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La Sociale - 01/03

En bref

vendredi 17 janvier 2003


Solidarité !
Christophe a déjà effec­tué 4 ans de pri­son. L’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire le balade de mai­son d’arrêt en mai­son d’arrêt, alors qu’il relève des lon­gues pei­nes, et devrait être placé en cen­tre de déten­tion. Mais Christophe est un client dif­fi­cile pour la péni­ten­tiaire, d’où une accu­mu­la­tion de pei­nes qui ont fait mon­ter à 9 ans une fac­ture ini­tiale d’un peu plus de 3 ans. Christophe est anar­chiste, et refuse de se lais­ser bri­ser. Arrivé depuis juin à la Maison d’arrêt de Douai, Christophe conti­nue à reven­di­quer, demande à sui­vre une for­ma­tion. Refusée. Il demande à aller en classe. Refusé. Il se taille les vei­nes pour pro­tes­ter. Camisole chi­mi­que. Et cen­sure de son cour­rier, blo­cage des revues et fan­zine qu’il reçoit., sous pré­texte que « les jour­naux com­por­taient des ima­ges dou­teu­ses et des pas­sa­ges écrits n’allant pas dans le sens de sa réin­ser­tion ». On lui sup­prime l’acti­vité jour­nal le 21 décem­bre. Il entame une grève de la faim. Le direc­teur le convo­que alors et lui déclare que ses idées poli­ti­ques étaient incom­pa­ti­bles avec cette acti­vité jour­nal, réser­vée à la « réin­ser­tion ». Christophe s’énerve. Il est condamné au mitard jusqu’au 28 jan­vier ! Ça lui appren­dra à se réin­sé­rer. Le 12 jan­vier, quel­ques un-e-s se dépla­cent jusqu’à Douai pour dis­tri­buer des tracts devant la pri­son et pro­tes­ter contre les bri­ma­des dont il est vic­time. La police inter­vient (même le sous-pré­fet !). Leur ban­de­role est sai­sie et les iden­ti­tés sont contrô­lées. Cela prouve que la péni­ten­tiaire est très cha­touilleuse dès qu’il s’agit de sa répu­ta­tion. Il ne faut pas la lais­ser faire ce qu’elle veut !
Protestez auprès de la Maison d’Arrêt de Douai :
tél 03.27.87.08.46 - Fax : 03.27.96.87.12

À Bordeaux, on ne parle pas avec n’importe qui. « L’arrêté anti-bivouac est trop mol­le­ment appli­qué par la police », estime l’auteur de cet arrêté anti-SDF (Alain Juppé).
Pour preuve : deux étudiantes n’ont eu que 60 euros d’amende pour avoir osé s’assoir et par­ler avec des SDF.

Courses de Noël :
Sébastien Freitas, 18 ans, n’aurait pas dû faire ses cour­ses en famille le 23 décem­bre, sur­tout au métro Château d’Eau (Barbès) à Paris. C’était mani­fes­te­ment une pro­vo­ca­tion. Il s’est fort jus­te­ment retrouvé pla­qué au sol par la police (aurait-elle fait l’usage de ses chaus­set­tes à clous par la suite ? des témoins sédi­tieux l’affir­ment), tan­dis que celle-ci gazait la foule et met­tait la main sur un deuxième dan­ge­reux mal­fai­teur. Omar Baha, acteur qui, iro­nie de l’his­toire, joue sou­vent des rôle de flics ara­bes (c’est poli­ti­que­ment cor­rect, ça coco !) a passé le réveillon au poste.
Cadeau de Noël : un pro­cès cha­cun pour rébel­lion.

Un tabas­sage cour­tois ! Le soir du 31 décem­bre un mineur en garde à vue est tabassé dans un com­mis­sa­riat de Seine-Saint-Denis. Pour avoir exigé un méde­cin, son avo­cat est placé en garde à vue pour rébel­lion et outrage en rai­son de « son com­por­te­ment inad­mis­si­ble vis-à-vis de l’offi­cier de police, qui a tou­jours eu bonne presse pour sa cour­toi­sie » !

Un sans-papiers meurt pen­dant son expul­sion. Le 30 décem­bre, Ricardo Barrientos, argen­tin sans-papier, est mort à Roissy dans l’avion qui allait l’expul­ser. Comme tou­jours, la police aux fron­tiè­res assure qu’il s’agit d’une mort natu­relle. Elle s’était aussi assu­rée, en le main­te­nant plié en deux sur son siège, qu’il arrê­te­rait de se débat­tre. Ce qu’il fit défi­ni­ti­ve­ment.

EDF/GDF :
le gou­ver­ne­ment, la direc­tion de l’entre­prise et la bureau­cra­tie de la CGT, ont donc vu leur plan de réforme du régime de retrai­tes des électriciens et gaziers rejeté. Ce plan était un préa­la­ble à sa pri­va­ti­sa­tion, à la mise en concur­rence du sec­teur. Mais aussi à la casse des retrai­tes que rêvent de réa­li­ser Chirac et Seillère avant l’été. Voilà donc une excel­lente nou­velle, qui nous laisse espé­rer un regain de com­ba­ti­vité des sala­rié-e-s. En votant non, ceux-ci savaient qu’ils choi­sis­saient de se bat­tre. La preuve : le gou­ver­ne­ment s’assoie déjà sur leur vote.


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