Accueil du site > La Sociale > 25 (février 2008) > Facs en branle : et bis repetita

Facs en branle : et bis repetita

jeudi 14 février 2008


Par des­sus les lut­tes des che­mi­not-e-s, des tra­vailleur-se-s de l’énergie, des profs, des infir­mier-ère-s… on a pu enten­dre dans le brou­haha social des mois de novem­bre et décem­bre der­niers (et sans tou­jours bien com­pren­dre ce qui se tra­mait), les étudiant-e-s res­sor­tant les ban­de­ro­les et s’en allant pour­fen­dre le pro­jet de loi dit LRU, se reven­di­quant de l’Autonomie des Universités. De bien bon­nes vel­léi­tés sur le papier qui se sont vites concré­ti­sées par la grève façon CPE (une grande vic­toire, nous ont dit les vété­rans !) : une réap­pro­pria­tion en règle des lieux d’études et du temps pour se coor­don­ner et sor­tir gueu­ler dans la rue. Au plus fort de la mobi­li­sa­tion, une cin­quan­taine de facs en grève, un début de conver­gence avec les autres sec­teurs en lutte, les jours de mani­fes­ta­tions et, (oh joie !) un sem­blant de réac­tion de la part des ensei­gnant-e-s cher­cheur-se-s. Bref, pas mal de demi-mesu­res à l’égard d’une mobi­li­sa­tion en dents de scie.

Un démantèlement en règle du service public d’enseignement supérieur

L’AUTONOMIE des uni­ver­si­tés, voilà une expres­sion qui pour­rait son­ner agréa­ble­ment à l’oreille à pre­mière vue. Si l’on s’en tenait à une défi­ni­tion passe par­tout, on lirait dans n’importe quel dic­tion­naire que l’auto­no­mie c’est “la faculté d’agir par soi-même de son pro­pre chef sans se lais­ser domi­ner par des ten­dan­ces, ni de façon ser­vile par une auto­rité exté­rieure”. Il n’a pour­tant pas fallu bien long­temps avant que les étudiant-e-s ne com­pren­nent ce que sous-enten­dait cette auto­no­mie à ces mes­sieurs/dames du gou­ver­ne­ment : celle qu’illes assè­nent dans la loi dite “rela­tive aux liber­tés et res­pon­sa­bi­li­tés des uni­ver­si­tés” (LRU), c’est pré­ci­sé­ment tout le contraire. Autonomie finan­cière ? Comprenez désen­ga­ge­ment de l’Etat (chouette ! et auto­ges­tion des lieux ?) et ouver­ture aux finan­ce­ments pri­vés (ah non, merde !), ainsi qu’aug­men­ta­tion des frais d’ins­crip­tion ; com­pre­nez accrois­se­ment des iné­ga­li­tés et de la sélec­tion sociale à l’entrée et assu­jet­tis­se­ment des conte­nus péda­go­gi­ques et de la recher­che au prin­cipe de ren­ta­bi­lité économique… C’est bien sim­ple, quand les maî­tres mots d’une réforme qui tou­che l’éducation devien­nent com­pé­ti­ti­vité, adap­ta­bi­lité et ren­ta­bi­lité, on lit entre les lignes la remise en cause par le haut du prin­cipe de ser­vice public. Et depuis le rap­port Pochard de jan­vier 2008, on sait que dans 4 mois, les lycées y auront droit aussi.

En fait il n’est pas bien dif­fi­cile de remon­ter le fil des cau­ses à effets : com­pé­ti­tion entre uni­ver­si­tés dans la course aux finan­ce­ments pri­vés = déclas­se­ment de cel­les qui auront échoué (et on peut pré­sa­ger que facs pou­bel­les et facs d’élite n’accueille­ront pas le même public). Manque de finan­ce­ments des filiè­res “non ren­ta­bles” = dis­pa­ri­tion de cel­les-ci. Financement des filiè­res ren­ta­bles = créa­tion de la licence Michelin pneus lis­ses ensei­gnée dans les amphi­théâ­tres Bonduelle (à l’EDHEC de Lille, il y en a déjà un de ce nom…) et stage à La Redoute pour les étudiant-e-s en Lettres (vu à Lille 3). A l’arri­vée une concep­tion “réa­liste” de l’éducation : en faire une don­née conver­ti­ble sur le mar­ché du tra­vail. Si ça ne te sert pas à aller te tuer à la tâche plus tard, alors pour­quoi étudier ?

Et puis pour ne pas faire les cho­ses à moi­tié, le patro­nat local fait également main basse sur le conseil d’admi­nis­tra­tion. C’est l’auto­no­mie admi­nis­tra­tive célé­brée en gran­des pom­pes par l’ouver­ture aux inves­tis­seur-se-s pri­vés, plus nom­breu-se-x même, que les repré­sen­tant-e-s de la com­mu­nauté uni­ver­si­taire. Remodelé à la sauce entre­preu­na­riale, le CA (et notam­ment son pré­si­dent-e doré­na­vant beau­coup plus puis­sant-e), pourra gérer à coup de contrats à durée déter­mi­née et d’appels d’offres les per­son­nels d’entre­tien qui ont depuis long­temps déjà perdu leur sta­tut de fonc­tion­naire, mais aussi le recru­te­ment des ensei­gnant-e-s dont ça ne vas pas tar­der à être le cas. Jouant à sou­hait sur la réduc­tion des coûts grâce à son équipe élargie de DRH et de comp­ta­bles, le C.A devien­dra pour le coup, une vraie petite PME. Aujourd’hui, pra­ti­que­ment tou­tes les uni­ver­si­tés sem­blent avoir adopté les nou­veaux sta­tuts LRU, his­toire d’être opé­ra­tion­nel­les dès la ren­trée 2008. A Lille 3, fai­sant face à l’enva­his­se­ment du Conseil d’Administration le 1er février der­nier, le pré­si­dent J-C Dupas a consi­déré pré­fé­ra­ble d’adop­ter ces nou­veaux sta­tuts l’après-midi même lors d’une réu­nion délo­ca­li­sée au rec­to­rat de Lille, et sous pro­tec­tion poli­cière.

Comme un air de déjà vu…

Si les étudiant-e-s sont monté-e-s au cré­neau ce n’est pour­tant pas tant pour se faire les chan­tres du sys­tème uni­ver­si­taire tel qu’il exis­tait pré­cé­dem­ment que pour recons­truire un nou­veau temps et un nou­vel espace de lutte, d’échanges de vues, de ren­contres et de pro­po­si­tions… Hors de ques­tion pour les assem­blées géné­ra­les de lutte, relayées cha­que semaine par les appels de la coor­di­na­tion natio­nale, de défen­dre la démo­cra­tie uni­ver­si­taire type délé­ga­tion de pou­voir et de tom­ber dans le marasme paci­fi­ca­teur des tables de négo­cia­tions. Un seul mot d’ordre pour les étudiant-e-s : l’abro­ga­tion comme base mini­mum. Sans grande naï­veté tou­te­fois puis­que l’expé­rience des lut­tes pas­sées nous l’a appris : on a tôt fait de détour­ner l’atten­tion lors­que la loco­mo­tive est de toute façon déjà lan­cée à gran­des enjam­bées. Ce qui compte, c’est de com­men­cer à pen­ser com­ment la faire dérailler.

Dans cette pers­pec­tive, ce qui est rela­ti­ve­ment pra­ti­que c’est de par­ve­nir à dénon­cer l’impos­ture des syn­di­cats dit repré­sen­ta­tifs. Essayez donc de par chez vous, c’est radi­cal : on se débar­rasse du même coup de tout un tas de préoc­cu­pa­tions para­si­tes qui vont dans le sens du retour au calme et d’un stra­pon­tin pour les muni­ci­pa­les à Paris ! Pour rap­pel, le syn­di­cat majo­ri­taire par exem­ple, l’UNEF avait été consulté, parmi d’autres, en août der­nier sur le prin­cipe même de la loi avant de ten­ter, comme à son habi­tude, de met­tre sa tutelle média­ti­que sur notre mou­ve­ment. Il en fallu de peu que l’entar­teur ne soit de sor­tie. Quant à nous, puis­que la parole de sieur Bruno Julliard par exem­ple n’était même pas celle de quelqu’un favo­ra­ble au mou­ve­ment, notre cos­tume média­ti­que était taillé d’avance. La pluie d’éditoriaux hos­ti­les à la grève avait tôt fait de la réduire à des peurs conser­va­tri­ces et infon­dées (voir à ce juger le très bon arti­cle du numéro 5 de La Brique). Le sim­ple terme de “blo­cage” uti­lisé à tout va sans que jamais rien ne trans­pa­raisse de ses réa­li­tés inter­nes, suf­fi­sait à résu­mer très pro­fes­sion­nel­le­ment l’effer­ves­cence dans les uni­ver­si­tés. Le blo­cage, moyen de poser le débat dans la sphère publi­que, deve­nait art de s’accro­cher de manière irra­tion­nelle aux ava­tars du passé, par réac­tion aux sai­nes évolutions d’une société en muta­tion… Objectif : saper les gré­vis­tes du sou­tien de l’opi­nion (ce qui avait été l’un des éléments déci­sifs au moment de la lutte dite “anti-CPE”) et brouiller les pis­tes, pour mieux tuer la révolte dans l’œuf. De l’inté­rieur, s’il y a eu réel­le­ment quel­que chose de sym­pa­thi­que dans le mou­ve­ment anti-LRU, c’est bien la volonté de maî­tri­ser cette parole média­ti­que. On a ainsi régu­liè­re­ment pri­vi­lé­gié le pas­sage par l’infor­ma­tion libre, telle qu’elle existe sur des sites comme Indymedia par exem­ple, ou via des pas­sa­ges radio­pho­ni­ques sur Radio Campus, plu­tôt que de ten­ter de riva­li­ser avec la défer­lante jour­na­lis­ti­que ou d’essayer naï­ve­ment de l’”inves­tir”. [1]

Dans les trois prin­ci­pa­les facs mobi­li­sées de la métro­pole (Lille 1, Lille 2 Porte de Douai, Lille 3 Pont de Bois) mais aussi dans les lycées, l’enjeu devint donc rapi­de­ment de se concen­trer sur son sujet. A Lille 3, on pense à se ser­vir des locaux mal­heu­reu­se­ment déser­tés pour pro­po­ser une autre appro­che à l’ensei­gne­ment et orga­ni­ser avec quel­ques pro­fes enca­naillé-e-s pour l’occa­sion des ren­contres/dis­cus­sions sur des ques­tions diver­ses et variées tant en lit­té­ra­ture que sur la ques­tion car­cé­rale. Les occu­pa­tions de nuit sont elles l’occa­sion de ras­sem­bler un peu de monde en soi­rée pour jouer aux car­tes/chan­ter/dis­cu­ter. Quelques proto-ini­tia­ti­ves donc bien sou­vent abou­ties péni­ble­ment, voilà peut-être, ce qui, mal­heu­reu­se­ment au prix d’un tra­vail de visi­bi­lité et d’infor­ma­tion moin­dre que ce qui a pu être fait au prin­temps 2006, a réel­le­ment carac­té­risé la lutte LRU de 2007… en tout cas celle qui s’est inter­rom­pue pour le moment.

Autogestionnaire dans ses inten­tions mais sou­vent réa­li­sée sous la férule d’une admi­nis­tra­tion jouant dou­ble jeu et/ou de lea­ders cha­ris­ma­ti­ques et plus ou moins consen­tants (pas besoin de fémi­ni­ser la plu­part du temps, c’est triste à dire), elle a sur­tout pêché par ses nom­breu­ses fri­lo­si­tés et son carac­tère délé­gué. Ce qui amène for­cé­ment à une intros­pec­tion de l’échec momen­tané (mais la lutte ça sert aussi à ça).

Et les mem­bres du per­son­nel dans tous ça ? Bien sou­vent can­ton­nés dans une réserve très “pro­fes­sion­nelle”, les “relais” pro­fes­so­raux, (réduits en tout et pour tout à une poi­gnée de syn­di­ca­lis­tes) ont sur­tout été maté­ria­li­sés par une vigi­lance par­ti­cu­lière face au chan­tage péda­go­gi­que dont usaient plu­sieurs de leurs col­lè­gues pour nous abju­rer au retour au calme. Quant à une éventuelle pré­sence sur les piquets de grève, faut pas déconner ! Dans sa grande majo­rité, le corps ensei­gnant n’a pas sem­blé dai­gner com­pren­dre les enjeux de ce qui se tra­mait sur la petite pla­nète uni­ver­si­taire, pré­fé­rant a pos­te­riori livrer l’ana­lyse poli­ti­que du Figaro ou de Libé (c’est quand même beau­coup plus sim­ple que d’aller voir ce qui se raconte en AG !). Quant au reste du per­son­nel, il y a encore du che­min à faire pour qu’une réelle soli­da­rité s’ins­taure avec ceux que la pré­ca­rité des sta­tuts et des reve­nus tient à la gorge à lon­gueur d’année… et que l’étudiant-e minore très sou­vent.

Tout le monde il est beau, Tout le monde il est gentil

Rattrapée par l’aspect tota­li­taire d’une démo­cra­ture bien pen­sante qui s’empresse de véné­rer ceux-cel­les qui déci­dent à lon­gueur d’années à notre place, la lutte étudiante s’est loca­le­ment cons­truite son pro­pre car­can. Si res­pec­ter la démo­cra­tie c’est accep­ter l’intro­mis­sion de l’admi­nis­tra­tion dans la conduite de la grève et d’hoque­ter à la moin­dre de ses requê­tes sous pré­texte d’être “clean” et pré­sen­ta­bles, si c’est la ren­voyer à l’iso­loir sans la confron­ter à l’échange de vues et atten­dre la cau­tion des 50% plus une voix pour agir, alors il y a des ques­tions à se poser sur ce qu’est la “démo­cra­tie” en temps nor­mal. Juste une affaire de cau­tion et de légi­ti­mité. Juste une bataille de rhé­to­ri­que pour avoir les mains libres et mani­pu­ler tout le monde. Il ne sem­ble pour­tant pas qu’une quel­conque consul­ta­tion ait pré­cédé l’envoi de la fli­caille par le pré­si­dent de l’uni­ver­sité, le 13 décem­bre der­nier, lors­que celui-ci, perdu au milieu de la tem­pête, nous révé­lait enfin son vrai visage pour faire taire une occu­pa­tion un peu trop lon­gue à son goût. Voilà la gueule du soit-disant dia­lo­gue qu’il fau­drait s’empres­ser de célé­brer pour ne pas se faire taxer de ter­ro­risme.

Cette tyran­nie de la majo­rité pas­sive, ins­tru­ment idéo­lo­gi­que de contrôle et de paci­fi­ca­tion, entre­tien de sur­croît non seu­le­ment l’iner­tie au sein de la lutte, mais aussi le fossé entre ceux-cel­les qui décrè­tent la lutte et ceux-cel­les qui se conten­tent de l’approu­ver et s’en trou­vent de fait tenu-e-s à l’écart. En réa­lité, si les dif­fé­rents par­tis pris avaient joué car­tes sur table dès les pre­miers jours, au lieu de se com­por­ter, tous bords confon­dus, comme des mani­pu­la­teur-trice-s oppor­tu­nis­tes, peut être aurions-nous eu quel­que chose de plus vivant et avec un peu plus de sub­stance. On ne le répè­tera jamais assez : la fin, c’est les moyens, alors vive­ment la démo­cra­tie directe et les pri­ses de bec !

Malgré tout, une seule et même lutte !

Pour le coup, et bien que nous nous soyons entendu-e-s dire par les bureau­cra­ties syn­di­ca­les pro­fes­so­ra­les, étudiantes ou che­mi­no­tes notam­ment qu’il ne fal­lait sur­tout pas mélan­ger les tor­chons et les ser­viet­tes, on com­pren­dra que les reven­di­ca­tions des un-e-s et des autres n’étaient au final pas si éloignées. La remise en cause du ser­vice public est une pers­pec­tive aussi pro­che dans l’éducation qu’elle ne l’est déjà pour l’énergie et le FRET, ou qu’elle ne tar­dera pas à l’être dans les hôpi­taux par exem­ple. En plein cœur de la lutte étudiante, la visite de Sarkozy dans un hôpi­tal bor­de­lais per­met­tait au triste sire d’étendre sa cui­sine libé­rale à l’accès aux soins : dota­tions glo­ba­les, ges­tion mana­gé­ria­les et tutti quanti, nous pro­met­tait-il une fois de plus. Aux mêmes objec­tifs, les mêmes métho­des : la stig­ma­ti­sa­tion d’un soit-disant échec qui incombe à l’absence patente de sub­ven­tions publi­ques et paf ! la pri­va­ti­sa­tion qui tombe, comme moyen de faire du fric sur tout ce qui cons­ti­tue notre quo­ti­dien.

Peut être alors serait-il temps de revoir le cou­plet sur la prise d’ota­ges. Quel est le méca­nisme le plus auto­ri­taire, cette machine à régres­sion sociale sur laquelle nous n’avons stric­te­ment aucune prise ou la réac­tion col­lec­ti­ve­ment réa­li­sée de rup­ture avec notre quo­ti­dien décrépi ? Quelles armes avons-nous pour défen­dre nos acquis et en récla­mer d’autres ? Comment nier qu’à cha­que ins­tant nous subis­sons le poids d’un rap­port de force qui nous amène à bos­ser tou­jours plus vieux, à payer tou­jours plus cher notre accès à un sem­blant d’éducation, tou­jours plus doci­les et mal­léa­bles, dans un cli­mat de peur cons­tante de se retrou­ver à la rue, vic­time de la concur­rence entre indi­vidu-e-s ? Dès lors ce rap­port de force nous avons le choix, soit de le sou­te­nir, soit de le subir. Un mou­ve­ment social, un blo­cage d’uni­ver­sité, une grève, une émeute ne sont pas des situa­tions de crise. C’est l’économie capi­ta­liste cou­plée à la poli­ti­que libé­rale, tel­les qu’elles se coor­don­nent aujourd’hui, qui sont la crise per­ma­nente. Nos lut­tes quoiqu’on puisse faire pour les dis­cré­di­ter, se per­pé­tue­ront aussi long­temps qu’un bou­le­ver­se­ment poli­ti­que radi­cal n’aura pas eu lieu parce qu’elles sont l’expres­sion intrin­sè­que de la guerre sociale née de la société de clas­ses. Et si pour les chiens de garde du sys­tème c’est créer une situa­tion de crise que de s’orga­ni­ser pour se défen­dre, alors j’emmerde la sor­tie de crise !

Notes

[1] Sur le posi­tion­ne­ment face aux jour­na­lis­tes et au jour­na­lisme, nous nous pro­po­se­rons d’en faire l’objet d’un arti­cle dans le pro­chain numéro de La Sociale.


Site réalisé avec SPIP | Suivre la vie du site RSS 2.0 | squelette | | Plan du site | 2002-2012 | logo Lautre | Background Labs