Jeudi 17 avril un vol à destination de Bamako (Mali) a été retardé de 13 h au départ de Roissy suite au fait que des « sans papiers maliens criaient et se débattaient » refusant ainsi l’expulsion dont ils faisaient l’objet. Six passagers ont été interpellés dont trois ont été placés en garde à vue pour « délit de solidarité ». En effet ces personnes ont protesté contre l’embarquement forcé, brutal et manu militari des sans papiers dans l’avion.
À Calais, en novembre 2002, M. Sarkozy fait fermer le camp de Sangatte et déclare illico que « le problème est réglé ». Grossier effet d’annonce médiatique, la fermeture ne fait que rejeter à la rue des centaines de réfugiés qu’alors la police du Ministre de l’Intérieur pourchasse, traque, brutalise et humilie quotidiennement depuis.
Des personnes membres ou pas du Collectif C’sur décident, face à cette situation humainement insupportable, de leur apporter une aide humanitaire en leurs fournissant des repas, des vêtements, des douches et un hébergement pour une ou deux nuits.
Alors que ces actions déclarées publiquement se déroulent depuis plusieurs mois, et malgré les menaces sans cesse réitérées de la part de la police du ministre de l’Intérieur, le 22 avril 2003, la police débarque au petit matin chez l’un d’eux, Charles Frammezelle, dit Moustache, pour le placer en garde à vue. Puis il est mis en examen pour « aide à l’entrée ou au séjour irrégulier d’un étranger, en bande organisée » (article 21), un délit puni de 10 ans de prison. Ainsi, comme le rappelle l’abbé Boutoille, doyen de Calais, « […] À travers « Moustache », c’est l’action du collectif qui est visée pour cacher le silence et l’indifférence des hommes politiques et l’échec de l’après Sangatte. Ceux qui devraient passer en justice sont ceux qui ne portent pas secours à des hommes en danger. […] » (Voix du Nord du 26 avril 2003 ).
À Calais, à Roissy, M. Sarkozy poursuit et veut faire condamner par la Justice ceux qui révèlent l’échec, l’inhumanité et la négation des droits de l’Homme de sa politique.
Nous exprimons notre enti ?re solidarité à Charles Frammezelle et aux trois de Roissy poursuivis ou menacés de l’être pour acte de solidarité.
Face à la répression qui frappe ceux qui luttent, nous sommes tous concernés car la répression n’a pas de limite. La solidarité n’est pas et ne pourra jamais être un délit ! C’est un devoir !
Lille, le 29 avril 2003
