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Alternatives sociales et politiques en Amérique du Sud

lundi 5 mars 2007


L’idée de soli­da­rité entre les peu­ples et d’une soli­da­rité liber­taire à tra­vers le monde est une réa­lité mise en oeu­vre depuis des dizai­nes d’années. Ce sont ces réseaux qui nous per­met­tent de " savoir ce qui se passe " ailleurs. Ainsi le réseau Solidarité Internationale Libertaire (SIL) sou­tient les pro­jets d’orga­ni­sa­tions sud-amé­ri­cai­nes, la FAG (Federação Anarquita Gaùcha), la FAU (Uruguay) et l’OSL (Organisation Socialiste Libertaire). De même, l’Internationale des Fédérations Anarchistes agit comme un outil pour pas­ser les infor­ma­tions, coor­don­ner des mou­ve­ments ou des cam­pa­gnes. En outre, la mul­ti­pli­cité des échanges indi­vi­duels ou col­lec­tifs qui peut exis­ter entre liber­tai­res per­met le déve­lop­pe­ment de rela­tions " à la base " qui se cons­trui­sent cha­que jour. Enfin, il ne fau­drait pas oublier que le déve­lop­pe­ment des médias dits " alter­na­tifs ", comme Indymedia ou @-infos, per­met­tent aux anar­chis­tes (mais pas seu­le­ment) de pou­voir infor­mer, mobi­li­ser et exis­ter.

Il s’agit ici de met­tre en exer­gue des pra­ti­ques et des essais auto­ges­tion­nai­res, a for­tiori anar­chis­tes, qu’on peut trou­ver en " AmSud ". Le but n’est pas d’être exhaus­tif, mais d’appré­hen­der quel­ques réa­li­tés du mou­ve­ment anar­chiste sud-amé­ri­cain. À l’heure où les tenan­tEs de LA nou­velle voix de gau­che nous annonce un grand élan révo­lu­tion­naire latino-amé­ri­cain, regar­dons der­rière l’épaisse fumée des ciga­res de chefs auto­pro­cla­més de LA révo­lu­tion et inté­res­sons-nous aux quar­tiers et clas­ses popu­lai­res. Car c’est dans ces lieux que se déve­lop­pent la démo­cra­tie directe et l’auto-orga­ni­sa­tion des popu­la­tions. En effet, dans des pays qui sont tous pas­sés par la dic­ta­ture, la ques­tion de la démo­cra­tie n’est pas élémentaire et les aspi­ra­tions au chan­ge­ment sont d’autant plus for­tes dans les cou­ches les plus défa­vo­ri­sées de la popu­la­tion. C’est pour­quoi les pro­jets " alter­na­tifs " (auto­gé­rés) concer­nent le ren­for­ce­ment ou la cons­truc­tion de lieux d’expres­sion popu­laire et de lieux de vie com­mu­nau­taire comme en Uruguay ou Brésil. L’anar­chisme, reven­di­qué ou pas, offre cet idéal d’auto­no­mie qu’on retrouve dans les vil­les et les cam­pa­gnes sud-amé­ri­cai­nes. C’est pour­quoi aussi on a pu enten­dre par­ler de " Commune libre ", d’auto­no­mie à pro­pos de la lutte du peu­ple d’Oaxaca ces der­niers mois. Sans dire que l’ombre de Louise Michel pla­nait sur l’Etat insurgé, une réflexion a été amor­cée sur un nou­veau pacte social autour de la nou­velle démo­cra­tie, l’économie sociale et soli­daire, une nou­velle éducation, la jus­tice et l’équité socia­les. Durant le congrès cons­ti­tu­tif de l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca), ces idées sont repri­ses et dis­cu­tées. On peut sou­li­gner la cohé­sion qui se cons­truit entre les divers-e-s acteur-trice-s de la lutte, dont les inté­rêts ne sont pour­tant pas tou­jours les mêmes, notam­ment entre les com­mu­nau­tés indien­nes et les for­ces d’oppo­si­tion au capi­ta­lisme (com­mu­nis­tes, liber­tai­res). Les dis­sen­sions qui exis­tent ne leur font pas per­dre de vue qu’ils-elles ont un réel inté­rêt com­mun à cons­truire ensem­ble une société plus juste et res­pec­tueuse de leurs indi­vi­dua­li­tés.

Les condi­tions (économiques, socia­les et poli­ti­ques) pour la dif­fu­sion des idées liber­tai­res sont dif­fi­ci­les en Amérique Latine. Celle-ci offre une réa­lité du mou­ve­ment des " sans " qui est plus crûe que la nôtre. Les mobi­li­sa­tions de cel­leux qu’on appelle " sans " ont jalonné les lut­tes socia­les de ces dix der­niè­res années. Le Forum Social Mondial en se créant en oppo­si­tion au Forum Economique Mondial pré­ten­dait être la voix des sans-voix avec par exem­ple le réseau No Vox - dont l’objec­tif était de cons­truire un réseau inter­na­tio­nal des mou­ve­ments de mobi­li­sa­tion des popu­la­tions exclues. La place des " sans " (papiers, reve­nus, terre, logis, ticket) dans les orga­nes de déci­sion et leur pré­sence dans les débats étaient insi­gni­fian­tes. On peut donc cons­ta­ter une frac­ture entre " sans " et " avec " un peu moins clas­si­que que celle entre révo­lu­tion­nai­res et réfor­mis­tes.

L’étouffement des anar­chis­tes dans des régi­mes auto­ri­tai­res et la pré­ca­rité des moyens maté­riels sont un lot quo­ti­dien. Les anar­chis­tes essaient, au niveau qui est le leur, de sou­te­nir les expé­rien­ces auto­ges­tion­nai­res (voir enca­drés). A la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste, nous oppo­sons, ici et main­te­nant, la soli­da­rité concrète et directe. Bâtir un autre monde, c’est par­ti­ci­per à la mise en place d’une athé­née, d’un cen­tre social ou d’une impri­me­rie, ter­reaux d’expé­rien­ces iné­di­tes, de pri­ses en char­ges col­lec­ti­ves et auto­no­mes. En élaborant ces pro­jets à la base et dans l’action directe, en marge de cel­leux qui vou­draient doter le mou­ve­ment de résis­tance inter­na­tio­nale à la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste d’un pro­jet de société uni­que, élaboré de façon déconnec­tée des réa­li­tés par des intel­lec­tuel-le-s de salon ou des meneurs et meneu­ses auto­pro­clamé-e-s.

Uruguay

Une athé­née existe déjà, à Colon. Il s’agit d’un lieu de débat col­lec­tif et de déci­sion impli­qué dans les lut­tes socia­les : lut­tes ouvriè­res ou étudiantes, com­bats écologiques, dénon­cia­tion de la cor­rup­tion, déve­lop­pe­ment des soins médi­caux et de l’éducation, etc. Mais elle atteint ses limi­tes, à cause du prix des ter­res. Le maté­riel mili­tant est aussi incom­plet : il man­que une camion­nette à la FAU, outil indis­pen­sa­ble pour la pro­pa­gande de rue, dans un pays où les moyens de com­mu­ni­ca­tion et les modes de mani­fes­ta­tion n’ont rien à voir avec les nôtres.

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Brésil

Un pro­jet simi­laire à l’athé­née de Colon est lancé de l’autre côté de la fron­tière, dans le vil­lage de Sepe Tiaraju, à la limite du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay. Par l’action directe, 483 famil­les de pay­san-ne-s sans-terre se sont empa­réEs de 16 hec­ta­res. Mais elles man­quent en par­ti­cu­lier d’un hall com­mu­nau­taire, un lieu social et poli­ti­que, où pour­ront se réu­nir les assem­blées géné­ra­les des habi­tan­tEs. Au Brésil, impri­mer un jour­nal ou même un tract est un casse-tête.
Pourtant, l’arri­vée de Lula au pou­voir avait créé l’espoir. C’est dans ce cadre aux relents socialo-capi­ta­lis­tes que se sont tenues les jour­nées anar­chis­tes de Porto Alegre en 2001, orga­ni­sées par la Federação Anarquita Gaùcha. Des mou­ve­ments venus de Colombie, du Chili, d’Uruguay ont rap­pelé les bases de leur résis­tance : démo­cra­tie directe, indé­pen­dance avec les par­tis poli­ti­ques, action directe ou encore auto­ges­tion. Les cama­ra­des rap­pel­lent que la poli­ti­que n’est pas la conquête du pou­voir mais bien la cons­truc­tion de résis­tance avec tou­tes et tous pour créer ici et main­te­nant un monde juste.
Les cama­ra­des de la FAG arti­cu­lent leur lutte sur qua­tre fronts. Le pre­mier est le tra­vail com­mu­nau­taire, essen­tiel­le­ment dans les fave­las pour créer des espa­ces de soli­da­rité. Un autre front a été ouvert avec les étudiant-e-s pour sou­te­nir les lut­tes de la jeu­nesse. La com­mu­ni­ca­tion alter­na­tive est aussi un autre chan­tier : la FAG tra­vaille avec Indymedia mais aussi un réseau de radios indé­pen­dan­tes. Enfin, les liber­tai­res bré­si­lien-ne-s tis­sent des liens avec des syn­di­cats. La Fag n’a pas la volonté de s’unir seu­le­ment avec les mou­ve­ments liber­tai­res. L’alliance poli­ti­que n’est pas qu’une ques­tion théo­ri­que. Elle peut se faire sur des pra­ti­ques, notam­ment d’action directe. C’est ainsi qu’elle sou­tient le Mouvement des sans terre (MST) pour " sa prise de res­pon­sa­bi­lité en pra­ti­quant des réqui­si­tions de ter­res. " Toutefois, elle s’en sépare au niveau idéo­lo­gi­que dans la mesure où les diri­geants du Mst sont d’obé­dience marxiste-léni­niste.
La FAG s’est créée en 1996 dans la volonté de rom­pre avec un mou­ve­ment liber­taire absent des lut­tes socia­les. Dans un pays grand comme l’Europe, elle ne réu­nit que les liber­tai­res du Rio Grande do Sul, l’Etat le plus au sud du Brésil, juste au Nord de l’Uruguay. Elle est une expres­sion de la néces­sité de por­ter les idées liber­tai­res dans le mou­ve­ment social. Inspirée de la FA Urugayenne, elle rompt avec la ten­dance des anar­chis­tes à s’enfer­mer dans des dis­cours idéo­lo­gi­ques, pure­ment théo­ri­ques. La FAG va créer une impri­me­rie liber­taire des­ti­née à tous les mou­ve­ments avec les­quels elle est en lien.

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Argentine

Ce sont bien les peu­ples qui s’insur­gent que nous sou­te­nons. C’est le peu­ple boli­vien qui arbore fiè­re­ment des tee-shirts " Coca si, Alca no ! " (la culture du coca est ybe des rpin­ci­pa­les res­sour­ces du pays et Alca est un accord de libre échange sud-amé­ri­cain). C’est ce même peu­ple qui des­cend dans la rue et ris­que sa vie pour sau­ver les plan­ta­tions, deman­der la démis­sion d’un pré­si­dent pro-étasunien ou encore contre la pri­va­ti­sa­tion de l’eau comme à Cochabamba. En Argentine, face aux poli­ti­ques du FMI depuis la fin des années 1990, ce n’est pas le pou­voir qui a résisté mais bien les pique­te­ros (chô­meur-se-s qui blo­quent les car­re­fours pour reven­di­quer leurs droits). En s’auto-orga­ni­sant dans les quar­tiers sous un mode liber­taire, ils ont recréé des sys­tè­mes de troc qu’aucune loi ni gou­ver­ne­ment n’aurait pu décré­ter. Pour les tous jeu­nes grou­pes com­mu­nis­tes liber­tai­res argen­tins, l’Argentinazo (19 et 20 décem­bre 2001) a cons­ti­tué le bap­tême du feu, avec une forte inser­tion dans le mou­ve­ment popu­laire. La res­pon­sa­bi­lité de déve­lop­per une poli­ti­que révo­lu­tion­naire après l’Argentinazo a donc échu à une nou­velle géné­ra­tion d’anar­chis­tes liée aux mou­ve­ments popu­lai­res, et qui se struc­ture prin­ci­pa­le­ment autour de deux peti­tes orga­ni­sa­tions : l’Organización Socialista Libertaria et Auca. L’OSL et Auca (auca signi­fie « rebelle » en indien mapu­che) sont appa­rues pres­que simul­ta­né­ment en 1997-98, avec la volonté de faire vivre « l’anar­chisme dans la rue » (« l’anar­quismo en la calle »), d’où le nom du jour­nal anar " En la calle " qui a cessé de paraî­tre. Formée en 1997, Auca a com­mencé en 1999 à inves­tir le ter­rain de la lutte sociale, à tra­vers plu­sieurs asso­cia­tions de chô­meurs ou chô­meu­ses et d’étudiantEs. OSL et Auca, après une période de pro­pa­gande anar­chiste, ont fait leur « auto­cri­ti­que » et ont pris un tour­nant moins idéo­lo­gi­que, en s’immer­geant dans les mou­ve­ments sociaux. C’est à ce moment que des diver­gen­ces sur la façon d’inter­ve­nir ont éloigné les deux grou­pes. En 2000, Auca a quitté la struc­ture com­mune que cons­ti­tuait En la Calle, et a créé le pério­di­que Offensiva Libertaria.
Malgré leur taille réduite (tren­taine de per­son­nes cha­cune), les deux orga­ni­sa­tions s’astrei­gnent à tenir régu­liè­re­ment des congrès pour ana­ly­ser la situa­tion sociale, et met­tre à jour leur stra­té­gie poli­ti­que. De la conver­gence de ces asso­cia­tions est né, en 2001, le Mouvement d’Unité Populaire (MUP), qui a l’époque ne regrou­pait qu’une poi­gnée de mili­tant(e)s, et qui a orga­nisé son pre­mier « piquete » le 1er mai 2001. Après l’insur­rec­tion du 19-20 décem­bre, le MUP a connu une crois­sance spec­ta­cu­laire, allant jusqu’à comp­ter 2000 mem­bres, répar­tis en dif­fé­rents « fronts ». Le front pique­tero est le plus impor­tant, mais il existe également un front étudiant (bap­tisé Agua Negra, « Eau noire ») et un front pay­san. Chacun de ces fronts déve­loppe une acti­vité reven­di­ca­tive qu’on pour­rait qua­li­fier de syn­di­cale. Le MUP a d’ores et déjà réussi à se déve­lop­per ailleurs qu’à La Plata, sa base his­to­ri­que.
Pour finir, on retrou­vait des cama­ra­des anar­chis­tes actifs au sein du mou­ve­ment des chô­meurs, prin­ci­pa­le­ment au " MTD Aníbal Verón ", une des orga­ni­sa­tions pique­te­ras les plus radi­ca­les, au sein de laquelle se retrou­vaient diver­ses sen­si­bi­li­tés (anar­chiste, marxiste, péro­niste de gau­che…). « Aníbal Verón » avait pour carac­té­ris­ti­que prin­ci­pale d’être auto-orga­nisé, et de n’être pas la suc­cur­sale d’une orga­ni­sa­tion poli­ti­que. Mais l’orga­ni­sa­tion a éclaté en sep­tem­bre 2004 en plu­sieurs mor­ceaux, et cer­tains comi­tés locaux ont pris leur auto­no­mie.

Venezuela

En rela­tion depuis trois ans avec les cama­ra­des vene­zue­lien-nnes du Comité de Relations Anarchistes de Caracas, nous tenons à votre dis­po­si­tion El Libertario. Nous orga­ni­sons des mani­fes­ta­tions de sou­tien (pro­jec­tion, concerts...) et ven­dons des CD dont la recette est envoyée là-bas.
Au milieu des années 80, à Caracas, le col­lec­tif auto­ges­tion­naire liber­taire crée El Libertario, mais en sus­pen­dra la paru­tion au bout de six numé­ros. Parmi les ini­tia­teur-rices du jour­nal, il y a Angel Cappelletti, des vété­rans espa­gnols, des ouvrier-e-s et d’autres mili­tant-e-s... Ce n’est qu’en novem­bre 1995 que le jour­nal repa­raît, sous l’impul­sion du Comité de Relations Anarchistes (CRA) à Caracas. Le CRA est un groupe affi­ni­taire, c’est-à dire com­posé de per­son­nes qui par­ta­gent l’idéal liber­taire et qui recher­chent la cons­truc­tion d’une société basée sur la démo­cra­tie directe, la jus­tice sociale, l’auto­ges­tion, l’entraide, etc. Le CRA est com­posé de per­son­nes de tou­tes géné­ra­tions qui réa­li­sent ensem­ble le bimes­triel El liber­ta­rio. Il faut noter que dans les acti­vi­tés du CRA, le jour­nal est un outil, au même titre que le site inter­net, ou encore le cen­tre social liber­taire de Caracas.
« Autogéré à 110 % », le jour­nal affi­che une pro­fes­sion de foi très sim­ple et très claire : « Chaque numéro est réa­lisé par la coo­pé­ra­tion volon­taire de ceux qui croient impor­tant de faire enten­dre une voix péda­go­gi­que de contre-infor­ma­tion, que nous élaborons de façon auto­nome, sans rece­voir de sub­si­des d’aucune struc­ture de pou­voir, et sur la base de l’accord libre de ceux qui le réa­li­sent. Lecteur, tu es invité à faire par­tie de cette expé­rience. Ici, il n’y a ni lea­der ni patron, mais il y a un pro­ces­sus d’appren­tis­sage et de débat per­ma­nent pour ren­for­cer un réseau hori­zon­tal et antiau­to­ri­taire d’action sociale trans­for­ma­trice. Nous vou­lons infor­mer sur la théo­rie et la pra­ti­que des anar­chis­tes en Amérique latine et dans le monde entier, mais aussi appuyer ce que les mou­ve­ments sociaux autour de nous ont de liber­taire. » Il ras­sem­ble des signa­tu­res en pro­ve­nance de toute la mou­vance liber­taire.
El Libertario a une dif­fu­sion assez large. Bien répandu au Venezuela, il est lu sur tout le conti­nent, et bien au-delà, jusqu’en Europe. Les arti­cles por­tent sur des sujets d’actua­li­tés, essen­tiel­le­ment : « Les auto­ri­tai­res en guerre contre l’enfance », « Architecture de l’insé­cu­rité », « La culture de la pau­vreté », « La résis­tance au mili­ta­risme en Amérique latine », etc. et sont écrits par des auteur-ses argen­ti­nEs, chi­lien­NEs, espa­gno­lEs... Il était très lu dans les uni­ver­si­tés de Caracas et très connu dans les milieux anar­cho- punks puis­que le jour­nal doit beau­coup à cette sen­si­bi­lité liber­taire de contre-culture.
El liber­ta­rio n’est pas la seule mani­fes­ta­tion de l’arnar­chisme véné­zue­lien : il existe un cen­tre social anar­chiste au Venezuela cha­viste ! Les mem­bres de la CRA du Venezuela ont ouvert leur Centre d’Etudes Sociales Libertaires à Caracas depuis le der­nier tri­mes­tre 2004. Au pro­gramme, biblio­thè­que, ate­liers en tous gen­res, publi­ca­tions... C’est le seul pôle de résis­tance contes­ta­taire et liber­taire face à Chavez.

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Déclaration commune des rencontres anarchistes

Forum social alter­na­tif de Caracas Nous vou­lons insis­ter sur le fait que ces cama­ra­des de dif­fé­rents pays par­vien­nent à tra­vailler ensem­ble. Par exem­ple, voici une décla­ra­tion qui fait suite au Forum Social Alternatif de Caracas en jan­vier 2006 :
Nous, anar­chis­tes réu­nis à Caracas à l’occa­sion du Forum Social Alternatif du 23 au 29 jan­vier 2006 - en pro­ve­nance d’Allemagne, d’Angleterre, d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Canada, de Colombie, de Cuba, d’Équateur, d’Espagne, des États-Unis, de France, du Mexique, du Chili, d’Italie, de Russie, d’Uruguay et du Vénézuela - consi­dé­rons impor­tant de ren­dre public une posi­tion spé­ci­fi­que­ment anar­chiste qui rende compte de notre expé­rience et de nos échanges. Dans cet esprit, nous décla­rons que :

1. En accord avec nos bases idéo­lo­gi­ques cons­ti­tu­ti­ves nous ne pou­vons que confir­mer notre plus pro­fond rejet de toute forme de domi­na­tion et d’oppres­sion. Par consé­quent, nous condam­nons une fois de plus, et pour éviter tout type de dou­tes ou de malen­ten­dus, le régime capi­ta­liste et l’orga­ni­sa­tion étatique de la société, ainsi que le mili­ta­risme, l’impé­ria­lisme, le patriar­cat, le racisme, les dif­fé­ren­tes for­mes d’empri­son­ne­ment, la dégra­da­tion de l’envi­ron­ne­ment, la domi­na­tion de cultu­res pré­ten­dues supé­rieu­res et tout ce qui sup­pose qu’un être humain puisse être au-des­sus d’unE autre.

2. Au contraire, aman­tEs de la liberté jusqu’à la luxure, nous ne nous las­se­rons pas de par­ta­ger notre ins­pi­ra­tion pour des valeurs liber­tai­res, égalitaires et soli­dai­res qui per­met­tent la cons­truc­tion d’une société véri­ta­ble­ment socia­liste ; une société orga­ni­sée sur des bases auto­ges­tio­nai­res, fédé­ra­lis­tes, de démo­cra­tie directe et bien au-delà des fron­tiè­res étatiques arti­fi­ciel­les.

3. Également, au-delà du rosaire habi­tuel de bon­nes inten­tions et de décla­ra­tions socia­lis­tes, nous consi­dé­rons impor­tant de pré­ci­ser à nou­veau qu’une société véri­ta­ble­ment liber­taire peut seu­le­ment résul­ter de la déci­sion conciente de sa base. Aucun exem­ple his­to­ri­que ne mon­tre que l’espoir d’une telle société puisse venir d’un his­to­ris­cisme obs­cur, d’un pro­ces­sus élaboré dans des sphè­res loin­tai­nes ou par des mes­sies-cau­dillos. Avant tout, ce ne sont que des illu­sions blo­quant toute émancipation réelle qu’il faut conti­nuer de dévoi­ler et de cri­ti­quer.

4. Cette affir­ma­tion paraît par­ti­cu­liè­re­ment d’actua­lité et néces­saire, dans la mesure où sem­ble s’ouvrir en Amérique Latine un nou­veau cycle his­to­ri­que qui conduit les peu­ples à inves­tir leurs angois­ses et leurs espoirs dans la sociale-démo­cra­tie ou le popu­lisme. Ils sont appe­lés pour admi­nis­trer la crise du sys­tème de domi­na­tion capi­ta­liste mais en per­pé­tuent seu­le­ment une expres­sion maquillée et édulcorée. Par consé­quent, nous réaf­fir­mons, pré­sen­te­ment confor­téEs par une riche expé­rience his­to­ri­que, qu’il n’y a pas de che­mins étatiques ou avant-guar­dis­tes vers une société socia­liste liber­taire. Le pro­jet liber­taire sera cré­di­ble s’il appuie sur les lut­tes des mou­ve­ments sociaux de base et sur une auto­no­mie intran­si­geante.

5. Nous consi­dé­rons aussi que la liberté n’est pas seu­le­ment un objec­tif mais un che­min et une pra­ti­que. Par consé­quent, nous ne pou­vons faire moins que défen­dre les liber­tés conqui­ses et à conqué­rir dans notre lon­gue mar­che, en condam­nant de maniere consé­quente tous les gou­ver­ne­ments y com­pris ceux qui se reven­di­quent comme révo­lu­tion­nai­res du conti­nent latino-ame­ri­cain et de toute autre par­tie du monde. Que cela soit clair, nous condam­nons tout gou­ver­ne­ment qui trouve son ins­pi­ra­tion dans une liberté tron­quée ou repous­sée à un terme loin­tain. Et peu nous impor­tent leurs hau­tes consi­dé­ra­tions sor­ties d’une ima­gi­na­tion déli­rante.

6. Finalement, appar­te­nants à dif­fé­rents cou­rants de la pen­sée et de la pra­ti­que anar­chiste et en ayant démon­tré dans les faits qu’il est pos­si­ble d’établir un cli­mat de fra­ter­nité et de res­pect entre nous au-delà de nos dif­fé­ren­ces, nous affir­mons qu’il est pos­si­ble et nécess­saire pour notre mou­ve­ment de cons­truire tous les réseaux soli­dai­res pos­si­bles. Ceci est et sera notre enga­ge­ment et notre tâche immé­diate.

Biopoliticos (Colombie), Colectivo Autonomo Magonista - CAMA (Mexique), Federacion Libertaria Argentina – FLA, Comision de Relaciones Anarquistas - CRA (Vénézuela), Centro de Estudios Sociales Libertarios - CESL (Vénézuela), Ateneo de Contracultura y Estudios Acratas « La Libertaria » - Biscucuy (Vénézuela), The Alarm - Newspaper (États-Unis), Espacio - Review (Équateur), Kolectivo de Objecion por Konciencia - ART (Colombie), Movimiento Libertario Cubano – MLC, Grupo de Estudos Libertarios - Babilonia (Brésil), Cruz Negra Anarquista (Vénézuela) et des indi­vi­duEs

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