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Contrat Première Embauche : "Ferme ta gueule et rampe !"

jeudi 23 mars 2006


Depuis février, la mobi­li­sa­tion n’a cessé d’aug­men­ter contre le CPE (Contrat Première Embauche et le loi sur l’égalité des chan­ces (appren­tis­sage à 14 ans, tra­vail de nuit dès 15 ans...). Présentés comme des remè­des mira­cles contre le chô­mage des jeu­nes (618.000 sans emplois dont 100.000 sous le seuil de pau­vreté, soit 25 % de chô­mage chez les moins de 26 ans), il s ne sont qu’une nou­velle atta­que contre les droits du tra­vail qui s’ins­crit dans la droite ligne d’une logi­que en place depuis trop long­temps : l’État huile les roua­ges du Capital dont nous som­mes les fusi­bles.

En janvier, soldes à l’esclave !

Pour les moins de 26 ans, le CPE c’est le prin­cipe enté­riné du sala­rié jeta­ble, et ce pen­dant une période d’essai de deux ans qui pré­cède, poten­tiel­le­ment, tout CDI pour les entre­pri­ses de plus de 25 sala­riés. Plus pro­saï­que­ment, c’est pour les patron­NEs qui le sou­hai­tent -et autant dire qu’ils/elles vont pas se gêner- la pos­si­bi­lité de licen­cie­ment sans préa­vis et sans jus­ti­fi­ca­tion.

En consé­quence de quoi, unE jeune peut tout à fait aller récu­rer les chiot­tes sans bron­cher, dif­fi­cile de défen­dre ses droits, le paie­ment d’heu­res sup­plé­men­tai­res, ou le mon­tant même de son salaire, lors­que la porte de sor­tie vous pend cons­tam­ment au nez. C’est l’avè­ne­ment de l’accep­ta­tion du n’importe quoi, le ren­for­ce­ment de cet hor­ri­ble chan­tage au pain quo­ti­dien que la bour­geoi­sie étatique est sur le point d’ins­ti­tuer. Tu crè­ve­ras d’abs­ti­nence pen­dant que ton/ta patronNE s’arron­dira la panse !

Le CPE c’est aussi la hausse des exo­né­ra­tions finan­ciè­res pour les entre­pri­ses, his­toire que le patro­nat n’ait aucune ran­cœur à louer de l’esclave. Servez-vous bour­geoi­sES, c’est l’État qui régale ! L’absence de situa­tion sta­ble pen­dant deux fois 365 jours, c’est le ris­que per­ma­nent de se retrou­ver, du jour au len­de­main, à devoir poin­ter à l’ANPE avec, pour seule com­pen­sa­tion, 460 euros d’indem­nité dans les poches. À la peur conti­nuelle d’être rem­pla­céE par un autre din­don, s’ajoute la menace d’un rem­pla­ce­ment, petit à petit, des CDI syn­di­qués par des CPE mal­léa­bles, et le ris­que avéré d’un rem­pla­ce­ment des plus âgéEs d’entre nous par des jeu­nes ren­duEs ins­ti­tu­tion­nel­le­ment plus doci­les... Encore une fois, c’est l’enter­re­ment de la cons­cience de classe et la mise en concur­rence des tra­vailleurs-ses, ici inter­gé­né­ra­tion­nelle, qui sont pro­po­sés.

La Gangrène, c’est le salariat ! Riposte de classe !

Loin de nous mépren­dre sur des pré­ten­dus objec­tifs de baisse du chô­mage - qui a fini depuis un moment de coïn­ci­der avec baisse de la misère - le contrat pre­mière embau­che n’est en fait qu’une pierre de plus sur l’édifice capi­ta­liste. Pour les puris­tes, cette nou­velle mesure suit de près l’annonce de la sup­pres­sion de 6.000 pos­tes ouverts aux concours de l’ensei­gne­ment et le retour, sur le devant de la scène, de la réforme Bolkenstein.

Notre tra­vail ne nous appar­tient pas ; notre tra­vail, c’est de la plus-value, de la richesse à pren­dre pour les patrons de tous types. Alors ils la pren­nent, ils la volent, et ils le feront aussi long­temps que le sala­riat exis­tera. Ainsi va la lutte de clas­ses, qui ne ces­sera que lors­que nous y met­trons fin.

Après le Contrat Nouvelle Embauche (CNE) d’août 2005, la classe bour­geoise sort avec le CPE un remix des­tiné à ceux et cel­les qui n’ont pas encore eu la chance de per­dre leur vie à la gagner. Le but reste le même : éradiquer tout ce qui reste de droits acquis par les tra­vailleur­SEs pour les trans­for­mer en chair à patron­NEs, cor­véa­bles à merci. La gau­che étatique a beau essayer de se mon­trer en manif et se la jouer prolo-révol­tée, on entend encore les cas­se­ro­les qu’elle se traîne. Que ce soit avec le déve­lop­pe­ment de l’inté­rim sous Mitterrand ou plus récem­ment avec l’ins­ti­tu­tion des sacro-sain­tes 35 heu­res (syno­nyme de flexi­bi­lité pour l’employeur), ces poli­ti­car­dEs n’ont pas hésité à bra­der nos conquê­tes socia­les pour le béné­fice des patron­NES. De Droite comme de Gauche, ils et elles ne sont que les laquais des Capitalistes. Face à la menace de la rue, le gou­ver­ne­ment a d’ores et déjà décrété l’urgence sur ce pro­jet de loi dit “de l’égalité des chan­ces” (sic). Peine per­due, il retrouve face à lui une hausse de la mobi­li­sa­tion (plus de la moi­tié des facs en grève, de nom­breux lycées... Quelle que soit sa forme, le sala­riat fait de nous tous, exploi­téEs, des pré­cai­res. Cette réforme n’est que le bubon trop voyant d’une atta­que capi­ta­liste géné­rale !

Face à cela, il n’est pas d’amé­na­ge­ment qui tienne, pas de “poli­ti­que sociale d’entre­prise”, de “par­te­na­riats“ qui ser­vent les inté­rêts des pro­lé­tai­res. Et pour­tant, les gran­des cen­tra­les syn­di­ca­les se limi­tent depuis long­temps à une poli­ti­que de coges­tion et de gen­tilles orga­ni­sa­tri­ces de pro­me­na­des en cen­tre-ville en signe de (com­plai­sante ?) pro­tes­ta­tion...

Nous avons des armes de classe, l’action directe, la grève et notre solidarité pour attaquer le Capital et abattre l’État !


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