de coca) dont les chevaux de bataille &#233;taient la d&#233;fense de ces cultures traditionnelles mises en p&#233;ril par la volont&#233; h&#233;g&#233;monique nord-am&#233;ricaine sur le continent, et la captation par la population des richesses issues des ressources naturelles du pays (en particulier le gaz naturel). Il est arriv&#233; au pouvoir suite &#224; de longs mouvements sociaux et aux d&#233;missions successives de deux pr&#233;sidents. Daniel Ortega est redevenu pr&#233;sident du Nicaragua en novembre, 16 ans apr&#232;s avoir perdu ce m&#234;me poste. Ancien r&#233;volutionnaire sandiniste, il s'est alli&#233; avec l'ancien leader des contras (groupes arm&#233;s contre-r&#233;volutionnaires) Jaime Morales Carazo pour retrouver son poste. L'Equatorien Rafael Correa est lui aussi arriv&#233; au pouvoir apr&#232;s la &#034;r&#233;volte des hors-la-loi&#034; d'avril 2005. Cet &#233;conomiste nous annonce une r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, une reprise en main de la production d'&#233;nergie et un audit s&#233;v&#232;re de la dette ext&#233;rieure (la moiti&#233; du budget du pays). On ne pr&#233;sente plus Chavez : l'ancien militaire putschiste entame son 3&#232;me mandat en fanfare en demandant aux 24 composantes de sa majorit&#233; gouvernementale de fusionner en un seul parti, en se faisant voter les pleins pouvoirs pour 18 mois, et en annon&#231;ant entre autres une nouvelle constitution pour la R&#233;publique Socialiste du Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_511 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/20070110-221930-g.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 58.8 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH179/20070110-221930-g-b9665-7512d.jpg?1780422278' width='250' height='179' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une histoire r&#233;cente mouvement&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ces sept pr&#233;sidentEs n'ont pas forc&#233;ment les m&#234;mes intentions ni les m&#234;mes discours, il reste qu'une &#233;crasante majorit&#233; de dirigeantEs de gauche sont d&#233;sormais au pouvoir sur le continent. On rappellera donc que ces diff&#233;rents pays, ind&#233;pendants depuis maintenant pr&#232;s de 200 ans, ont v&#233;cu sous la coupe de dictatures plus ou moins militaires jusque dans les ann&#233;es 80 (plusieurs g&#233;n&#233;raux en Argentine, Pinochet au Chili, une tripot&#233;e au Venezuela et au Br&#233;sil, etc.). Ces r&#233;gimes, fortement soutenus par les Etats-Unis et l'Eglise catholique, ont massacr&#233; leurs opposantEs (plan Condor), accru la concentration des richesses entre quelques mains tout en enrichissant les multinationales de cultures fruiti&#232;res, c&#233;r&#233;ali&#232;res et d'&#233;nergie p&#233;troli&#232;re d'origine &#233;tasunienne. Certaines de ces dictatures ont &#233;t&#233; contest&#233;es par des mouvements de guerillas (Bolivie, Venezuela) dont certains sont parvenus au pouvoir avant de s'en faire d&#233;loger (Nicaragua). Ces dictatures ont toutes pris fin dans les ann&#233;es 80, au profit de r&#233;gimes d&#233;mocratiques bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;gimes ont octroy&#233; un peu d'air politique (libert&#233; de la presse, pluralit&#233; politique) tout en privil&#233;giant des choix &#233;conomiques ultra-lib&#233;raux tels que dict&#233;s par la Banque Mondiale et le Fonds Mon&#233;taire International, qui conditionnent leurs cr&#233;dits &#224; l'ouverture maximale &#224; la concurrence et aux capitaux &#233;trangers de tous les march&#233;s, notamment dans les domaines de l'&#233;nergie, des services de sant&#233; ; les monnaies sont arrim&#233;es sur le dollar. La catastrophe ne s'est pas faite attendre : captation des richesses des pays par la m&#234;me oligarchie que pr&#233;c&#233;demment, &#233;carts de richesse abyssaux, dette ext&#233;rieure et inflation galopantes, corruption massive... D&#232;s 1989, la r&#233;volte populaire du Caracazo au Venezuela, cibl&#233;e contre le FMI et la banque Mondiale, est r&#233;prim&#233;e dans le sang. Puis en 2001, l'&#233;conomie argentine s'effondre et la r&#233;volte qui s'ensuit est un v&#233;ritable &#233;lectrochoc &#224; l'&#233;chelle mondiale. D'importants mouvements sociaux secouent ensuite la Bolivie et l'Equateur. Ces mouvements cr&#233;ent les conditions n&#233;cessaires &#224; l'arriv&#233;e au pouvoir de nos h&#233;ros : massivement implant&#233;s dans une population en r&#233;volte contre les pouvoirs &#233;tablis et en manque de tout, ils s'organisent rapidement &#224; partir d'un groupe &#8211; parti ou syndicat &#8211; puissant autour de leaders charismatiques, repr&#233;sentant l'alternative face &#224; d'anciens chefs de gouvernement qui se tra&#238;nent d'&#233;normes casseroles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des programmes attrape-tout&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de ces m&#233;contentements, les programmes &#233;lectoraux sont tous fond&#233;s sur quelques &#233;l&#233;ments communs : r&#233;appropriation des richesses natturelles et en particulier de la production &#233;nerg&#233;tique (p&#233;trole et gaz au Venezuela, en Equateur, en Bolivie), construction d'alliances internationales en opposition &#224; l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain (que ce soit au sein de l'OPEP, du Mercosur, ou d'une alliance des pays du &#034;sud&#034; &#224; l'ONU), r&#233;duction des &#233;carts de richesse, r&#233;duction de la dette ext&#233;rieure, assainissement de la vie politique nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;l&#233;ments de programme sont fond&#233;s sur l'id&#233;e que la pauvret&#233; dans le pays est due pour l'essentiel &#224; la confiscation des richesses et du pouvoir par des &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; la &#034;communaut&#233; nationale&#034;. Le souvenir des interventions militaires et le r&#244;le des grandes entreprises nord-am&#233;ricaines dans ces pays d&#233;signent les Etats-Unis comme l'ennemi num&#233;ro un. L'&#034;oligarchie&#034; nationale (la minorit&#233; riche) est d&#233;nonc&#233;e alors comme un corps parasitaire et anti-patriote, plac&#233; symboliquement hors de la communaut&#233; nationale... D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; pour ces nouveaux chef d'Etat de para&#238;tre issus du &#034;pays vrai&#034; en soulignant leur origine sociale ou ethnique : Chavez rappelle sans cesse qu'il est un mestizo (m&#233;tis), Evo Morales est un paysan indig&#232;ne. L'&#233;quation populiste est simple : issus du &#034;peuple&#034;, ils ne peuvent que lui &#234;tre favorables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_510 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/centresociallibertario.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 21.1 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L162xH250/centresociallibertario-a57f6.jpg' width='162' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat le plus &#233;vident de cette division symbolique est la bipolarisation de la vie politique : vous &#234;tes avec nous ou contre nous. La situation v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est criante &#224; cet &#233;gard : la vie politique est divis&#233;e en chavistes et anti-chavistes (de l'extr&#234;me droite &#224; la gauche), les m&#233;dias sont tous d'un bord ou de l'autre, il est impossible de refuser de se positionner (ce qui explique la difficile situation des anars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#232;gne de cette dialectique de l'ami et de l'ennemi conduit &#233;galement &#224; un discours de politique internationale particuli&#232;rement confusionniste. Au nom de la lutte contre le Grand Satan &#201;tasunien, l'int&#233;gration r&#233;gionale de l'Am&#233;rique du Sud est une priorit&#233; affich&#233;e, et tous ceux qui s'opposent &#224; Bush deviennent des amis. Ainsi, tous vont en p&#232;lerinage &#224; Cuba pour se faire photographier avec Fidel Castro comme on va voir Bernadette &#224; Lourdes, embrassent volontiers Mahmoud Ahmadinedjad (pr&#233;sident belliqueux, n&#233;gationniste et antis&#233;mite de l'Iran), Vladimir Poutine, etc. Et c'est nos staliniens qui sont contents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, puisqu'on parle de Satan, signalons aussi que plusieurs de ces leaders ont r&#233;cemment eu une pouss&#233;e de foi chr&#233;tienne option catholicisme. C'est une bonne id&#233;e quand le pourcentage de catholiques dans ces pays est tr&#232;s &#233;lev&#233;. Cette alliance avec l'Eglise catholique s'explique notamment par la mont&#233;e en puissance des sectes protestantes d'origine nord-am&#233;ricaine (en particulier au Venezuela et au Br&#233;sil). Il &#233;tait donc n&#233;cessaire pour les catholiques de trouver un nouveau souffle en choisissant leur camp : celui qui compte actuellement le plus d'effectifs : un &#233;change gagnant-gagnant, en somme. Et tant pis pour le droit &#224; l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le changement se fait attendre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on pourrait r&#233;torquer qu'il est bien t&#244;t pour juger les nouveaux &#233;lus. On peut d&#233;j&#224; par contre s'appuyer sur le bilan de Chavez, fer de lance auto-proclam&#233; de toute la clique. Ne manquant pas un discours tonitruant contre l'imp&#233;rialisme yankee, il r&#233;p&#232;te les appels du pied en direction de ses coll&#232;gues pour qu'ils s'alignent derri&#232;re lui, et distribue les bons et mauvais points. L'int&#233;gration r&#233;gionale qu'il d&#233;fend est une int&#233;gration &#233;conomique lib&#233;rale dont le Venezuela serait le grand gagnant : en d&#233;veloppant ses exportations de p&#233;trole vers l'Am&#233;rique Latine, il r&#233;duirait sa d&#233;pendance vis-&#224;-vis des Etats-Unis (qui a pour l'instant augment&#233; depuis 1998). Il y a fort &#224; parier que les n&#233;gociations entre nos leaders bolivariens ne seront pas faciles !&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas, la politique &#233;nerg&#233;tique v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ne s'est pour l'instant pas trop embarrass&#233;e des soucis des minorit&#233;s indig&#232;nes : des lignes &#224; tr&#232;s haute tension traversent d&#233;sormais les territoires de communaut&#233;s du sud du pays afin de vendre de l'&#233;lectricit&#233; au Br&#233;sil, sans aucune contrepartie pour ces communaut&#233;s et sans pr&#233;occupation pour leur environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuy&#233;e sur la manne p&#233;troli&#232;re, la politique sociale de Chavez a beaucoup fait parler d'elle. Il est vrai que les Misiones (programmes d'aide sociale) mises en place touchent une part importante de la population et ceci dans plusieurs domaines : &#233;ducation, sant&#233;, alimentation... Le hic, c'est que ces programmes rel&#232;vent de l'assistance. Ils ne constituent pas des r&#233;formes de fond de la structure &#233;conomique et sociale du pays. Ainsi, ces Missions am&#233;liorent temporairement le bien-&#234;tre de la population, sans pour autant le garantir dans la dur&#233;e. Le chantage est &#233;vident : si Chavez est &#233;limin&#233;, ces programmes sociaux dispara&#238;tront et ce sera le retour &#224; l'ancien temps. En attendant, il y a toujours autant de ch&#244;mage, de travail au noir et de pauvret&#233;. Mais elle est un peu moins douloureuse...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_509 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/37portada_web.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 20.5 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L184xH250/37portada_web-0463a-b089c.jpg?1780422278' width='184' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution politique se fait encore attendre.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La bipolarisation de la vie politique a permis jusqu'&#224; r&#233;cemment de mettre l'&#233;touffoir sur les mouvements sociaux. Mais les attentes de la population sont de plus en plus pressantes et l'ann&#233;e 2006 a vu la multiplication de mouvements sociaux d&#233;velopp&#233;s depuis la base (jusque-l&#224; tenue sage par ses leaders, devenus les petits caporaux locaux du chavisme). Ces mobilisations avaient lieu surtout hors de Caracas, et portaient essentiellement sur le droit au logement et aux services publics, mais aussi sur les droits des travailleurs. Nombre d'entre elles ont subi les tentatives de discr&#233;dit du gouvernement (elles seraient alli&#233;es &#224; l'opposition et viseraient seulement &#224; d&#233;stabiliser Chavez) et la r&#233;pression polici&#232;re. Ainsi de juillet &#224; novembre 2006, les diff&#233;rents services de police (qui n'ont jamais &#233;t&#233; r&#233;form&#233;s depuis 1998) ont r&#233;prim&#233; 36 manifestations, occasionnant 2 morts, 71 bless&#233;Es (notamment pas balles) et 130 d&#233;tentions. On croyait le r&#233;gime v&#233;n&#233;zu&#233;lien plus &#224; l'&#233;coute du peuple ! Le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a lui aussi d&#233;j&#224; donn&#233; le ton en r&#233;primant s&#233;v&#232;rement, avec l'aide de l'arm&#233;e, une gr&#232;ve r&#233;clamant la nationalisation de la principale compagnie a&#233;rienne du pays. Deux paysans cocaleros ont &#233;t&#233; tu&#233;s lors d'une op&#233;ration de police (ils ne cultivaient pas dans la zone autoris&#233;e). Le cirque &#233;lectoral bipolaire se reproduit en Bolivie au sujet de l'assembl&#233;e constituante. Au bout d'un an, ses r&#232;gles de fonctionnement ne sont pas fix&#233;es et font l'objet de campagnes &#224; flon-flon, calicots et tee-shirts. La nationalisation du gaz consiste plut&#244;t pour le moment &#224; ren&#233;gocier les contrats. Pendant de ce temps-l&#224;, la population cr&#232;ve la faim et &#233;migre toujours massivement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est L'Etat qu'il faut abattre !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les doux r&#234;ves de nos gauchistes et les discours de leurs idoles, ce n'est pas en acc&#233;dant au pouvoir &#233;tatique que l'on peut changer profond&#233;ment les choses. Ce sont des mouvements sociaux vivants, actifs et partis de la base qui ont men&#233; &#224; la disqualification des anciennes &#233;lites. Les gauches latino-am&#233;ricaines ont su capitaliser ce m&#233;contentement g&#233;n&#233;ralis&#233; en cristallisant les esp&#233;rances sur leur nom et sur quelques promesses qu'elles se savent incapables de tenir. Et leur &#233;lection a sonn&#233; la fin de l'agitation... Si le r&#233;gime v&#233;n&#233;zu&#233;lien se fait aujourd'hui plus autoritaire (Chavez s'est fait voter les pleins pouvoirs en janvier), c'est parce qu'une partie de la population qui l'a port&#233; au pouvoir commence &#224; s'impatienter et &#224; se lasser de ses fanfaronnades. Alors, gare &#224; la suite ! Il faut que les mouvements sociaux se reconstruisent depuis la base de la population, de mani&#232;re autonome et sans c&#233;der aux sir&#232;nes du partage bien compris du pouvoir &#233;tatique. L'Etat ne sera jamais l'instrument de la lib&#233;ration et de l'&#233;galit&#233; de touTEs, il ne peut &#234;tre qu'un instrument de domination, plus ou moins douce, visant surtout &#224; assurer la paix sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sandinista : faux retour et vrai fourre-tout</title>
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<category domain="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53">23 (Mars 2007)</category>


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&lt;p&gt;Nicaragua novembre 2006. L'ancien dirigeant marxiste, le leader sandiniste et ex-Commandante Daniel Ortega retrouve son fauteuil pr&#233;sidentiel qu'il avait du quitter en 1990, battu par une coalition de droite soutenu par les USA. Sa victoire d&#232;s le premier tour face &#224; une droite d&#233;sunie, est salu&#233; pas ses amis Fidel Castro et Hugo Chavez. En Europe et ailleurs, l'extr&#234;me-gauche en mal de nouveaux mod&#232;les exulte&#8230; encore un pays d'Am&#233;rique Latine qui bascule dans le camp de l'espoir. Restait &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;23 (Mars 2007)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nicaragua novembre 2006. L'ancien dirigeant marxiste, le leader sandiniste et ex-Commandante Daniel Ortega retrouve son fauteuil pr&#233;sidentiel qu'il avait du quitter en 1990, battu par une coalition de droite soutenu par les USA. Sa victoire d&#232;s le premier tour face &#224; une droite d&#233;sunie, est salu&#233; pas ses amis Fidel Castro et Hugo Chavez. En Europe et ailleurs, l'extr&#234;me-gauche en mal de nouveaux mod&#232;les exulte&#8230; encore un pays d'Am&#233;rique Latine qui bascule dans le camp de l'espoir. Restait &#224; conna&#238;tre la r&#233;action de l'administration Bush qui avait menac&#233; de suspendre ses aides en cas d'&#233;lection du candidat sandiniste. Allait on revivre la funeste ann&#233;e 1984 durant laquelle l'administration Reagan avait refus&#233; de reconna&#238;tre la premi&#232;re victoire d'Ortega et s'&#233;tait lanc&#233; dans une guerre &#224; outrance contre le r&#233;gime socialiste de Managua ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s vite la Maison Blanche fait savoir que sa coop&#233;ration avec le gouvernement nicaraguayen serait subordonn&#233;e &#224; son &#034;respect des principes d&#233;mocratiques&#034;, mani&#232;re de sugg&#233;rer qu'aucune r&#233;forme des structures politiques et &#233;conomiques ne serait accept&#233;e , pendant qu' Ortega se r&#233;affirme favorable &#224; un accord de libre &#233;change avec les USA. Les bons comptes font les bons amis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re victoire sandiniste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements des USA successifs ont toujours fait preuve d'une bienveillance tr&#232;s particuli&#232;re envers les peuples d'Am&#233;rique Latine. Le Nicaragua a donc du subir en permanence l'ing&#233;rence de l'administration am&#233;ricaine. Ainsi en 1933, lorsque les forces arm&#233;es am&#233;ricaines envahirent le Nicaragua pour la n-i&#232;me fois, elle repartirent en laissant deux cadeaux : la Garde Nationale et un certain Anastasio Somoza. Cette Garde Nationale (GN) allait devenir l'&#233;chine dorsale militaro-polici&#232;re de la dictature des Somoza (p&#232;re, fils et petit-fils) et de leur clan, leur permettant de faire main basse sur les ressources et les richesses du pays pendant plus de 40 ans. La Garde Nationale fit ainsi r&#233;gner la terreur sur la population essentiellement paysanne et toute forme d'opposition syndicale et politique : extorsion, meurtres, viols, tortures&#8230; Le prix &#224; payer pour &#234;tre un &#233;tat client du puissant Oncle Sam ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front Sandiniste de Lib&#233;ration Nationale (FSLN), mouvement marxiste est cr&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 60 et entame la gu&#233;rilla selon les principes gu&#233;varistes du foyer insurrectionnel : l'avant-garde entamant la lutte arm&#233;e et entra&#238;nant dans son sillage par une m&#233;canique implacable les masses paysannes. Mal organis&#233;e, la gu&#233;rilla accumule les d&#233;faites, ses quelques faits d'armes entra&#238;nant une escalade sauvage de la r&#233;pression de la part de la GN. En outre, elle se r&#233;v&#232;le incapable d'obtenir la collaboration des paysans qui lorsqu'ils sont enr&#244;l&#233;s ont une f&#226;cheuse tendance &#224; la d&#233;sertion. En 1967, lors de l'une de ses plus ambitieuse op&#233;ration militaire, elle est quasiment d&#233;cim&#233;e par la GN, les combattants sont dispers&#233;s et d'importants leaders du mouvement sont tu&#233;s au combat. Le FSLN d&#233;cide alors de fa&#231;on pragmatique de passer en &#034;phase silencieuse d'accumulation des forces&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette p&#233;riode qu'il publie son programme politique qui exige entre autres :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la r&#233;volution agraire, la question de la redistribution des terres &#233;tant une revendication cruciale dans un pays majoritairement rural
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un gouvernement r&#233;volutionnaire et une parfaite int&#233;grit&#233; administrative
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;mancipation de la femme. Jusqu'&#224; 30% des combattants de la gu&#233;rilla &#233;tant des femmes qui combattent dans leurs propres bataillons
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le respect des libert&#233;s religieuses
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une politique ext&#233;rieure ind&#233;pendante et la solidarit&#233; internationale
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;limination de la GN et la cr&#233;ation d'une arm&#233;e populaire patriotique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'unit&#233; de l'Am&#233;rique Centrale
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une &#233;conomie mixte comprenant un secteur public, un secteur socialis&#233; bas&#233; sur des petits producteurs regroup&#233;s en coop&#233;ratives et un secteur r&#233;put&#233; libre pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise des activit&#233;s militaires du FSLN en 1974 co&#239;ncide avec l'&#233;mergence de l'opposition civile &#224; Somoza. M&#234;me la bourgeoisie d'affaires, frustr&#233;e par les monopoles, sp&#233;culations et trafics du clan Somoza, esp&#232;re une normalisation d&#233;mocratique. En r&#233;ponse aux offensives du FSLN Somoza impose la loi martiale et l'&#233;tat d'urgence et rejette toute les tentatives de n&#233;gociation avec l'opposition. L'assassinat en Janvier 1978 d'une figure embl&#233;matique de l'opposition, le directeur du journal &#034;La Prensa&#034; suscite le rapprochement de la bourgeoisie, de la hi&#233;rarchie catholique, des classes moyennes, des paysans et prol&#233;taires. Un syndicat patronal (le COSEP) lance un mot d'ordre de gr&#232;ve de plusieurs jours repris en masse par la petite-bourgeoise et le prol&#233;tariat urbain ; une faction du FSLN int&#232;gre m&#234;me avec l'ensemble de l'opposition, dont l'Eglise, le Frente Amplio de Oposicion qui exige le d&#233;part de Somoza.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contest&#233; &#224; l'int&#233;rieur, Somoza se fait &#233;galement l&#226;cher par l'Oncle Sam. L'administration Carter (d&#233;mocrate) est en effet dans une phase de d&#233;tente vis &#224; vis du bloc communiste : signature des accords de d&#233;sarmement nucl&#233;aire SALT avec l'URSS, accords de Camp David mettant fin au conflit Isra&#235;l/Egypte &#8230; et ne peut plus excuser aux yeux de l'opinion publique les exactions de l'autocrate de Managua. En f&#233;vrier 1978, Carter suspend l'aide militaire au Nicaragua et autorise la CIA a financer la presse d'opposition et des syndicats dans le but de cr&#233;er une alternative &#034;mod&#233;r&#233;e&#034; &#224; la mont&#233;e en force du FSLN. L'id&#233;e de Washington, qui presse Somoza &#224; d&#233;missionner, est de cr&#233;er un gouvernement provisoire de reconstruction nationale int&#233;grant les cadres du parti somoziste et surtout conservant la structure de la GN.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_507 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/1101860331_400.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 38 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L190xH250/1101860331_400-8317c-0ba9d.jpg?1780476195' width='190' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors le fruit pourri de la dictature de Somoza n'attend plus qu'un coup pour chuter de l'arbre. Profitant d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale lanc&#233;e le 4 juin 1979 le FSLN marche sur Managua. Le 17 Janvier, Somoza s'enfuit par avion laissant un pays dont les 2/3 de la population vivent avec moins de 300$ par an et emportant son pactole, estim&#233; par les services secrets US &#224; pr&#233;s de 900 millions de $. La Junte de Gouvernement de Reconstruction Nationale (JGRN) compos&#233;e de 5 membres dont 3 sandinistes s'installe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Those Washington bullets again&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour la premi&#232;re fois ils ont fait la r&#233;volution au Nicaragua. Sans aucune ing&#233;rence de l'Am&#233;rique&#034;. C'est avec cette touchante na&#239;vet&#233; politique que les punks des CLASH accueillent dans une chanson de leur album 'Sandinista' le nouveau r&#233;gime de Managua. En effet la JGRN va conna&#238;tre un an et demi de relative accalmie, Carter accorde m&#234;me une aide financi&#232;re mais qui n'ira cependant qu'a des officines non gouvernementales, au secteur priv&#233; et &#224; des caches-sexes locaux de la CIA. Par contre il refuse tout aide militaire malgr&#233; les demandes de la Junte qui en a besoin pour combattre des groupes disparates d'opposants &#224; la r&#233;volution : les contras qui rassembleront aussi bien d'anciens cadres somozistes que des factions d&#233;mocrates lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sandinistes en profitent pour mettre en place leur programme : redistribution de 2 millions d'hectares, nationalisation de la mine, de la p&#234;che&#8230; ainsi que d'ambitieuses r&#233;formes sociales dont la cr&#233;ation des &#034;brigades d'alphab&#233;tisation&#034; qui conna&#238;tront une certaine efficacit&#233; en m&#234;me temps qu'elles serviront de vecteur &#224; la propagande sandiniste. Car, suivant la doctrine Marxiste-L&#233;niniste, ils n'oublient pas de faire main-basse sur l'appareil d'Etat pour le confondre avec le Parti ainsi que sur tout les aspects de la vie sociale. Flics et bidasses arm&#233;s de Kalashnikov &#224; la mode Sovi&#233;tique, r&#233;tablissement de la censure visant les journaux qui apportent un soutien trop critique, cr&#233;ation d'une police politique visant &#224; &#233;purer le Parti-Etat d'&#233;ventuels complots trotskistes ou mao&#239;stes, d&#233;veloppement des &#034;Comit&#233;s de D&#233;fense Sandiniste&#034; (officines de d&#233;lation de proximit&#233; calqu&#233;es sur le mod&#232;le Cubain) et noyautage intensif des conf&#233;d&#233;rations syndicales, des mouvements de la jeunesse, des coop&#233;ratives&#8230; Rien ne doit &#233;chapper &#224; l'avant-garde ! Ulc&#233;r&#233;s, les trop mod&#233;r&#233;s repr&#233;sentants non sandinistes de la JGRN d&#233;missionnent d&#232;s Avril 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Washington l'attentisme inquiet de Carter c&#232;de le pas &#224; l'imp&#233;tuosit&#233; revancharde de Ronald Reagan (r&#233;publicain). Pour la nouvelle administration US qui a d&#233;cid&#233; d'&#233;radiquer totalement &#034;l'Empire du Mal&#034; (Moscou et ses satellites) le Nicaragua Sandiniste est une tavelure qui risque de pourrir la pomme juteuse que constitue le sous-continent Central Am&#233;ricain. D&#232;s lors la guerre larv&#233;e, non-d&#233;clar&#233;e mais &#224; outrance va ravager le Nicaragua. Les mesures de r&#233;torsion &#233;conomique se multiplient : le FMI, la Banque Mondiale et la Communaut&#233; Europ&#233;enne annulent tous les pr&#234;ts consentis, le p&#233;trolier Esso stoppe tout approvisionnement depuis le Mexique, la Standard Fruit Company (US) suspend toutes ses importations agricoles provenant du Nicaragua, etc.. Un v&#233;ritable embargo est d&#233;clar&#233; &#224; seule fin de mettre &#224; genoux la fragile &#233;conomie sandiniste. M&#234;me Moscou ren&#226;cle &#224; financer Mangaua, n'ayant pas envie de soutenir un poids mort suppl&#233;mentaire du style cubain. En 1984, sous pressions du Groupe de Contadora (Mexique, Panama, Colombie et Venezuela) qui cherche &#224; &#233;viter l'embrasement en Am&#233;rique Centrale, la JGRN accepte d'organiser des &#233;lections. Le sandiniste Daniel Ortega est &#233;lu pr&#233;sident sans surprise, d'autant que les autres partis ont boycott&#233; le scrutin. En r&#233;ponse, Reagan pr&#233;cipite l'escalade de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan militaire les diff&#233;rents maquis de la Contra, trop peu nombreux pour d&#233;faire l'arm&#233;e sandiniste, optent d&#232;s juillet 1979 pour une strat&#233;gie de terre br&#251;l&#233;e. Financ&#233;s et entra&#238;n&#233;s par la CIA &#224; partir de 1981 ils se lancent dans des raids ayant pour but de saper toutes les infrastructures &#233;conomiques et sociales. Destruction des pipe-lines, minage des ports p&#233;troliers, tirs sur des tankers en approche, bombardement des docks : tout est mis en &#339;uvre pour bloquer tout trafic par voie maritime. En cons&#233;quence indirecte la flottille de p&#234;che qui soufre d&#233;j&#224; du manque de fuel est d&#233;cim&#233;e par les mines flottantes. L'agriculture est &#233;galement un objectif majeur pour les raids qui visent indiff&#233;remment les silos &#224; grain, s&#233;choirs &#224; tabac, projets d'irrigation, routes, camions et tracteurs. Des fermes d'Etat et des coop&#233;ratives sont ravag&#233;es &#224; un tel point que de nombreux sites pourtant intacts doivent &#234;tre abandonn&#233;s en raison du danger. D'autres symboles des r&#233;formes sociales du FSLN, comme les &#233;coles, les centre de soin et communautaires&#8230; constituent pour des raisons id&#233;ologiques des cibles de choix. Surtout, afin de renforcer le climat de terreur sociale, les contras n'h&#233;sitent pas &#224; piller, violer, torturer et tuer de fa&#231;on la plus brutale possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien de l'administration Reagan est sans faille. M&#234;me lorsque le congr&#232;s interdit en 1983 &#224; la CIA de superviser des actions de sabotage au Nicaragua, le financement continuera que ce soit par le narco-trafic ou les b&#233;n&#233;fices de ventes d'armes &#224; l'Iran (scandale Irangate). De plus, le Honduras (situ&#233; au Nord du Nicaragua) o&#249; se r&#233;fugie le plus important maquis Contra est un fid&#232;le alli&#233; de Washington. L'arm&#233;e US multipliera les man&#339;uvre militaires conjointes avec son homologue du Honduras, ce qui facilitera la livraison de mat&#233;riel de guerre, la surveillance des c&#244;tes et des d&#233;placements de l'arm&#233;e Sandiniste, les missions de bombardements, etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1987 la guerre civile s&#233;vit dans tout le Nicaragua, l'&#233;conomie est exsangue, le march&#233; noir bat son plein. De plus en plus de gens s'engagent chez les sandinistes ou les contras pour juste &#233;chapper &#224; la mis&#232;re. L'arm&#233;e et les milices sandinistes (200 000 personnes pour 3 millions d'habitants) d&#233;pensent la moiti&#233; du budget national et l'aide militaire de l'Union Sovi&#233;tique se tarit. Impasse &#233;conomique et militaire, c'est alors encore sous l'&#233;gide du Groupe de Contadora que des n&#233;gociations directes difficiles entre la Contra et les sandinistes s'entament pour une d&#233;sescalade de la violence. Si la tr&#234;ve militaire s'impose rapidement, les difficult&#233;s &#224; transformer l'opposition arm&#233;e en opposition civile ajournent &#224; plusieurs reprises l'&#233;ch&#233;ance voulue par Washington : des &#233;lections. Le chantage est clair : une nouvelle victoire sandiniste risquerait de rompre le processus de paix et de relancer l'embargo. En toute logique Violeta Barrios de Chamorro, candidate unique de l'alliance des partis non-sandinistes et dont la campagne a &#233;t&#233; largement financ&#233;e par Washington, bat Daniel Ortega le 25 f&#233;vrier 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La longue marche pour la reconqu&#234;te du Pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeantEs sandinistes avaient-ils anticip&#233; leur d&#233;faite ? Toujours est-il qu'ils/elles s'&#233;taient d&#233;p&#234;ch&#233;Es de se r&#233;partir les biens expropri&#233;s des chefs nationalistes qui leur restaient sur le bras. Ces petits paiements (la &#034;pinata&#034;) en nature furent d'ailleurs ent&#233;rin&#233;s par le gouvernement suivant. C'est ainsi que Daniel Ortega vit toujours dans la superbe propri&#233;t&#233; de l'ancien chef des n&#233;gociateurs de la contra qui est aujourd'hui devenu son vice-pr&#233;sident. Si peu de rancune, c'est beau &#224; faire chialer les 44 000 morts de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e des nationalistes et lib&#233;raux le Nicaragua se r&#233;concilie avec l'administration Am&#233;ricaine. Pour saluer ce retour &#224; la normalisation d&#233;mocratique, le FMI et la Banque Mondiale ordonnent une politique &#233;conomique lib&#233;rale d'ajustements structurels pour se d&#233;barrasser d&#233;finitivement des r&#233;formes sociales mises en place par les sandinistes. Le Nicaragua rentre dans l'&#232;re du lib&#233;ralisme sauvage pr&#244;n&#233; par son bienveillant protecteur, ce qui en fera en une dizaine d'ann&#233;es le pays le plus pauvre du continent, juste derri&#232;re Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ortega et le FSLN qui rentrent dans l'opposition l&#233;gale poursuivent eux aussi leur mutation. On a pu constater que sur certains des points leur programme r&#233;volutionnaire s'&#233;loignait de l'orthodoxie marxiste. Con&#231;u apr&#232;s l'&#233;chec de la strat&#233;gie du foyer insurrectionnel et alors que les sandinistes isol&#233;s politiquement recherchaient des alli&#233;s parmi l'opposition l&#233;gale &#224; Somoza, il se d&#233;barrasse finalement dans les ann&#233;es 1990 de ses oripeaux r&#233;volutionnaires et marxistes pour devenir un programme estim&#233; de centre-gauche&#8230; voire franchement lib&#233;ral ou r&#233;actionnaire au fur et &#224; mesure des n&#233;cessit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_508 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/jaime_morales_carazo.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 42.5 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L124xH250/jaime_morales_carazo-3307e-32f75.jpg?1780476195' width='124' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1996 Ortega est de nouveau battu aux &#233;lections pr&#233;sidentielles par Arnoldo Aleman du parti Alliance Lib&#233;rale. Sandinistes et Lib&#233;raux concluent alors un pacte de partage des pouvoirs qui leur permettent de contr&#244;ler conjointement la majorit&#233; des institutions. Ce pacte sera renouvel&#233; en 2004 avec Aleman, qui a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu en 1996 mais a du d&#233;missionner pour des soup&#231;ons de blanchiment et de corruption. Bien que condamn&#233; en 2003 &#224; 20 ans de d&#233;tention, son parti (rebaptis&#233; PLC) et son ami Ortega lui sont rest&#233;s fid&#232;les. Les intellectuels de gauche et la faction la plus &#034;r&#233;volutionnaire&#034; des sandinistes ont eut beau hurler &#224; la trahison, cela n'a pas eut l'air d'&#233;mouvoir l'opportuniste Daniel qui pr&#233;f&#232;re que ses amis soient des amis des USA. Les dissidentEs ont donc finit par rejoindre un autre parti le Mouvement de R&#233;novation Sandiniste. Plus question au FSLN de gros mots comme &#034;collectivisation&#034; ou &#034;nationalisation&#034;, la derni&#232;re fois qu'Ortega s'est amus&#233; avec ces vieux gadgets il s'est fait gronder tr&#232;s fort et en a perdu son cher fauteuil pr&#233;sidentiel. En plus lorsqu'il s'est repr&#233;sent&#233; en novembre 2001, sur fond de parano&#239;a internationale due au 11 septembre, il a &#233;t&#233; victime d'une campagne calomnieuse par ses d&#233;tracteurs qui lui ont rappel&#233; les relations qu'il avait maintenu dans les ann&#233;es 80 avec les leaders arabes Kadhafi et Arafat.. Alors que lui, le gentil Daniel, il n'est plus un vilain gu&#233;rillero terroriste, il est le candidat de la paix et de la r&#233;conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi de l'amour pour son prochain, mais bien peu pour sa prochaine. L&#224; o&#249; dans les ann&#233;es 1970 les sandinistes d&#233;fendaient la libert&#233; des cultes pour &#233;viter de se heurter frontalement &#224; la puissante &#233;glise catholique, le bon Daniel va plus loin : s'&#233;tant d&#233;couvert une ferveur pour J&#233;sus, il se convertit au catholicisme, se marie enfin avec sa compagne et d&#233;fend les valeurs de l'&#233;glise. Alors quand celle-ci organise une &#233;norme manifestation pour demander l'interdiction de l'avortement th&#233;rapeutique (la seule forme tr&#232;s restrictive d'avortement qui reste alors au Nicaragua), fr&#232;re Daniel et ses ap&#244;tres d&#233;put&#233;s du FSLN partent en croisade parlementaire et une semaine avant les &#233;lections pr&#233;sidentielles votent avec le PLC une loi interdisant d&#233;finitivement toute forme d'avortement. Loi qui sera parmi les premi&#232;res &#224; &#234;tre ratifi&#233;e par le saint pr&#233;sident Ortega. Oubli&#233;e l'ic&#244;ne f&#233;ministe des sandinistes Luisa Amanda Espinoza, la femme pauvre qui avait quitt&#233; son mari abusif, la gu&#233;rillero farouche, &#233;mancip&#233;e et autonome qui &#233;tait morte le fusil &#224; la main&#8230; oubli&#233;e l'id&#233;ologie f&#233;ministe de la Revolution. Sandiniste, Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Ortega a sans conteste sa place parmi les leaders populistes et d&#233;magogues de gauche d'Am&#233;rique Latine. Une place particuli&#232;re puisqu'il avait d&#233;j&#224; go&#251;t&#233; le confort des palais pr&#233;sidentiaux avant Chavez et Lula. Jouant de son image d'ancien gu&#233;rillero pour promettre lui aussi une nouvelle r&#233;volution mais seulement cette fois contre la mis&#232;re, diffusant &#224; plein tombereaux son message christique d'amour, le socialiste pragmatique (et donc lib&#233;ral) cherche &#224; plaire &#224; tout le monde et en particulier &#224; complaire et se r&#233;concilier avec ses anciens adversaires politiques et internationaux. Sans convaincre la majorit&#233; puisqu'avec un score &#233;quivalent aux pr&#233;c&#233;dentes &#233;lections il doit plus sa victoire &#224; la division de la droite qu'&#224; ses talents de bonimenteur. Sollicit&#233; par Chavez qui aimerait bien int&#233;grer le Nicaragua dans l'empire r&#233;gional qu'il r&#234;ve de construire (l'Alliance Bolivarienne pour les Am&#233;riques), Ortega a cependant tout fait depuis des ann&#233;es pour donner l'assurance &#224; l'Oncle Sam qu'il ne remettrait pas en cause la politique &#233;conomique que Washington estime &#234;tre la meilleure pour Managua.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alternatives sociales et politiques en Am&#233;rique du Sud</title>
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<category domain="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53">23 (Mars 2007)</category>


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&lt;p&gt;L'id&#233;e de solidarit&#233; entre les peuples et d'une solidarit&#233; libertaire &#224; travers le monde est une r&#233;alit&#233; mise en oeuvre depuis des dizaines d'ann&#233;es. Ce sont ces r&#233;seaux qui nous permettent de &#034; savoir ce qui se passe &#034; ailleurs. Ainsi le r&#233;seau Solidarit&#233; Internationale Libertaire (SIL) soutient les projets d'organisations sud-am&#233;ricaines, la FAG (Federa&#231;&#227;o Anarquita Ga&#249;cha), la FAU (Uruguay) et l'OSL (Organisation Socialiste Libertaire). De m&#234;me, l'Internationale des F&#233;d&#233;rations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;23 (Mars 2007)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e de solidarit&#233; entre les peuples et d'une solidarit&#233; libertaire &#224; travers le monde est une r&#233;alit&#233; mise en oeuvre depuis des dizaines d'ann&#233;es. Ce sont ces r&#233;seaux qui nous permettent de &#034; savoir ce qui se passe &#034; ailleurs. Ainsi le r&#233;seau Solidarit&#233; Internationale Libertaire (SIL) soutient les projets d'organisations sud-am&#233;ricaines, la FAG (Federa&#231;&#227;o Anarquita Ga&#249;cha), la FAU (Uruguay) et l'OSL (Organisation Socialiste Libertaire). De m&#234;me, l'Internationale des F&#233;d&#233;rations Anarchistes agit comme un outil pour passer les informations, coordonner des mouvements ou des campagnes. En outre, la multiplicit&#233; des &#233;changes individuels ou collectifs qui peut exister entre libertaires permet le d&#233;veloppement de relations &#034; &#224; la base &#034; qui se construisent chaque jour. Enfin, il ne faudrait pas oublier que le d&#233;veloppement des m&#233;dias dits &#034; alternatifs &#034;, comme Indymedia ou @-infos, permettent aux anarchistes (mais pas seulement) de pouvoir informer, mobiliser et exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il s'agit ici de mettre en exergue des pratiques et des essais autogestionnaires, a fortiori anarchistes, qu'on peut trouver en &#034; AmSud &#034;. Le but n'est pas d'&#234;tre exhaustif, mais d'appr&#233;hender quelques r&#233;alit&#233;s du mouvement anarchiste sud-am&#233;ricain. &#192; l'heure o&#249; les tenantEs de LA nouvelle voix de gauche nous annonce un grand &#233;lan r&#233;volutionnaire latino-am&#233;ricain, regardons derri&#232;re l'&#233;paisse fum&#233;e des cigares de chefs autoproclam&#233;s de LA r&#233;volution et int&#233;ressons-nous aux quartiers et classes populaires. Car c'est dans ces lieux que se d&#233;veloppent la d&#233;mocratie directe et l'auto-organisation des populations. En effet, dans des pays qui sont tous pass&#233;s par la dictature, la question de la d&#233;mocratie n'est pas &#233;l&#233;mentaire et les aspirations au changement sont d'autant plus fortes dans les couches les plus d&#233;favoris&#233;es de la population. C'est pourquoi les projets &#034; alternatifs &#034; (autog&#233;r&#233;s) concernent le renforcement ou la construction de lieux d'expression populaire et de lieux de vie communautaire comme en Uruguay ou Br&#233;sil. L'anarchisme, revendiqu&#233; ou pas, offre cet id&#233;al d'autonomie qu'on retrouve dans les villes et les campagnes sud-am&#233;ricaines. C'est pourquoi aussi on a pu entendre parler de &#034; Commune libre &#034;, d'autonomie &#224; propos de la lutte du peuple d'Oaxaca ces derniers mois. Sans dire que l'ombre de Louise Michel planait sur l'Etat insurg&#233;, une r&#233;flexion a &#233;t&#233; amorc&#233;e sur un nouveau pacte social autour de la nouvelle d&#233;mocratie, l'&#233;conomie sociale et solidaire, une nouvelle &#233;ducation, la justice et l'&#233;quit&#233; sociales. Durant le congr&#232;s constitutif de l'APPO (Assembl&#233;e Populaire des Peuples d'Oaxaca), ces id&#233;es sont reprises et discut&#233;es. On peut souligner la coh&#233;sion qui se construit entre les divers-e-s acteur-trice-s de la lutte, dont les int&#233;r&#234;ts ne sont pourtant pas toujours les m&#234;mes, notamment entre les communaut&#233;s indiennes et les forces d'opposition au capitalisme (communistes, libertaires). Les dissensions qui existent ne leur font pas perdre de vue qu'ils-elles ont un r&#233;el int&#233;r&#234;t commun &#224; construire ensemble une soci&#233;t&#233; plus juste et respectueuse de leurs individualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les conditions (&#233;conomiques, sociales et politiques) pour la diffusion des id&#233;es libertaires sont difficiles en Am&#233;rique Latine. Celle-ci offre une r&#233;alit&#233; du mouvement des &#034; sans &#034; qui est plus cr&#251;e que la n&#244;tre. Les mobilisations de celleux qu'on appelle &#034; sans &#034; ont jalonn&#233; les luttes sociales de ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Le Forum Social Mondial en se cr&#233;ant en opposition au Forum Economique Mondial pr&#233;tendait &#234;tre la voix des sans-voix avec par exemple le r&#233;seau No Vox - dont l'objectif &#233;tait de construire un r&#233;seau international des mouvements de mobilisation des populations exclues. La place des &#034; sans &#034; (papiers, revenus, terre, logis, ticket) dans les organes de d&#233;cision et leur pr&#233;sence dans les d&#233;bats &#233;taient insignifiantes. On peut donc constater une fracture entre &#034; sans &#034; et &#034; avec &#034; un peu moins classique que celle entre r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;touffement des anarchistes dans des r&#233;gimes autoritaires et la pr&#233;carit&#233; des moyens mat&#233;riels sont un lot quotidien. Les anarchistes essaient, au niveau qui est le leur, de soutenir les exp&#233;riences autogestionnaires (voir encadr&#233;s). A la mondialisation capitaliste, nous opposons, ici et maintenant, la solidarit&#233; concr&#232;te et directe. B&#226;tir un autre monde, c'est participer &#224; la mise en place d'une ath&#233;n&#233;e, d'un centre social ou d'une imprimerie, terreaux d'exp&#233;riences in&#233;dites, de prises en charges collectives et autonomes. En &#233;laborant ces projets &#224; la base et dans l'action directe, en marge de celleux qui voudraient doter le mouvement de r&#233;sistance internationale &#224; la mondialisation capitaliste d'un projet de soci&#233;t&#233; unique, &#233;labor&#233; de fa&#231;on d&#233;connect&#233;e des r&#233;alit&#233;s par des intellectuel-le-s de salon ou des meneurs et meneuses autoproclam&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Uruguay&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une ath&#233;n&#233;e existe d&#233;j&#224;, &#224; Colon. Il s'agit d'un lieu de d&#233;bat collectif et de d&#233;cision impliqu&#233; dans les luttes sociales : luttes ouvri&#232;res ou &#233;tudiantes, combats &#233;cologiques, d&#233;nonciation de la corruption, d&#233;veloppement des soins m&#233;dicaux et de l'&#233;ducation, etc. Mais elle atteint ses limites, &#224; cause du prix des terres. Le mat&#233;riel militant est aussi incomplet : il manque une camionnette &#224; la FAU, outil indispensable pour la propagande de rue, dans un pays o&#249; les moyens de communication et les modes de manifestation n'ont rien &#224; voir avec les n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_506 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/brasil.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 94.4 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH160/brasil-47568-59168.jpg?1780476195' width='250' height='160' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Br&#233;sil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un projet similaire &#224; l'ath&#233;n&#233;e de Colon est lanc&#233; de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re, dans le village de Sepe Tiaraju, &#224; la limite du Br&#233;sil, de l'Argentine et de l'Uruguay. Par l'action directe, 483 familles de paysan-ne-s sans-terre se sont empar&#233;Es de 16 hectares. Mais elles manquent en particulier d'un hall communautaire, un lieu social et politique, o&#249; pourront se r&#233;unir les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales des habitantEs. Au Br&#233;sil, imprimer un journal ou m&#234;me un tract est un casse-t&#234;te. &lt;br&gt;
Pourtant, l'arriv&#233;e de Lula au pouvoir avait cr&#233;&#233; l'espoir. C'est dans ce cadre aux relents socialo-capitalistes que se sont tenues les journ&#233;es anarchistes de Porto Alegre en 2001, organis&#233;es par la Federa&#231;&#227;o Anarquita Ga&#249;cha. Des mouvements venus de Colombie, du Chili, d'Uruguay ont rappel&#233; les bases de leur r&#233;sistance : d&#233;mocratie directe, ind&#233;pendance avec les partis politiques, action directe ou encore autogestion. Les camarades rappellent que la politique n'est pas la conqu&#234;te du pouvoir mais bien la construction de r&#233;sistance avec toutes et tous pour cr&#233;er ici et maintenant un monde juste. &lt;br&gt;
Les camarades de la FAG articulent leur lutte sur quatre fronts. Le premier est le travail communautaire, essentiellement dans les favelas pour cr&#233;er des espaces de solidarit&#233;. Un autre front a &#233;t&#233; ouvert avec les &#233;tudiant-e-s pour soutenir les luttes de la jeunesse. La communication alternative est aussi un autre chantier : la FAG travaille avec Indymedia mais aussi un r&#233;seau de radios ind&#233;pendantes. Enfin, les libertaires br&#233;silien-ne-s tissent des liens avec des syndicats. La Fag n'a pas la volont&#233; de s'unir seulement avec les mouvements libertaires. L'alliance politique n'est pas qu'une question th&#233;orique. Elle peut se faire sur des pratiques, notamment d'action directe. C'est ainsi qu'elle soutient le Mouvement des sans terre (MST) pour &#034; sa prise de responsabilit&#233; en pratiquant des r&#233;quisitions de terres. &#034; Toutefois, elle s'en s&#233;pare au niveau id&#233;ologique dans la mesure o&#249; les dirigeants du Mst sont d'ob&#233;dience marxiste-l&#233;niniste.&lt;br&gt;
La FAG s'est cr&#233;&#233;e en 1996 dans la volont&#233; de rompre avec un mouvement libertaire absent des luttes sociales. Dans un pays grand comme l'Europe, elle ne r&#233;unit que les libertaires du Rio Grande do Sul, l'Etat le plus au sud du Br&#233;sil, juste au Nord de l'Uruguay. Elle est une expression de la n&#233;cessit&#233; de porter les id&#233;es libertaires dans le mouvement social. Inspir&#233;e de la FA Urugayenne, elle rompt avec la tendance des anarchistes &#224; s'enfermer dans des discours id&#233;ologiques, purement th&#233;oriques. La FAG va cr&#233;er une imprimerie libertaire destin&#233;e &#224; tous les mouvements avec lesquels elle est en lien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_505 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/OSL_Argentine01.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 23.5 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH167/OSL_Argentine01-adbc9-75b48.jpg?1780476195' width='250' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Argentine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien les peuples qui s'insurgent que nous soutenons. C'est le peuple bolivien qui arbore fi&#232;rement des tee-shirts &#034; Coca si, Alca no ! &#034; (la culture du coca est ybe des rpincipales ressources du pays et Alca est un accord de libre &#233;change sud-am&#233;ricain). C'est ce m&#234;me peuple qui descend dans la rue et risque sa vie pour sauver les plantations, demander la d&#233;mission d'un pr&#233;sident pro-&#233;tasunien ou encore contre la privatisation de l'eau comme &#224; Cochabamba. En Argentine, face aux politiques du FMI depuis la fin des ann&#233;es 1990, ce n'est pas le pouvoir qui a r&#233;sist&#233; mais bien les piqueteros (ch&#244;meur-se-s qui bloquent les carrefours pour revendiquer leurs droits). En s'auto-organisant dans les quartiers sous un mode libertaire, ils ont recr&#233;&#233; des syst&#232;mes de troc qu'aucune loi ni gouvernement n'aurait pu d&#233;cr&#233;ter. Pour les tous jeunes groupes communistes libertaires argentins, l'Argentinazo (19 et 20 d&#233;cembre 2001) a constitu&#233; le bapt&#234;me du feu, avec une forte insertion dans le mouvement populaire. La responsabilit&#233; de d&#233;velopper une politique r&#233;volutionnaire apr&#232;s l'Argentinazo a donc &#233;chu &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'anarchistes li&#233;e aux mouvements populaires, et qui se structure principalement autour de deux petites organisations : l'Organizaci&#243;n Socialista Libertaria et Auca. L'OSL et Auca (auca signifie &#171; rebelle &#187; en indien mapuche) sont apparues presque simultan&#233;ment en 1997-98, avec la volont&#233; de faire vivre &#171; l'anarchisme dans la rue &#187; (&#171; l'anarquismo en la calle &#187;), d'o&#249; le nom du journal anar &#034; En la calle &#034; qui a cess&#233; de para&#238;tre. Form&#233;e en 1997, Auca a commenc&#233; en 1999 &#224; investir le terrain de la lutte sociale, &#224; travers plusieurs associations de ch&#244;meurs ou ch&#244;meuses et d'&#233;tudiantEs. OSL et Auca, apr&#232;s une p&#233;riode de propagande anarchiste, ont fait leur &#171; autocritique &#187; et ont pris un tournant moins id&#233;ologique, en s'immergeant dans les mouvements sociaux. C'est &#224; ce moment que des divergences sur la fa&#231;on d'intervenir ont &#233;loign&#233; les deux groupes. En 2000, Auca a quitt&#233; la structure commune que constituait En la Calle, et a cr&#233;&#233; le p&#233;riodique Offensiva Libertaria. &lt;br&gt;
Malgr&#233; leur taille r&#233;duite (trentaine de personnes chacune), les deux organisations s'astreignent &#224; tenir r&#233;guli&#232;rement des congr&#232;s pour analyser la situation sociale, et mettre &#224; jour leur strat&#233;gie politique. De la convergence de ces associations est n&#233;, en 2001, le Mouvement d'Unit&#233; Populaire (MUP), qui a l'&#233;poque ne regroupait qu'une poign&#233;e de militant(e)s, et qui a organis&#233; son premier &#171; piquete &#187; le 1er mai 2001. Apr&#232;s l'insurrection du 19-20 d&#233;cembre, le MUP a connu une croissance spectaculaire, allant jusqu'&#224; compter 2000 membres, r&#233;partis en diff&#233;rents &#171; fronts &#187;. Le front piquetero est le plus important, mais il existe &#233;galement un front &#233;tudiant (baptis&#233; Agua Negra, &#171; Eau noire &#187;) et un front paysan. Chacun de ces fronts d&#233;veloppe une activit&#233; revendicative qu'on pourrait qualifier de syndicale. Le MUP a d'ores et d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; se d&#233;velopper ailleurs qu'&#224; La Plata, sa base historique.&lt;br&gt;
Pour finir, on retrouvait des camarades anarchistes actifs au sein du mouvement des ch&#244;meurs, principalement au &#034; MTD An&#237;bal Ver&#243;n &#034;, une des organisations piqueteras les plus radicales, au sein de laquelle se retrouvaient diverses sensibilit&#233;s (anarchiste, marxiste, p&#233;roniste de gauche&#8230;). &#171; An&#237;bal Ver&#243;n &#187; avait pour caract&#233;ristique principale d'&#234;tre auto-organis&#233;, et de n'&#234;tre pas la succursale d'une organisation politique. Mais l'organisation a &#233;clat&#233; en septembre 2004 en plusieurs morceaux, et certains comit&#233;s locaux ont pris leur autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Venezuela&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En relation depuis trois ans avec les camarades venezuelien-nnes du Comit&#233; de Relations Anarchistes de Caracas, nous tenons &#224; votre disposition El Libertario. Nous organisons des manifestations de soutien (projection, concerts...) et vendons des CD dont la recette est envoy&#233;e l&#224;-bas.&lt;br&gt;
Au milieu des ann&#233;es 80, &#224; Caracas, le collectif autogestionnaire libertaire cr&#233;e El Libertario, mais en suspendra la parution au bout de six num&#233;ros. Parmi les initiateur-rices du journal, il y a Angel Cappelletti, des v&#233;t&#233;rans espagnols, des ouvrier-e-s et d'autres militant-e-s... Ce n'est qu'en novembre 1995 que le journal repara&#238;t, sous l'impulsion du Comit&#233; de Relations Anarchistes (CRA) &#224; Caracas. Le CRA est un groupe affinitaire, c'est-&#224; dire compos&#233; de personnes qui partagent l'id&#233;al libertaire et qui recherchent la construction d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la d&#233;mocratie directe, la justice sociale, l'autogestion, l'entraide, etc. Le CRA est compos&#233; de personnes de toutes g&#233;n&#233;rations qui r&#233;alisent ensemble le bimestriel El libertario. Il faut noter que dans les activit&#233;s du CRA, le journal est un outil, au m&#234;me titre que le site internet, ou encore le centre social libertaire de Caracas.&lt;br&gt;
&#171; Autog&#233;r&#233; &#224; 110 % &#187;, le journal affiche une profession de foi tr&#232;s simple et tr&#232;s claire : &#171; Chaque num&#233;ro est r&#233;alis&#233; par la coop&#233;ration volontaire de ceux qui croient important de faire entendre une voix p&#233;dagogique de contre-information, que nous &#233;laborons de fa&#231;on autonome, sans recevoir de subsides d'aucune structure de pouvoir, et sur la base de l'accord libre de ceux qui le r&#233;alisent. Lecteur, tu es invit&#233; &#224; faire partie de cette exp&#233;rience. Ici, il n'y a ni leader ni patron, mais il y a un processus d'apprentissage et de d&#233;bat permanent pour renforcer un r&#233;seau horizontal et antiautoritaire d'action sociale transformatrice. Nous voulons informer sur la th&#233;orie et la pratique des anarchistes en Am&#233;rique latine et dans le monde entier, mais aussi appuyer ce que les mouvements sociaux autour de nous ont de libertaire. &#187; Il rassemble des signatures en provenance de toute la mouvance libertaire.&lt;br&gt;
El Libertario a une diffusion assez large. Bien r&#233;pandu au Venezuela, il est lu sur tout le continent, et bien au-del&#224;, jusqu'en Europe. Les articles portent sur des sujets d'actualit&#233;s, essentiellement : &#171; Les autoritaires en guerre contre l'enfance &#187;, &#171; Architecture de l'ins&#233;curit&#233; &#187;, &#171; La culture de la pauvret&#233; &#187;, &#171; La r&#233;sistance au militarisme en Am&#233;rique latine &#187;, etc. et sont &#233;crits par des auteur-ses argentinEs, chilienNEs, espagnolEs... Il &#233;tait tr&#232;s lu dans les universit&#233;s de Caracas et tr&#232;s connu dans les milieux anarcho- punks puisque le journal doit beaucoup &#224; cette sensibilit&#233; libertaire de contre-culture.&lt;br&gt;
El libertario n'est pas la seule manifestation de l'arnarchisme v&#233;n&#233;zuelien : il existe un centre social anarchiste au Venezuela chaviste ! Les membres de la CRA du Venezuela ont ouvert leur Centre d'Etudes Sociales Libertaires &#224; Caracas depuis le dernier trimestre 2004. Au programme, biblioth&#232;que, ateliers en tous genres, publications... C'est le seul p&#244;le de r&#233;sistance contestataire et libertaire face &#224; Chavez.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_504 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/FAG_pintura_muro.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 82.8 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH159/FAG_pintura_muro-70ae9-df775.jpg?1780476195' width='250' height='159' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;claration commune des rencontres anarchistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forum social alternatif de Caracas&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Nous voulons insister sur le fait que ces camarades de diff&#233;rents pays parviennent &#224; travailler ensemble. Par exemple, voici une d&#233;claration qui fait suite au Forum Social Alternatif de Caracas en janvier 2006 :&lt;/i&gt; &lt;br&gt;
Nous, anarchistes r&#233;unis &#224; Caracas &#224; l'occasion du Forum Social Alternatif du 23 au 29 janvier 2006 - en provenance d'Allemagne, d'Angleterre, d'Argentine, de Bolivie, du Br&#233;sil, du Canada, de Colombie, de Cuba, d'&#201;quateur, d'Espagne, des &#201;tats-Unis, de France, du Mexique, du Chili, d'Italie, de Russie, d'Uruguay et du V&#233;n&#233;zuela - consid&#233;rons important de rendre public une position sp&#233;cifiquement anarchiste qui rende compte de notre exp&#233;rience et de nos &#233;changes. Dans cet esprit, nous d&#233;clarons que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. En accord avec nos bases id&#233;ologiques constitutives nous ne pouvons que confirmer notre plus profond rejet de toute forme de domination et d'oppression. Par cons&#233;quent, nous condamnons une fois de plus, et pour &#233;viter tout type de doutes ou de malentendus, le r&#233;gime capitaliste et l'organisation &#233;tatique de la soci&#233;t&#233;, ainsi que le militarisme, l'imp&#233;rialisme, le patriarcat, le racisme, les diff&#233;rentes formes d'emprisonnement, la d&#233;gradation de l'environnement, la domination de cultures pr&#233;tendues sup&#233;rieures et tout ce qui suppose qu'un &#234;tre humain puisse &#234;tre au-dessus d'unE autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Au contraire, amantEs de la libert&#233; jusqu'&#224; la luxure, nous ne nous lasserons pas de partager notre inspiration pour des valeurs libertaires, &#233;galitaires et solidaires qui permettent la construction d'une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement socialiste ; une soci&#233;t&#233; organis&#233;e sur des bases autogestionaires, f&#233;d&#233;ralistes, de d&#233;mocratie directe et bien au-del&#224; des fronti&#232;res &#233;tatiques artificielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &#201;galement, au-del&#224; du rosaire habituel de bonnes intentions et de d&#233;clarations socialistes, nous consid&#233;rons important de pr&#233;ciser &#224; nouveau qu'une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement libertaire peut seulement r&#233;sulter de la d&#233;cision conciente de sa base. Aucun exemple historique ne montre que l'espoir d'une telle soci&#233;t&#233; puisse venir d'un historiscisme obscur, d'un processus &#233;labor&#233; dans des sph&#232;res lointaines ou par des messies-caudillos. Avant tout, ce ne sont que des illusions bloquant toute &#233;mancipation r&#233;elle qu'il faut continuer de d&#233;voiler et de critiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Cette affirmation para&#238;t particuli&#232;rement d'actualit&#233; et n&#233;cessaire, dans la mesure o&#249; semble s'ouvrir en Am&#233;rique Latine un nouveau cycle historique qui conduit les peuples &#224; investir leurs angoisses et leurs espoirs dans la sociale-d&#233;mocratie ou le populisme. Ils sont appel&#233;s pour administrer la crise du syst&#232;me de domination capitaliste mais en perp&#233;tuent seulement une expression maquill&#233;e et &#233;dulcor&#233;e. Par cons&#233;quent, nous r&#233;affirmons, pr&#233;sentement confort&#233;Es par une riche exp&#233;rience historique, qu'il n'y a pas de chemins &#233;tatiques ou avant-guardistes vers une soci&#233;t&#233; socialiste libertaire. Le projet libertaire sera cr&#233;dible s'il appuie sur les luttes des mouvements sociaux de base et sur une autonomie intransigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Nous consid&#233;rons aussi que la libert&#233; n'est pas seulement un objectif mais un chemin et une pratique. Par cons&#233;quent, nous ne pouvons faire moins que d&#233;fendre les libert&#233;s conquises et &#224; conqu&#233;rir dans notre longue marche, en condamnant de maniere cons&#233;quente tous les gouvernements y compris ceux qui se revendiquent comme r&#233;volutionnaires du continent latino-americain et de toute autre partie du monde. Que cela soit clair, nous condamnons tout gouvernement qui trouve son inspiration dans une libert&#233; tronqu&#233;e ou repouss&#233;e &#224; un terme lointain. Et peu nous importent leurs hautes consid&#233;rations sorties d'une imagination d&#233;lirante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Finalement, appartenants &#224; diff&#233;rents courants de la pens&#233;e et de la pratique anarchiste et en ayant d&#233;montr&#233; dans les faits qu'il est possible d'&#233;tablir un climat de fraternit&#233; et de respect entre nous au-del&#224; de nos diff&#233;rences, nous affirmons qu'il est possible et n&#233;cesssaire pour notre mouvement de construire tous les r&#233;seaux solidaires possibles. Ceci est et sera notre engagement et notre t&#226;che imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Biopoliticos (Colombie), Colectivo Autonomo Magonista - CAMA (Mexique), Federacion Libertaria Argentina &#8211; FLA, Comision de Relaciones Anarquistas - CRA (V&#233;n&#233;zuela), Centro de Estudios Sociales Libertarios - CESL (V&#233;n&#233;zuela), Ateneo de Contracultura y Estudios Acratas &#171; La Libertaria &#187; - Biscucuy (V&#233;n&#233;zuela), The Alarm - Newspaper (&#201;tats-Unis), Espacio - Review (&#201;quateur), Kolectivo de Objecion por Konciencia - ART (Colombie), Movimiento Libertario Cubano &#8211; MLC, Grupo de Estudos Libertarios - Babilonia (Br&#233;sil), Cruz Negra Anarquista (V&#233;n&#233;zuela) et des individuEs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mujeres Creando</title>
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<category domain="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53">23 (Mars 2007)</category>


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&lt;p&gt;Mercredi 7 f&#233;vrier au CCL &#233;tait organis&#233;e la projection de &#034;Creando mujeres&#034;, un film r&#233;alis&#233; par le collectif bolivien Mujeres Creando, compos&#233; de 8 &#034;&#233;pisodes&#034; tourn&#233;s directement dans la rue, et o&#249; les th&#232;mes trait&#233;s par les militantes du mouvement (la lib&#233;ration des sexualit&#233;s, le patriarcat, l'homophobie, un discours violemment critique &#224; l'&#233;gard des pouvoirs en place), litt&#233;ralement mis en sc&#232;ne et interpr&#233;t&#233; par les femmes du collectif, &#233;veillent un d&#233;bat imm&#233;diat et in&#233;dit parmi la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://lille.cybertaria.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;23 (Mars 2007)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/IMG/logo/arton948.jpg?1173091792' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;566&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 7 f&#233;vrier au CCL &#233;tait organis&#233;e la projection de &#034;Creando mujeres&#034;, un film r&#233;alis&#233; par le collectif bolivien Mujeres Creando, compos&#233; de 8 &#034;&#233;pisodes&#034; tourn&#233;s directement dans la rue, et o&#249; les th&#232;mes trait&#233;s par les militantes du mouvement (la lib&#233;ration des sexualit&#233;s, le patriarcat, l'homophobie, un discours violemment critique &#224; l'&#233;gard des pouvoirs en place), litt&#233;ralement mis en sc&#232;ne et interpr&#233;t&#233; par les femmes du collectif, &#233;veillent un d&#233;bat imm&#233;diat et in&#233;dit parmi la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mujeres Creando (litt&#233;ralement &#034;femmes en train de cr&#233;er&#034;) est un mouvement f&#233;ministe de rue, ind&#233;pendant de toute organisation ou parti politique. Il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1990 &#224; La Paz par deux &#233;tudiantes proches de l'extr&#234;me-gauche, Maria Galindo et Julieta Paredes. Depuis, les ont rejointes plus d'une vingtaine de femmes de toutes origines et de toutes classes sociales : prostitu&#233;es, divorc&#233;es, mari&#233;es, lesbiennes, h&#233;t&#233;rosexuelles, c&#233;libataires, Indiennes, &#233;tudiantes, artistes. D'o&#249; l'autod&#233;finition r&#233;cente du collectif : &#034;Nous sommes un mouvement d'Indiennes, de putes et de lesbiennes ensemble, m&#233;lang&#233;es et fraternellement li&#233;es&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode d'action du collectif n'a jamais vari&#233; depuis sa cr&#233;ation (et ceci malgr&#233; les brutalit&#233;s polici&#232;res dont il est presque chaque fois victime, comme de la violence des organisations d'extr&#234;me droite ou de gauche boliviennes) : il s'agit d'investir l'espace public, de cr&#233;er des manifestations dans la rue, d'agir parmi les gen-te-s concern&#233;-e-s avec &#034;humour, provocation et po&#233;sie&#034;. Pour elles, l'action politique est faite aussi bien des corps et des imaginations que d'esprit et de r&#233;flexion. On voit ainsi dans le film des Indiennes en costume traditionnel distribuer (ou tenter de distribuer) des badges antiracistes &#224; la sortie d'un magasin chic, une femme qui proteste en plein tribunal contre la paralysie administrative du syst&#232;me judiciaire bolivien en &#233;ventrant sur le public des sacs pleins de paperasse, des lesbiennes se coucher dans un lit improvis&#233; en pleine rue. Le tout sous l'oeil faussement choqu&#233; d'une militante, d&#233;guis&#233;e en bourgeoise, qui mat&#233;rialise face au public, par son comportement et ses r&#233;actions caricaturales, l'intol&#233;rance de l'opinion commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le caract&#232;re th&#233;&#226;tral de ces manifestations, les Mujeres Creando ne se d&#233;finissent pas - et refusent qu'on les d&#233;finisse - comme des intellectuelles ou comme des artistes : &#034;nos actes ne sont pas des anecdotes, leur seule transcendance est dans nos vies.&#034; Leur mode d'agir, original, physique et vivant, qui s'introduit &#034;dans le tissu des relations sociales&#034;, est simplement celui qui parle le plus directement aux gens de la rue. Au cours de son &#233;volution, le collectif va d'ailleurs &#234;tre amen&#233; &#224; diversifier ses cr&#233;ations : en 1995, il entreprend la publication de &#034;Mujer Publica&#034;, un p&#233;riodique qui expose les positions du mouvement sur la situation politique aussi bien que sur la vie quotidienne des femmes. Entre 1999 et 2003 les femmes de Mujeres Creando, sous l'&#233;gide de leur co-fondatrice Maria Galindo (auteure elle-m&#234;me de nombreux articles, voir le site de la FA), ont &#233;galement fait para&#238;tre plusieurs livres sur leur exp&#233;rience militante. De plus, elles ont ouvert en 2004 une maison autog&#233;r&#233;e &#224; La Paz, &#034;Virgen de los deseos&#034; (La Vierge des d&#233;sirs), un lieu qui, id&#233;ologiquement, est un espace propre aux femmes et &#224; leur lutte mais ouvert &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; son changement, et qui prend, &#233;conomiquement, la forme d'une coop&#233;rative o&#249; sont men&#233;es toutes sortes d'initiatives par des groupes de femmes diff&#233;rents. Comme le d&#233;finit Maria Galindo, &#034;Virgen de los deseos&#034; est &#034;le lieu pr&#233;cis o&#249; se tient le point de rencontre de la d&#233;sob&#233;issance et de la r&#233;bellion tant dans le domaine du v&#233;cu personnel que dans celui du collectif.&#034;&lt;/p&gt;
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&lt;a href='http://lille.cybertaria.org/IMG/jpg/mujeresCreando.jpg' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 141.9 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='http://lille.cybertaria.org/local/cache-vignettes/L250xH142/mujeresCreando-f8428-8056a.jpg?1780458497' width='250' height='142' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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