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Bienvenue au pays des nouveaux cow-boys

vendredi 8 décembre 2006


Les flics se rebiffent. Seraient-illes subitement animéEs d’une colère contre la politique du tout répressif ? Dans une illumination soudaine, auraient-illes eu un soubresaut d’écœurement face à leur tâche de pacificateurs dans les banlieues, de briseurs de grève, de chasseurs d’immigréEs, de pauvres et de squatteureuses ? En auraient-illes marre de jouer les preux chevaliers au service des propriétaires, des patrons et de l’ordre des plus riches ? Ont-illes le blues ? Auraient-illes une envie collective de raccrocher les képis, les tasers, de garer définitivement les bétailleuses, de réclamer plus de justice sociale  ?Bien sûr que non, ce serait quelque part se renier. Et ce serait faire de la politique. Un flic ne fait pas de politique il obéit, point barre. Et il joue au cowboy. Mais alors que veut la police ? Arrêter d’être martyrisée. Pouvoir taper, traquer, humilier tranquillement, sans être emmerdée, peinarde, ce serait le pied ! Merde, illes exercent un métier difficile ! Que la loi les protége un peu plus bon sang ! AssermentéEs, ça ne suffit pas, il faut plus d’effectif, une prime de risque et une présence 24 heures sur 24 sur le terrain. Ouaw ! Des flics à toute heure du jour, partout, ce serait gigantesque. Et en grand, en énorme, partout peint en bleu marine sur les murs de la ville : "Ferme ta gueule, on te surveille merdeux !". ça a le mérite d’être clair, la police est une victime. C’est bien connu, depuis que le petit père des bleus est à l’Intérieur, elle n’a cessé d’être la cible de guet-apens, une proie livrée aux hordes de jeunes délinquantEs barbares qui déferlent sur les agents de la République démuni-e-s… Ouaw, vite, vite, envoyons l’armée !

La police vous parle, tous les soirs à 20 heures

C’est facile de venir se plaindre, quand les médias, tous les jours nous abreuvent de discours partisans. 30 jeunes tapis dans les bosquets qui tabassent des flics venus en amis à Epinay sur Seine, 50 dans la cité Orgement à Strasbourg, quant aux évènements du quartiers des Musiciens aux Mureaux, le communiqué du syndicat UNSA police braille "Plusieurs gardiens de la Paix, en service commandé, ont été victimes d’une lâche agression par jets de pierre de la part d’un groupe d’une centaine d’individus"…Partout, des violences "gratuites et illégitime", des centaines de milliers de jeunes en survêtement et casquettes. L’image est simpliste, populiste, s’appuie sur la peur communiquée, histoire d’alimenter du même coup la xénophobie ambiante. Difficile après ça de ne pas être pris d’une sécurite aigüe. Par contre pas question, nulle part, d’entamer un quelconque reportage digne de ce nom sur les conditions sociales d’existence dans les ghettos du capital. Il faut quand même suivre ces affaires dans les jours qui suivent. Quand l’effet spectacle est retombé. On apprend brièvement qu’aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes, les empreintes ADN retrouvées sur la boîte de pizza, ayant prétendument servi d’encas avant l’assaut des 30 à 40 jeunes rebelles ayant fondus sur les deux CRS fin septembre, ne correspondent pas aux empreintes retrouvés sur les véhicules amochés. Tout d’un coup, le caractère prémédité disparaît. On corrige à peine, après s’en être servi à tire-larigot. Et puis les trentaines d’agresseurs s’amenuisent en une douzaine, les cinquantaines deviennent vingt et les centaines de délinquant-e-s n’étaient pas plus de trente. La malhonnêteté intellectuelle est de mise, partout.Le 9 novembre dernier, l’UNSA police, syndicat affilié PS, organise ses 4 malheureux rassemblements simultanés. 120 policiers à Lille, rassemblés devant la préfecture, avec une camionnette de l’UNSA qui passe Bella Ciao en fond sonore pour demander plus d’effectifs. 120 policiers et 4 ou 5 médias, venus relayer une fois de plus les projets de société sécuritaire (ils sont où tous ces médias dans les manifs de sans-papiers ?). La moquerie est totale. Dernièrement, le ministère de l’Intérieur à créé des unités de police pour les transports en commun et pour les hôpitaux. Cela se rajoute à la police ferroviaire, au flic référent dans les collèges et les lycées et la police des frontières. Ce que veulent les syndicats de police c’est qu’on donne les véritables moyens à ces politiques pétainistes, en mettant les billes nécessaires aux intentions affichées. Nul doute que ça viendra. Le chantier du nouveau commissariat à Lille-sud

Le Pen a déjà gagné les élections

Trois semaines plus tard l’UNSA devient syndicat majoritaire, officiellement c’est un désaveu pour la politique de Sarko… mais y’a qu’à voir ce qu’ils réclament pour comprendre que partout, on réclame des shérifs, des supers flics omnipotents pour faire régner l’ordre pur et dur. A la télé on entend parler un représentant parisien du syndicat Alliance (l’autre grand syndicat, affilié droite) quant à l’opération surmédiatisée aux Mureaux et les exactions dénoncées. On pleure la présence des médias ayant fait foirer l’opération et l’opprobre lancé sur les policiers. C’est vraiment dégueulasse. On considère qu’il faut à la tête des policiers de France et de Navarre "un vrai flic, désintéressé des intérêts politiques". Marre d’être manipuléEs à des fins électoralistes. Voilà les grandes lignes sont là, ce que veulent officiellement les flics, c’est pas faire de la politique, ça ils s’en foutent (soi-disant). Ce qu’ils veulent c’est l’indépendance et la liberté, deux valeurs très nobles qui veulent dire arrêtez de venir nous filmer, laissez nous tabasser tranquille.C’est clair mais c’est carrément démago. Ce serait oublier qu’illes ne sont que des marionnettes des logiques en place, et ce serait oublier pourquoi illes en sont venuE-s à être aussi nombreuseux et toutEs-puissantEs. Et puis comme si ce n’était pas politique de nettoyer les centres-villes et de virer les immigréEs ! Concernant l’opération "nettoyage" aux Mureaux, l’UNSA désigne quant à elle les fils du dispositif : "l’UNSA police est surprise que l’on s’interroge des "fuites" et des reproches faits aux médias d’avoir été présents, cette fois-ci, sur l’opération, alors que l’administration pratique depuis quelques années, une sélection habile de la médiatisation des interventions de police qui a souvent, pour conséquence, une surenchère à la recherche du sensationnel". Voilà qui est clair et lucide.

Vlà la gueule de la démocratie !

En France la police nationale compte 150.000 personnes. Quant à l’armée on frôle les 400.000 unités. Ca fait plus d’un demi-million de personnes embauchées pour encadrer le reste de la population. Sans compter les juges, les huissiers et autres garants de la "justice" instaurée par les bourgeoisES qui nous commandent. Sans oublier les sociétés de sécurité privée, les matons et le reste du personnel pénitentiaire. C’est pas mal. Objectif : surveiller, contrôler, punir au service des riches.
Surveiller : Avec les lois vigipirates (Chevènement), sécurité intérieure (Perben) jusqu’au récent-futur prévention délinquance présenté par le nouveau présidentiable de l’UMP, c’est des militaires dans les gares et les aéroports, des fouilles au corps et de véhicules sur claquement de doigts, des caméras de surveillance sur les façades de particuliers, des unités spéciales toujours plus violentes et cagoulées, des effectifs décuplés et des quadrillages de quartiers entiers.
Contrôler : c’est des guet-apens aux immigrés dans les hôpitaux, préfectures et manifestations et des chasses à l’Homme sur Calais depuis la fermeture de Sangatte, pour exploser les objectifs de reconduite à la frontière. Des provocations aux délits, des opérations commandos sous l’œil médiatique, des contrats de sécurité locaux passés avec la mairie…
Punir : c’est toujours plus de comparutions immédiates, des peines renforcées pour "rébellion" et atteintes sur les forces de la sécurité publique. C’est toujours plus de flics assermentéEs qui se couvrent les unEs les autres, des flics de plus en plus zéléEs qui ne cachent pas qu’illes font ce qu’illes veulent, te collent le délit qu’illes veulent et qu’on sera forcément amenéEs à se revoir après 2007… Sans oublier l’enrichissement perpétuel de l’arsenal répressif. Ah ça c’est fou comme illes en ont de l’imagination pour faire mal ! Le dernier petit bijou en date, le taser, petit engin qui t’envoie une décharge de 50.000 volts dans la tronche et qui a déjà fait plus d’une centaine de morts aux Etats-Unis… Le b-a-ba de la sécurité de touTEs quoi.

Dé dérapage en dérapage

Ah c’est vraiment regrettable les bavures…mais c’est les aléas du boulot quoi, c’est pas facile tous les jours. Mais c’est quand même toujours les mêmes qui en prennent plein la tronche ! Que ce soit Malik Oussekine, molesté à mort par la police en 1986, lors d’une manifestation contre la loi Devaquet ou plus récemment la mort de Ziad Benna et Bouna Traoré à Clichy sous Bois, que les flics se sont gaussés d’avoir laisser mourir dans un générateur EDF, on ne peut pas dire que lorsqu’on lâche la bride aux molosses ils y aillent avec le dos de la cuillère. Et la liste des bavures est non exhaustive. Tranquillos les poulets, forcément, de toute façon qui représente la justice ?… Si y’a des morts c’est bien que tout ces genTEs ont des choses à se reprocher.

Pour rappel, le bataillon de voltigeurs1 responsable de la mort de Malik a été dissous… et ce sont les mêmes unités qui forment aujourd’hui notre B.A.C à fleurs. Les deux policiers responsables de la mort de Malik ont été condamnés à 2 et 5 ans de prison avec sursis et en interne, l’un a été muté, l’autre mis en retraite anticipée. A titre de comparaison, aujourd’hui, on risque 20 ans de prisons pour violence sur agent de la force publique…La force publique ! Rien que l’expression est à mourir de rire. ça veut dire la police de nous touTEs quoi, la police du peuple, la police démocratique, en fait… Mais c’est stupide, il y a contradiction, il n’existe aucune police démocratique ! Et tout les trips "police de proximité, de dialogue, à cheval et avec une couronne de fleurs autour" n’y changeront rien. La police obéit à son maître. A travers son omniprésence dans le moindre recoin de nos vies, elle est le garde-fou des intérêts du pouvoir, de l’Etat dont on continue de mythifier la fonction de défenseur de l’intérêt général…Il serait de temps de remettre ces quelques données dans des termes plus objectifs, et retrouver le chemin de la lutte des classes pour se rendre compte que la police n’est qu’un parasite social.

Le chantier du nouveau commissariat à Lille-sud

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