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Justice pour Pierre et Yann !

jeudi 14 février 2008


Yann et Pierre, mili­tants de la Coordination des Groupes Anarchistes à Perpignan, sont assi­gnés en jus­tice pour "outra­ges" vis-à-vis d’ensei­gnants oppo­sés au mou­ve­ment de grève contre le loi LRU. Le GDALE est signa­taire de la péti­tion de sou­tien ci-des­sous, que vous pou­vez aller signer à l’adresse sui­vante : http://www.c-g-a.org/down­load/tract... Le 22 jan­vier 2008, le Tribunal d’Appel de Montpellier a fait sau­ter l’inter­dic­tion de sor­tir des Pyrénées-Orientales et de se ren­dre dans l’enceinte de l’Université que devaient obser­ver Pierre et Yann.

La contes­ta­tion et la grève demeu­rent aujourd’hui encore des moyens de lutte reconnus et légaux, même si cer­tains dési­re­raient les voir pri­vés de tout contenu, sinon tota­le­ment abo­lis… La lutte contre la LRU et les divers mou­ve­ments d’occu­pa­tion, un peu par­tout dans l’hexa­gone, et notam­ment à Perpignan, ont mon­tré une grande déter­mi­na­tion et le plus sou­vent une grande matu­rité.
Les adver­sai­res de cette lutte, et ils sont nom­breux, ont mon­tré tout au long du conflit le peu de cas qu’ils font d’une sim­ple atti­tude « démo­cra­ti­que », eux qui ne se pri­vent jamais de par­ler au nom de cette même « démo­cra­tie »…
Une impor­tante par­tie de la com­mu­nauté « uni­ver­si­taire », sur Perpignan notam­ment, a joué le pour­ris­se­ment du conflit qua­si­ment dès son ori­gine…
Malgré les votes suc­ces­sifs et majo­ri­tai­res en faveur du blo­cage de la Fac, les manoeu­vres n’ont jamais cessé, manoeu­vres qui ten­daient à dis­cré­di­ter et le mou­ve­ment et ses porte-parole les plus en vue !
Les res­pon­sa­bles de l’Université ne recu­lè­rent devant rien allant même jusqu’à entre­te­nir un cli­mat d’affron­te­ment au besoin en per­met­tant aux anti-gré­vis­tes de dis­po­ser, tout au long du conflit, d’un amphi (l’Amphi 3) situé à une cen­taine de mètres de l’Amphi 4, tenu par les gré­vis­tes…

Aujourd’hui le pré­si­dent de l’U.P.V.D. et une par­tie des ensei­gnants oppo­sés au mou­ve­ment de grève, ont assi­gné en « jus­tice » deux cama­ra­des étudiants, mili­tants tous deux de la Coordination des Groupes Anarchistes et du syn­di­cat SUD Etudiant, aux fal­la­cieux motifs de « dégra­da­tions ; vol ; mena­ces de mort… ».
Ce sont ces mêmes ensei­gnants qui se sont illus­trés, sans ambi­guïté aucune, par des atti­tu­des pro­vo­ca­tri­ces voire vio­len­tes. Des atti­tu­des man­quant tota­le­ment de « mesure » d’autant qu’elles émanaient d’adul­tes ayant la tâche d’ins­truire, de gui­der, d’enca­drer, d’aider mais jamais, au grand jamais, d’insul­ter, de pro­vo­quer, de frap­per etc…
Sur la base des plain­tes dépo­sées par les ins­tan­ces de l’Université et par ces ensei­gnants, mer­credi 19 décem­bre au petit matin Yann et Pierre, ont été arrê­tés à leur domi­cile. La police a pro­cédé à une per­qui­si­tion à leur domi­cile et à la sai­sie des ordi­na­teurs.

Nos deux cama­ra­des font les frais de la volonté du pou­voir de dis­cré­di­ter et cri­mi­na­li­ser par­tout la lutte contre la LRU qui agite les uni­ver­si­tés depuis le mois d’octo­bre.
A l’issue d’une garde à vue de 48h, aucune des char­ges ini­tia­les n’a été rete­nues contre eux. Des plain­tes nomi­na­ti­ves d’insul­tes ont été dépo­sées par des ensei­gnants à l’encontre de Pierre et Yann.
Uniquement à par­tir de ces accu­sa­tions, ils sont pla­cés sous contrôle judi­ciaire :
- il leur est inter­dit de sor­tir des limi­tes ter­ri­to­ria­les : le dépar­te­ment des Pyrénées-Orientales,
- il leur est inter­dit de se ren­dre à l’Université de Perpignan, sur le cam­pus uni­ver­si­taire, au res­tau­rant uni­ver­si­taire,
- il doi­vent s’abs­te­nir de tout contact entre eux…

Alors qu’il y a pré­somp­tion d’inno­cence, ce type de contrôle tend à accré­di­ter la thèse inepte que Yann et Pierre sont de dan­ge­reux indi­vi­dus, qu’ils sont cou­pa­bles avant même d’avoir été jugés ! Pierre et Yann n’ont reconnu aucun des actes, aucune des décla­ra­tions, aucune des char­ges qui leur étaient impu­tés !
Un des effets de ces mesu­res ini­ques revient à inter­dire à nos cama­ra­des d’aller à la fac et donc de pour­sui­vre leurs études. C’est démen­tiel dès lors que les « plai­gnants » décla­raient n’agir qu’en vertu de la seule « liberté pour tous de sui­vre les cours .. »

Nous dénon­çons ces pra­ti­ques qui font encore mon­ter d’un cran la répres­sion sur les mou­ve­ments étudiants. Nous dénon­çons ces mesu­res d’achar­ne­ment qui ont pour but de les faire ren­trer dans le rang.
- Nous récla­mons l’annu­la­tion du contrôle judi­ciaire infondé auquel Yann et Pierre sont sou­mis.
- Nous dénon­çons par avance toute ten­ta­tion de mon­ter arti­fi­ciel­le­ment des pour­sui­tes contre eux.
- Nous récla­mons l’arrêt de la pro­cé­dure à l’encontre de Pierre et Yann
- Nous appe­lons l’ensem­ble des acteurs des lut­tes étudiantes et plus lar­ge­ment du mou­ve­ment social à se soli­da­ri­ser et à réa­gir à ces ten­ta­ti­ves de cri­mi­na­li­sa­tion des lut­tes.


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